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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Makaila

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Depuis 45 ans, le Tchad et le Soudan, son voisin, entretiennent des relations plutôt tumultueuses, marquées par une tension quasi permanente et des crises récurrentes, à l'instar de celle qui a éclaté il y a dix jours entre ces deux pays pourtant liés par l'histoire et la culture

Il faut remonter aux premières années des indépendances pour trouver les traces de la première brouille entre le Tchad et son voisin de l'Est. Le 2 juin 1963, Hassane Ahmed Moussa, un expatrié tchadien originaire de la région de l'Ouaddaï, employé par la Douane soudanaise, lance au quartier Oum Bada, dans la ville soudanaise d'Om Dourmane, le Mouvement national pour la Libération du Tchad (MNLT).

Objectif de ce mouvement: renverser le régime du Président François Tombalbaye, chrétien baptiste, originaire du Sud du pays.

Le 20 avril 1965, le MNLT change de nom et devient le Front de Libération du Tchad (FLT) avec toujours à sa tête Hassane Ahmed Moussa. Nommé chef d'Etat-major du FLT, Zakaria Al Habo attaque, le 10 décembre 1965, la garnison d'Adré, à la frontière soudanaise.

L'armée de Tombalbaye répond avec une telle puissance de feu que Al Habo et une bonne partie de ses hommes sont tués dans cette audacieuse expédition. De nombreux civils ont également trouvé la mort au cours de cette attaque rebelle, notamment le receveur de la poste de la ville d'Adré, François Ganda Sé.

Malgré cet échec cuisant, les rescapés du FLT, réarmés par le Soudan, revinrent à l'assaut le 12 décembre 1965, soit 48 heures plus tard, attaquant à nouveau la garnison d'Adré. L'offensive se solde par un nouvel échec cuisant.

Les survivants du FLT regagnent alors le Soudan où ils sont rejoints par d'autres opposants au régime de Tombalbaye, notamment Brahim Abatcha, Aboubakar Djalabo, Mahamat Al Baghlani et bien d'autres, presque tous nordistes musulmans.

Du 19 au 22 juin 1966, tous les mécontents du régime de Tombalbaye se réunissent en congrès dans la localité soudanaise de Nyala et lancent le Front de Libération national du Tchad (FROLINAT), un mouvement rebelle d'où seront issus les trois derniers présidents du Tchad: Goukouni Weddeye, Hissein Habré et Idriss Déby Itno.

Fortement soutenu par le Soudan, le FROLINAT lancera à plusieurs reprises des incursions armées à l'intérieur du Tchad mais sans succès. A chaque fois, ses combattants seront repoussés par l'armée loyaliste. C'est pourtant cette même armée qui lui était acquise qui assassinera François Tombalbaye, le 13 avril 1975.

Le général Félix Malloum, surnommé Napoléon, ancien commandant de la zone opérationnelle de l'Est où sévissaient les rebelles, et ancien Chef d'Etat-major de l'armée, est alors sorti de la prison où l'avait envoyé Tombalbaye et porté à la tête du pays par l'armée.

C'est sous le général Félix Malloum que le FROLINAT et ses démembrements réussiront à occuper des localités à l'intérieur du territoire tchadien.

Avec l'arrivée du général Malloum, le Soudan va chercher à placer ses hommes dans l'appareil dirigeant du Tchad.

Le 16 septembre 1977, avec la bénédiction de la France, le Président soudanais, le général Gaafar Al Nimeiry, réussit à faire signer à Khartoum un accord de paix entre le Général Malloum, président du Tchad, et Hissein Habré, chef rebelle.

A l'époque, Habré ne présentait aucun danger, surtout qu'il avait été mis en minorité au sein du FROLINAT. Réfugié au Soudan, c'est avec quelque 300 hommes voire moins que Habré regagnera N'Djamena.

Contrairement aux accords de paix, il ne désarmera pas ses hommes qu'il continuera à garder auprès de lui, dans la capitale, armés jusqu'aux dents.

