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Alerte Info: Au Tchad, 41 partis politiques signataires d'une lettre ouverte qui interpelle Idriss Deby sur le processus électoral et le climat politique délètère dans le pays //

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Publié par Mak

Tchad: l'UNDR demande au peuple de respecter les mesures barrières pour interrompre la chaîne de contamination de la pandémie

                                   Union Nationale pour le Développement et le Renouveau

 

U.N.D.R

Paix – Discipline – Travail

 

partiundr@yahoo.fr – BP : 1064 – Tel : 66 23 27 37 N'Djaména-Tchad

Mes chers Compatriotes,

Notre pays traverse en ce moment une période de Coronavirus, le Covid-19 qui a commencé à faire des ravages, surtout dans les familles de notre capitale, N’Djaména. Mes premières pensées vont aux familles éplorées qui ont perdu des parents proches ou lointains, ou des connaissances. C’est un moment cruel, dans une famille, que d’avoir à affronter autant de vicissitudes en même temps. Il est extrêmement difficile, en effet, de subir tant d’épreuves et tant de malheurs sans fin.

Oui, mes chers compatriotes, la majorité des Tchadiens vivaient déjà dans la précarité qui se caractérisait par un bien-être sans cesse en recul dans tous les domaines : sécuritaire, économique, financier et social. Vivre est devenu un défi au quotidien pour la plupart d’entre nous, sans espoir d’une amélioration quelconque. Les marchés sont de plus en plus inaccessibles, tant les prix des denrées, même locales, sont devenus inaccessibles. Nous ne revendiquons plus le droit de manger convenablement en quantité et en qualité, nous voulons tout simplement manger, nous, nos enfants, nos familles et nos  proches voisins. Certains compatriotes en sont arrivés à changer les horaires des repas pour ne pas avoir à partager leurs maigres pitances avec des visiteurs devenus indésirables. Oui, c’est à cela que nous sommes réduits, se cacher pour manger parce qu’il n’y en a pas assez pour tout le monde, coupant ainsi avec notre hospitalité légendaire.

Tous les autres problèmes en découlent, évidemment. Le manque de soins primaires, la santé publique à l’abandon nous obligeant à acheter des médicaments par terre de qualité douteuse qui tuent tous les jours des citoyens désarmés et démunis.

Je n’évoquerai pas tous nos malheurs, car le moment n’y sied pas. Il arrivera, très vite je l’espère, l’heure du bilan où les responsabilités seront situées. Pour l’heure, permettez-moi de m’adresser à notre gouvernement en des termes très simples, s’agissant de cette pandémie insidieuse qui a commencé à ravager de vaillants et valeureux citoyens dont la nation avait encore besoin.

                                                                                                                                          

Où a donc été notre gouvernement pour ne rien faire ? Cette question est légitime car nous sommes parmi les derniers pays qui ont été frappés par le Covid-19, à telle enseigne que de nombreux Tchadiens n’y croyaient plus. Aujourd’hui, nous en payons le prix dans notre chair, par la faute d’un gouvernement qui est incapable d’anticiper.

Le gouvernement a attendu jusqu’à la mi-mars pour mettre sur pied des structures aussi nombreuses qu’inefficaces, qui excellent dans les réunions multiples aux résultats néants, vivant et travaillant en cercle fermé comme une secte et n’ayant jamais pu avoir un mode opératoire efficace orienté vers les objectifs concrets. Le gouvernement continue de berner la population avec de fausses informations comme si l’on pouvait affronter une pandémie aussi tentaculaire et dangereuse que le Covid-19 en se fiant à la liste des besoins contenus  dans son fameux plan de contingence.

Quand les autres pays africains ont été attaqués, nous les regardions comme s’ils venaient d’une autre planète alors qu’on pouvait valablement bénéficier de leurs expériences pour constituer une réponse nationale valable et efficace. En d’autres termes, nous avions eu largement le temps de nous préparer et d’éviter tous ces balbutiements qui font honte à notre pays.

Ce qui devait arriver est malheureusement arrivé et les Tchadiens n’ont que leurs larmes qui ne suffiront pas pour calmer leur tristesse à jamais ancrée.

