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Publié par Mak

Idriss Déby Itno ou l’art de dribble politique

« Habré connait le Tchad mais   Déby  connait bien les Tchadiens » me lançait un jour un membre influent du MPS.  Ces propos me reviennent toujours à l’esprit  à chaque fois que Le Président Déby pose un acte.

A chacun de ses actes, les citoyens  acceptent sans sourciller d’être les « sujets » même les docteurs.  Car, à vrai dire, il semble réussir ce que le peuple  n’aura permis à aucun de ses prédécesseurs. Si bien qu’il est en train de se tailler un boulevard vers un autre mandat, pour l’obtention duquel il est prêt à toutes les avanies. Il est aidé dans sa quête obsessionnelle par des félons traitres à tous les principes républicains qui ont choisi pour diverses raisons dont la plus évidente est l’appât du pouvoir, de le soutenir dans  sa volonté hégémoniste.

Il n’en paie pas la mine. Et pourtant, Idriss Déby Itno  est le plus grand « dribbleur » politique  que le Tchad ait connus (des feintes aux passements de jambes). Visiblement, il les dépasse tous (Habré, Malloum, Goukouni et Lol Choua).

Non pas qu’il soit le plus rusé, encore moins le plus stratège. Mais il est  celui qui ne pose aucun acte sans penser au préalable au gain politique qu’il peut en tirer. En somme, il est  le plus calculateur et ne fait jamais rien pour rien.  Il ne recule devant rien (même pas devant COVID 19) pour assouvir ses desseins, avec une propagande savamment distillée : le FAST TRACK (ou méthode par les Résultats rapide), nouvelle trouvaille d’un régime, à court de concepts pour tenter de redonner du sens à son action.

Ceux qui doutaient de  sa  volonté  d’arriver à ses fins quels que soient les moyens peuvent déchanter. L’homme est sans pitié. Le mot compromis n’existe pas dans son vocabulaire. Il est droit dans ses bottes. Autant il est austère, autant il est imprévisible et brusque dans ses manières de faire.

Aucune finesse diraient certains. Fin connaisseur de la pensée de Machiavel, il est certainement l’homme politique tchadien qui a plus lu Le Prince et a bien retenu les leçons de l’auteur. Est-ce qu’un crime ? Non. Mais mettre en œuvre les conseils de Machiavel l’est. Et apparemment, notre président affectionne les « avis éclairés » du penseur et acteur politique italien du XVème siècle.

Le mérite et la force de M. Idriss Déby itno est qu’il a bien apprit de son prédécesseur. En effet, contrairement à Hissène Habré qui s’était entouré de laudateurs qui n’osaient pas lui dire la réalité du terrain, M. Déby  prend toujours la peine, quand il est coincé,  de s’entourer de grands intellectuels et des acteurs des médias (visibles et non visibles). Ceux-ci ont l’avantage d’indiquer de façon clair au Président, l’état de l’opinion. L’étendue burlesque de ce film se regarde dans la constitution de la Coordination Nationale de Riposte Sanitaire (CNRS – COVID 19)  avec 23 docteurs Jokers. Rappelons qu’il n’est pas de bonne stratégie politique sans recours à des jokers.

C’est sur la base des réflexions menées par ses « hommes de l’ombre et de  lumière » que M. Idriss déby Itno a décidé de dissoudre la cellule de veille et la mise en place de la CNRS – COVID 19). Une grosse poudre aux yeux du peuple tchadien.  Et tout le monde se met encore à applaudir. Ces deux actions sont les fruits d’une réflexion murement menée au sein du « laboratoire » présidentiel pour assoir  une base légale à un projet de (re)conquête de l’opinion. C’est ça la force de Idriss Déby Itno. Il sait qu’il est intellectuellement limité. Et pour le combler, il s’entoure des meilleurs stratèges pour parvenir à ses fins. Cette fois ci avec 23 docteurs Jocker au secours ! Assurément, nous sommes tombés bien bas ! Bien joué, Chef Déby. Tant pis pour les tchadiens qui doivent apprendre l’art de bien choisir un président.

Par ailleurs, en écartant sans bruit la Cellule de veille et en « concoctant » la CNRS-Covid 19 au  moment où la situation était pratiquement pourrie, Idriss Déby Itno a réussi à distiller le doute dans l’esprit du peuple comme étant l’homme de toutes les situations. Il a  encore prit tout le monde au dépourvu. Une pratique qui lui a déjà réussi à plusieurs reprises et même aux différentes élections. Il est manifestement en passe de réussir le même coup ;  réduisant l’opposition à sa plus simple expression, en se payant le luxe d’assouvir son sombre dessein par la force de la manipulation.

Et c’est là ou l’opposition, en utilisant le style  indirect à un moment, s’est  auto-calcinée au feu de son ignorance des stratégies politiques  du Président. Cette opposition a utilisé le style indirect surtout quand la confrontation directe n’a rien donné. C’est ce qui pourrait expliquer, même si ce n’est pas totalement, les attaques orientées contre la Fondation Grand Cœur  de son épouse. Au nom de la stratégie par déplacement, le débat est orienté vers la première Dame et vers  son entourage, laissant Déby, le temps de dérouler tranquillement  l’art du dribble,  qui s’organise selon un plan logique et structuré afin de rendre invisible les faiblesses du régime. Idriss Déby Itno est bien dans son art. « Maintenant, pour gagner en politique, devenir célèbre, l’individu ambitieux, comme le footballeur, doit être un excellent dribbleur. »

Evariste DJETEKE