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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Makaila

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docta-djim---copie-1.jpgDimanche 13 janvier 2008 :  Kenya  - l’Union africaine prend un coup dur !  Par Dr Djimé Adoum, tchadnews.info

 

Selon les observateurs internationaux qui ont supervisé les élections au Kenya, l’autoproclamation du président sortant Mwai Kibaki ne semble pas obéir aux règles élémentaires du fair play. 

 

Les résultats préliminaires supporteraient la thèse selon laquelle le candidat de l’opposition Raila Odinga serait gagnant.  Comme tout despote, la possibilité de perdre les élections pendant qu’il occupait le fauteil présidentiel n’était pas de son goût.  Cette possibilité est écartée purement et simplement.  Le président sortant Kibaki demanda donc à la Commission électorale de suspendre la tabulation des résultats.  Il ordonna aussi au président de la dite commission de le déclarer vainqueur contre volonté.  Rappelons que le président de la Commission électorale disait à qui voulait l’entendre qu’en réalité il n’était pas à mesure de certifier les résultats.  En d’autres termes, le président Kibaki perdait les élections au profit de M. Odinga.  M. Kibaki a tout simplement écarté cette possibilité. 

 

Naturellement, la colère des partisans et supporters de Raila Odinga ne s’est pas fait attendre.  Les animosités qui couvaient entre les Kikuyu (ethnie de M. Kibaki) et les autres ethnies Luo (ethnie de M. Odinga) et leurs alliés les Kalenjin débordent et occasionnent des pertes humaines et des destructions massives de part et d’autre.  Plus de 700 morts mais Kibaki et Odinga campent sur leurs positions.  Le calme trouve du mal à s’instaurer.  Le Kenya tends vers l’abime et il fallait trouver une issue de sortie de crise.  L’union africaine semblait être le mécanisme le mieux indiqué pour arbitrer le différend.   Le Ghanéen Kufuor, président en exercice de l’Union africaine entra dans la dance. 

 

Après quelques tentatives de médiation, le Président Kufuor n’arrive pas à débloquer la situation.  Le président sortant Kibaki clame haut et fort qu’il n’y avait pas de problème au Kenya et qu’il n’avait pas besoin des services de l’Union africaine.  Ne prêtant aucune attention aux doléances de l’opposition, et accusé par celle-ci d’avoir torpillé les efforts du Président Kufuor, il installe une partie de son gouvernement.  Les femmes descendent dans les rues pour manifester leur mécontentement et sont chassées au gaz lacrimogène.  Les efforts du Président Kufuor sont frustrés.  Il déclare son échec et sollicite l’assistance de son compatriote Kofi Annan, ancien Sécretaire Général des Nations unies pour une médiation plus musclée. 

 

L’Union africaine prend un coup dur.  Son échec dans le bourbier kenyan risquerait de compromettre sa viabilité qui souffre déjà à cause de sa mauvaise gestion des dossiers tels que le Togo, le Soudan, le Tchad, et la Centrafrique.  En Centrafrique par example, c’est les Nations unies qui ont lancé un appel pressant à l’endroit des centrafricains pour les emmener à se retrouver autour d’un dialogue inclusif pour régler la crise politique qui secoue le pays.  L’union panafricaine n’a pas réussi à peser de son poids dans le bourbier tchadien malgré les appels incessants au dialogue de toutes les couches confondues.  Le Tchad se déchire et tant pis pour les tchadiens si le pays des Sao s’envole en éclats.  En dehors du problème du Darfur, l’Union africaine est quasiment absente du paysage politique soudanais.  D’ailleurs elle se plaît beaucoup plus dans le bourbier du Darfur duquel elle n’arrive pas à s’en sortir sans l’appui logistique et matériel de l’Onu et de l’Union européenne.  Nous savons la manière cavalière avec laquelle elle a baclé le problème togolais.  Malgré ces manquements, nous pensons que l’Union africaine ne doit pas se détacher des problèmes du continent et céder facilement devant les pressions mafieuses des despotes.

 

Nous estimons que l’Union africaine peut jouer un rôle plus déterminant dans les affaires des pays membres.  Le Président sortant de la Commission de l’Union africaine le Professeur Alpha Oumar Konare disait à qui voulait l’entendre « que l’Afrique va brûler si rien n’est fait. »  L’Afrique brûle en ce moment précis.  Ce n’est pas seulement à cause d’une jeunesse à perte de vitesse et ne sachant à quel saint se vouer, mais c’est aussi à cause de la confiscation brûte du pouvoir au vu et au su de tout le monde.  Rappelons-nous qu’à l’indépendance, des pays comme le Mexique, la Corée du Sud et la Chine avaient le même PIB que beaucoup des pays africains.  A la lecture des statistiques courantes du système des Nations unies, la différence entre ces pays et l’Afrique est très nette.  A l’allure ou les choses avancent, l’Afrique risquerait de râter encore le millenaire.  Ca ne rend pas heureux ceux ou celles des africains qui estiment que le continent pourrait faire et doit faire nettement mieux. 

 

L’Union africaine ne doit pas céder aussi facilement devant les chantages des despotes.  Elle a des outils de pression tels que les sanctions économiques qu’elle peut utiliser pour ramener les despotes à l’ordre.  Au lieu de ceder la place aux autres, elle doit s’imposer et solliciter le concours des institutions internationales en cas de besoin. 

 

Les organisations régionales peuvent aussi serrer les étaux sur ceux des dirigeants qui trouvent commode de se maintenir au pouvoir sur les cendres de leur pays.  Le temps est plus que jamais venu pour finir avec les vielles méthodes qui ont fait de ce continent l’un des plus pauvres et les plus corrompus de la planète. 

 

Rien ne va plus.  Il faut que les mentalités changent.  Les sociétés civiles et politiques veulent un changement paisible et une transformation pacifique qui répondent à leur aspiration.  Aspiration pour un pays juste, équitable, et développé basé sur le principe fondamental de la liberté d’expression et de participation au processus démocratique libre de toutes velleités.  L’Union africaine doit jouer ce rôle noble.  Les jeunesses et les sociétés civiles lui seront reconnaissantes.  Nous pensons que le temps de business as usual est révolu.  Rendons honneur à l’Afrique !