L’UNDR a alerté l’opinion à plusieurs reprises en attirant l’attention du gouvernement sur les risques potentiels à venir mais, visiblement, il avait d’autres soucis et regardait ailleurs. En ces temps difficiles où la nation doit être mobilisée pour constituer un front commun au-delà des clivages traditionnels, le gouvernement continue malheureusement sa navigation à vue aux conséquences dévastatrices.

Face à la gravité de la situation, l’UNDR propose les dispositions suivantes :

  • invite instamment le Président de la République, Chef du gouvernement à sortir de son mutisme et à prendre personnellement la situation en main au lieu de gérer par procuration ; il doit diriger cette guerre contre Covid-19 qui menace tout le peuple sans lequel il n’aurait personne à gouverner ;
  • réitère que les grandes villes, notamment sur les grands axes nord-sud et aux frontières, soient immédiatement fermées aux mouvements de personnes à une distance de 25 km pour ce qui concerne N’Djaména, et de 10 km pour les autres villes -
  • les marchés hebdomadaires des villages, les marchés de vivres et les boutiques de commerce général, ainsi que toutes les activités commerciales doivent être réautorisés pendant une période précise de la journée et sous un encadrement strict ;
  • les édifices religieux  resteront fermés et les prières en groupe absolument proscrites ;
  • aménager un grand espace à la périphérie de la capitale pour y implanter une tente de grande capacité avec tous les équipements nécessaires pour accueillir les patients du Covid-19 ; en attendant, tous les hôtels tchadiens de la catégorie de trois étoiles devraient être immédiatement réquisitionnés pour loger malades et professionnels de santé de première ligne ;
  • doter sans délai les personnels de santé en équipements de protection dans l’exercice de leur métier et prévoir des incitatifs pour améliorer leurs conditions de vie et de travail ;
  • doter sans délai les structures de prise en charge en personnel de santé en quantité et en qualité suffisantes ;
  • adopter un protocole unique de soins à base de chloroquine et lancer concomitamment une commande de Covid-19. Organics de Madagascar;
  • entreprendre sans délai et encourager les recherches sur les plantes locales de notre pharmacopée qui pourraient constituer une solution à court terme ;
  • recruter pour une courte période dix à vingt mille jeunes sans emploi dans le but de les utiliser dans  une vaste campagne de sensibilisation de porte à porte sur l’ensemble du territoire ;
  • se doter des moyens nécessaires pour effectuer des tests massifs des populations, tout en procédant aux tests de tous les mis en quarantaine et procéder aux investigations sur les cadavres suspects ;
  • distribuer gratuitement une première série de masques à la population ;
  • exiger du Comité de veille un bilan d’activités hebdomadaires depuis sa mise en place ;

Cher compatriotes, cette pandémie pouvant perdurer, pendant quelques semaines encore, il y a donc lieu, dès maintenant, d’envisager une sortie de crise pour gérer les conséquences générées par le Covid-19.

Pour cela, nous suggérons de :

  • instaurer un dialogue national réunissant les personnalités représentatives politiques, économiques, sociales, religieuses et des experts pluridisciplinaires afin de réfléchir sur les perspectives à moyen et long terme ;
  • rendre effectives les mesures financières et les facilités annoncées par le Président de la République pour sauver les entreprises de la faillite ;
  • repenser entièrement la politique nationale de santé et élaborer un plan quinquennal avec l’objectif effectif d’assurer les soins de base accessibles  pour tous ;
  • ouvrir un institut de recherches médicales qui privilégie la pharmacopée nationale ;
  • rendre fonctionnel le laboratoire national de santé publique créé depuis 2008 ;
  • former des compétences avérées dans les domaines de pointe de santé curative et publique ;
  • mettre en place une politique de santé résiliente basée sur la compétence, la transparence et la culture de rendre compte.

Telle est, chers compatriotes, la substance du message de l’UNDR. Malgré la gravité de la situation qui frise la catastrophe, j’invite la population à garder l’espoir dans l’unité et la fraternité, et, à observer les mesures barrières afin d’interrompre la chaine de contamination de la pandémie. L’heure du bilan arrivera bientôt et nous devons nous y préparer pour exiger des comptes sur cette gestion calamiteuse de notre gouvernement qui a perdu les rênes du pays.

Je vous remercie.