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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Makaila

New York,  le 2 janvier 2008- Le comité pour la protection des journalistes (CPJ) a condamné aujourd´hui le refus du gouvernement tunisien de délivrer un passeport à Kamel Labidi,  un journaliste indépendant tunisien et représentant du CPJ au Moyen Orient.

Le 17 juillet dernier, M. Labidi, un ressortissant tunisien, avait fait la demande d´un passeport auprès de l´ambassade tunisienne à Washington, après avoir perdu son ancien passeport. Un représentant de l´ambassade l´avait alors informé qu´un nouveau passeport lui serait délivré au bout de quelques jours. Cependant, plus de cinq mois après sa demande et malgré les appels téléphoniques répétés de M. Labidi et du CPJ à l´endroit de l´ambassade, son passeport n´a toujours pas été renouvelé. 
Le personnel de l´ambassade prétend que son passeport attend l´approbation du ministère tunisien de l´intérieur. Il faut par contre noter que l´ambassadeur de la Tunisie à Washington, Mohamed Najib Hachana, n´a répondu ni aux appels téléphoniques répétés du CPJ, ni à sa demande d´informations par écrit sur la non délivrance d´un nouveau passeport à M. Labidi.

« Refuser à notre collègue son droit de voyager est quelque chose de mesquin et de  vindicatif et ceci témoigne du mépris total du gouvernement tunisien pour le journalisme indépendant et la libre expression », a déclaré le directeur exécutif du CPJ, Joël Simon.

« Nous appelons le gouvernement tunisien à immédiatement délivrer un passeport à Kamel Labidi ainsi qu´aux autres personnes qui sont dans une situation similaire », a-t-il ajouté.

Les autorités tunisiennes refusent souvent de délivrer des passeports aux journalistes critiques et aux activistes des droits de l´Homme en représailles à leurs opinions critiques. Le gouvernement tunisien avait ainsi refusé de délivrer un passeport au journaliste indépendant Slim Boukhdir, connu pour ses points de vue critiques à l´égard du président Zine El Abidine Ben Ali et des membres de sa famille. Au début de ce mois, M. Boukhdir a été jeté en prison pour y purger un an d´emprisonnement sur des fausses accusations d´agression verbale contre un fonctionnaire de l´état et d´atteinte aux bonnes moeurs. 
Il convient de rappeler que le passeport de M. Labidi avait été auparavant confisqué pendant six mois en 1996 par le gouvernement tunisien sans aucune explication, bien que la raison apparente fût son reportage sur les violations des droits de l´Homme en Tunisie.
En 2006, alors qu´il travaillait pour le CPJ au Caire, M. Labidi avait reçu des appels téléphoniques hostiles d´un homme que les journalistes égyptiens et les défenseurs des droits de l´Homme avaient identifié comme étant un agent tunisien en civil travaillant pour l´ambassade de la Tunisie au Caire.

La presse tunisienne est parmi celles qui sont le plus réprimées dans le monde arabe. Depuis son accès au pouvoir il y´a 20 ans, le président Zine al-Abidine Ben Ali a pratiquement éradiqué le journalisme indépendant dans ce pays. La plupart des journaux sont dépourvus de toute critique à l´égard du gouvernement et font une couverture hagiographique  du président Ben Ali. Le gouvernement tunisien harcèle vigoureusement le peu de journalistes indépendants qui tentent d´écrire sur le gouvernent d´un point de vue critique-la plupart en ligne ou pour des journaux étrangers. Les critiques font alors souvent l´objet de censure, de surveillance, de harcèlement et de violentes attaques.

 Basé à New York, le  CPJ  est une organisation indépendante et à but non lucratif engagée dans la défense de la liberté de la presse à travers le monde. Pour plus d´information, veuillez consulter : www.cpj.org