Nommé Premier ministre le 29 août 1978, Hissein Habré forme son gouvernement le 31 août 1978. Mahamat Nouri, aujourd'hui principal leader de la rébellion contre Idriss Déby Itno, est nommé ministre de l'intérieur et de la sécurité.

Le 12 février 1979, Hissein Habré entre en crise ouverte avec le général Malloum et déclenche la première guerre civile du Tchad.

Le 23 mars 1979, le général Malloum démissionne. Aux négociations de Kano (Nigeria), Goukouni Weddeye, un des chefs du FROLINAT, est nommé Président du Tchad. Dans le gouvernement d'union nationale du Tchad (GUNT) mis alors sur pied, Habré occupe le portefeuille de ministre de la Défense.

Chassé de N'Djamena à coups de canons par Goukouni Weddeye, son mentor et chef spirituel, le 15 décembre 1980, après une tentative de coup d'Etat, Hissein Habré se réfugie au Soudan.

Le 13 novembre 1981, le «réfugié soudanais», se lance à la conquête du pouvoir à N'Djamena, à partir de la ville soudanaise de Koulbouss.

Le 7 juin 1982, Hissein Habré chasse du pouvoir son ancien patron Goukouni Weddeye et s'empare du fauteuil présidentiel.

Le 1er avril 1989, Idriss Déby Itno, ancien chef d'Etat major d'Hissein Habré, dont il est d'ailleurs le beau-frère, échoue dans sa tentative visant à renverser son patron. Il fonce alors se réfugier au Soudan.

Habré, pourtant porté au pouvoir par le Soudan en 1982, crie à la trahison et menace le Soudan des pires châtiments. Pour toute réponse, le Soudan aide Idriss Déby Itno à lancer le Mouvement Patriotique du Salut (MPS), le 11 mars 1990, dans la localité soudanaise de Bamina.

Le 1er décembre 1990, Hissein Habré, contraint à la fuite, se réfugie au Cameroun avant d'atterrir à Dakar pour un exil doré. Idriss Déby Itno, son ancien bras droit, venait de lui enlever le fauteuil présidentiel, avec le soutien de ce même Soudan, qui l'avait porté, lui Habré, au pouvoir, huit ans auparavant.

La lune de miel entre Idriss Déby Itno et Omar Hassan El Béchir a duré une décennie. Quand la crise du Darfour a éclaté il y a cinq ans, Khartoum a pointé un doigt accusateur sur N'Djamena qui a multiplié les démentis, même si certains chefs rebelles soudanais sont souvent aperçus dans la capitale tchadienne. Khartoum est ainsi devenu à son tour la Mecque de tous les opposants au Président Idriss Déby Itno.

C'est à partir du Soudan que le général Mahamat Nour, devenu plus tard Ministre de la Défense avant de tomber en disgrâce, a lancé une fulgurante offensive, bloquée aux portes de N'Djamena, le 13 avril 2006, grâce à l'armée française.

Aujourd'hui, le Président Idriss Déby Itno menace d'aller attaquer les rebelles à l'intérieur du Soudan comme l'avait exactement fait il y a 17 ans Hissein Habré qui voulait lui aussi anéantir, à l'intérieur du territoire soudanais, un certain Idriss Déby Itno qui le renversera quelques semaines plus tard.

Entre le Tchad et le Soudan, l'histoire semble curieusement se répéter. La nouveauté étant que c'est le Soudan qui, cette fois-ci, se dit agresser par le Tchad et menace de répondre au moment opportun et à l'endroit indiqué.

Aujourd'hui, les principaux leaders rebelles tchadiens, aussi bien le général Mahamat Nouri, que Abdel Wahid Aboud Mackaye ou Timane Erdimi, vivent entre le maquis à l'Est du Tchad et Khartoum.

La mise sur pied d'un commandement unifié pour l'ensemble des principaux mouvements rebelles tchadiens a contribué largement faire monter la tension entre les généraux Idriss Déby Itno et Omar Hassan El Béchir.

Source: J.A