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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Makaila

 

La corruption est épouvantable au Tchad. Tant qu’elle existera, tant qu’on volera les ressources du pays, aucun développement n’est possible et plus grave encore, les générations futures sont privées de leurs revenus et on leur interdit tout futur.

L’ANR voudrait qu’une vaste discussion s’engage et c’est pourquoi nous consacrons deux articles, l’un sur la définition de la corruption et l’autre sur les remèdes, à ce sujet.

Nous souhaiterions que vous soyez nombreux à nous faire part de vos réflexions.

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Sous Deby, chacun d’entre nous souffre tellement du pillage de la nation qu’on finit par perdre sa capacité de réflexion tant la lutte pour la survie quotidienne est intense.

Essayons cependant d’imaginer un Tchad sans Deby, la corruption sera toujours là, comment donc l’éradiquer ? Existe t’il, dans notre pays des causes que l’on pourrait découvrir et donc, des remèdes à apporter ?

Notons tout d’abord qu’il existe une forte corrélation entre le niveau de développement et le niveau de corruption. Plus un pays est pauvre et plus il est corrompu, le Tchad de Deby a simplement poussé le système à un point inimaginable.

Il faut payer pour obtenir n’importe quel droit (papier de l’administration, retrait postal, sortie de marchandises du port, soins à l’hôpital, etc..)

La corruption devient une sorte d’ »impôt » prélevé par ceux qui ont un pouvoir ou par les fonctionnaires, pour leur compte. Les élites dirigeantes, bénéficiant de ce système, l’encouragent pour obtenir la paix sociale chez les fonctionnaires qui sont toujours mal payés et avec un retard important.

Plusieurs mécanismes contribuent à diffuser et à banaliser les pratiques de corruption.

Les fonctionnaires qui refusent de jouer le jeu sont écartés des postes importants et les entrepreneurs qui s’y opposent se trouvent pénalisés par rapport à leurs concurrents.

De plus, au fil des ans, il s’est formé une idée de l’État où l’accès à la fonction publique, loin de signifier le service des droits des citoyens en écho à leurs devoirs, est d’abord perçu comme le moyen le moins risqué pour s’enrichir rapidement ; ce qui contribue à ancrer dans les mentalités la « normalité » de la corruption.

En fait, c’est l’environnement direct dans lequel évoluent l’agent public et l’agent privé qui va permettre et favoriser l’émergence de la corruption.

L’organisation et la gestion des administrations publiques souffrent de lourdeurs et de dysfonctionnements qui vont les rendre particulièrement vulnérables à la corruption.

Quand il n’y a pas fait du prince, la multiplication des réglementations contraignantes et complexes et la faiblesse des contrôles y sont des caractéristiques fréquentes.

Mais pour clarifier la logique d’ensemble, il importe de compléter cette lecture  en prenant en compte les dimensions politiques et économiques car les pratiques de corruption sont étroitement liées au mode de gouvernement.

L’équation malsaine entre pouvoir politique et pouvoir économique peut se manifester de manière directe.

On parle alors de patrimonialisme comme au Maroc, où l’accès au pouvoir politique mène à des privilèges économiques. Elle peut également prendre des formes plus indirectes à l’instar des Philippines où pouvoir politique veut dire position de pouvoir dans un système clientéliste, donc monnayable. A tous les niveaux, le processus d’allocation des postes politiques et administratifs ou des positions de rente économique – exploitation des ressources naturelles, licences d’importation, par exemple – peut être influencé par les ressources potentielles qu’ils représentent.

Chez Deby toutes les formes de corruption cohabitent, elles se font même la guerre entre elles pour permettre l’enrichissement plus rapide des prédateurs.

Quel que soit le cas de figure, l’équilibre politique se trouve cimenté par ces échanges de privilèges contre un soutien politique ou une allégeance.

CEPENDANT LE LIEN EST ETABLI ENTRE CORRUPTION ET SOUS-DEVELOPPEMENT

Le sous-développement favorise la corruption, toutes les études le prouvent.

Les corrélations observées entre niveau de corruption et niveau de développement, souvent évoquées pour justifier les actions de lutte contre la corruption, révèlent aussi une causalité inverse: la corruption est favorisée par le sous-développement.

Citons les mécanismes principaux.

Tout d’abord, le faible niveau des salaires dans la fonction publique pousse à la petite corruption et l’inadéquation qui existe entre l’offre et la demande de services publics génère davantage d’occasions de recourir à la corruption.

Ensuite, les individus tendent à préférer une « carrière étatique » compte tenu du manque d’opportunités qui s’offrent dans le secteur privé.

Enfin, le faible niveau d’éducation maintient les citoyens dans l’ignorance de leurs droits, et ne leur permet pas de participer à la vie politique.

Les responsables n’ont aucune vision du bien public, ils ne songent qu’a profiter.

Surtout le citoyen ne voit aucune solution à ses déboires, il n’existe ni police pour arrêter les coupables, ni justice pour les condamner.

Les Tchadiens, faute de solutions à leur portée sombrent dans le désespoir et le cynisme.

Or il faut trouver des solutions pour l’avenir de notre pays, c’est une question de survie.

En effet, si Deby a poussé au maximum les limites du népotisme et de la corruption, les causes demeureront après le départ du tyran.

Voilà pourquoi il est nécessaire de réfléchir sur le système de la corruption pour proposer des remèdes.

C’est ce que nous ferons dans le prochain article.

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anr.tchad@gmail.com