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Alerte Info: Médias au Tchad- Reporters Sans Frontière (RSF) est préoccupé par le risque élévé qui pése sur les journaux tchadiens indépendants menacés de fermeture. L'Organisation a appellé la HAMA à renoncer à ces sanctions qui ne se justifient pas // La candidature à la présidentielle 2021 du Maréchal Idriss Deby contestée dans un mémorandum signé par plusieurs partis d'opposition au Tchad qui appellent ce dernier à renoncer à se présenter //

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Publié par Mak

Le palais de justice de Ndjaména a connu une scène spectaculaire lors du procès ce jeudi 17 septembre 2020 du colonel Abdoulaye Ahmat Haroun de la Direction Générale de la Direction générale de service de sécurité des institutions de l'État(DGSSIE). Cette scène rappelle tristement les pratiques qu’avaient fait subir les régimes de Ben Ali, de Hosni Moubarak, du guide libyen, Mouammar Khadafi et Oumar Hassan Ebechir à leurs peuples respectifs en Tunisie, Egypte, Libye et au Soudan jusqu’à leurs chutes du pouvoir par des mouvements populaires insurrectionnels.
L’affaire dite des champs de fil a connu son épilogue, ce jeudi 17 septembre 2020 au Tribunal de Grande Instance de Ndjaména lors du procès du colonel Abdoulaye Ahmat Haroun. Il a été lynché par une foule après qu’il ait tiré le 14 juillet dernier sur un paisible mécanicien. L’immixtion des individus dans une cours de justice avec des armes à feu dénote que le Tchad est un Etat failli, défaillant et néant.
Arrêté et détenu, ce colonel Abdoulaye Ahmat Haroun avait tenté de s’évader n’eut été la vigilance du procureur de la République, Youssouf Tom devenu intraitable sur ce dossier.
Aujourd’hui au regard de l’acte scénique et théâtrale qui s’est déroulé au Tribunal de Ndjaména, l’indépendance de la justice tchadienne est totalement remise en cause et les magistrats tchadiens perdent ainsi leur crédibilité et respectabilité devant des femmes armées qui les ont défiés et malmenés.
Quarante heures seulement après la déclaration faire mardi dernier par le ministre tchadien de la justice tchadienne, Djimet Arabi avait dit fièrement que nul n’est au dessus au Tchad, il vient d’être contredit par des proches du régime tchadien qui ont le droit à la vie et à la mort sur leurs concitoyens.
L’indignation des organisations de la société civile et des responsables politiques a atteint son paroxysme comme d’habitude sans que les Tchadiens ne prennent en main leurs destins devant l’histoire afin de mettre un terme à cette culture de l’impunité qui s’est enracinée dans le pays.
Il est aujourd’hui irréfutable et incontestable d’affirmer qu’Idriss Deby a stratifié et hiérarchisé la société tchadienne en privilégiant les siens contre d’autres citoyens déconsidérés et méprisés.
A travers cet acte qui a suscité colère et incompréhension dans l’opinion publique tchadienne et à l’international, les uns et les autres doivent enfin savoir que seule l’unité entre les différents acteurs associatifs, politiques, civils et militaires pourrait faire triompher la justice et le respect de la dignité humaine au Tchad où les faibles sont écrasés voire broyés par une machine judiciaire sous tutelle.
De deux choses, l’une, soit les Tchadiens rebellent tous une fois pour toute, soit, ils subiront ensemble la même humiliation depuis 30 ans en espérant être libérés par un hypothèque libérateur.
 
Makaila.fr