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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

A la suite de la mort de l’ex-guide libyen, Mouammar Kadhafi, une véritable traque des anciens combattants et supposés partisans loyalistes se poursuit à travers le pays. Dans ce contexte, les ex-rebelles ont fixé samedi dernier un ultimatum aux ressortissants tchadiens résidant à Benghazi. Ces derniers sont ainsi sommés de quitter la ville avant le 11 novembre. Dans le cas contraire, ils seront exécutés.

Cette annonce est intervenue alors que les conditions de sécurité tendent à  se dégrader pour tous les ressortissants subsahariens en Libye. Ceux-ci sont en effet considérés comme des partisans pro-Kadhafi depuis le début de la révolution et le recours à des mercenaires « africains » afin de combattre la rébellion. Un amalgame s’est toutefois progressivement installé à travers le pays entre les mercenaires « africains » et les populations « africaines » immigrées en Libye. Ces dernières ont ainsi longtemps bénéficié des immenses réserves monétaires du régime Kadhafi, tirées des contrats pétroliers, afin de s’installer durablement sur un territoire en manque de main d’œuvre.

Cependant, depuis le début de la révolution libyenne, les populations noires africaines ont été progressivement stigmatisées et prises à partie par les combattants du Conseil National de Transition. C’est dans ce contexte que l’ultimatum du 11 novembre aurait été émis, afin d’annihiler tout soutien « africain » à l’ex-régime Kadhafi et au Front de Libération de la Libye qui s’organise actuellement aux frontières nationales. Cependant officieusement, cette décision aurait été motivée par une volonté économique de nationalisation de la main d’œuvre.

Dès lors, ces populations se retrouvent pour la plupart dans une position particulièrement délicate en raison de leur impossibilité à rester en Libye, couplée aux risques sécuritaires d’un retour dans leur pays d’origine. Les populations tchadiennes, tout particulièrement visées en raison de la proximité avérée entre N’Djamena et le régime de Kadhafi, s’estiment dès lors abandonnées et dans une situation extrêmement incertaine. Les régions nord du Tchad sont en effet en proie à une nette détérioration de l’environnement sécuritaire depuis le début de l’année et l’envoi par le Président Idriss Déby Itno de membres des forces armées tchadiennes, constituées principalement de l’ethnie Zaghawa, en soutien aux forces loyalistes libyennes. Cette décision avait été vivement dénoncée par l’ethnie Toubou, opposée aux Zaghawa contrôlant le pays. Des affrontements sporadiques avaient alors été observés dans la région afin d’empêcher le déploiement de forces transfrontalières.

A la suite de la guerre entre le Tchad et la Libye (1969-1974), et du coup d’Etat d’Idriss Déby Itno en 1990, les Toubou ont développé une certaine hostilité envers les régimes de N’Djamena et de Tripoli. Cette ethnie compose cependant majoritairement la garde chargée de la surveillance frontalière entre les 2 pays, depuis la signature d’un accord de paix entre les Toubou et le gouvernement tchadien. Dès lors, une tentative de retour au Tchad de populations ayant « collaboré » avec le régime de Kadhafi apparaît particulièrement problématique et incertaine.

Dans ce contexte et en l’absence de réaction de la communauté internationale, il paraît indispensable qu’un corridor humanitaire soit mis en place au travers de la Libye et les provinces tchadiennes nordistes afin de garantir une sécurisation des ressortissants tchadiens et africains, actuellement « pris entre deux feux ».

 

Source: armee.com