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Publié par Mak

Coronavirus: La faillite de la mondialisation néolibérale, la fin du capitalisme ? Une contribution de Buur Siin Juuf, coordonnateur du Forum social sénégalais

 

Et si les Altermondialistes avaient raison !


De la révolution industrielle à la mondialisation néolibérale, le monde du capitalisme avait promis à l’humanité plus de bonheur, de satisfaction dans les besoins fondamentaux, plus de liberté jusque dans la gestion du marché qui devait se faire à travers une compétitivité sans mesure. De la révolution industrielle, à la révolution cybernétique, les promesses étaient alléchantes de nous voir vivre dans un monde plein de capacités, de pouvoir, de savoir et de richesses. Oui, le monde n’a jamais été aussi riche qu’il ne l’est aujourd’hui. Les caves des banques sont pleines d’or, d’argent, et de diamant !
Oui, le monde n’a jamais été aussi techniquement équipé, et technologiquement équipé ! L’homme voyage titille la lune de « Dieu » et fait de Mars, sa planète voisine, mais aussi voyage en supersonique. Oui, on opère désormais au laser, et on fait de la téléconsultation !!
Ah, le monde est surarmé, avec des bombes atomiques, des armes nucléaires, des fusées de bombardement, etc.
Le commerce est ouvert et libéralisé, jusqu’à transformer la planète en une marchandise qui peut être vendue au plus offrant, dans les bourses des valeurs, sous le contrôle de l’OMC !
Le monde et ses biens deviennent subitement de la « marchandise » à la merci du capitalisme qui se croit tout permis !! Ce capitalisme en est arrivé jusqu’ à penser à la certification du vivant à travers les OGM (organismes génétiquement modifiés), les semences agricoles deviennent la propriété de quelques personnes. Pire encore, les 80% des richesses du monde vont être entre les mains de 20% de la population.
Les inégalités s’accentuent, et pendant qu’une minorité est immensément riche, une grande majorité est honteusement pauvre, jusqu’à manquer d’eau potable, de nourriture suffisante, de soins de santé de première nécessité.
Des enfants dans le Sud, continuent à mourir de paludisme, de faim, avec des guerres programmées sous l’accaparement des terres et richesses du sous sol ;
Voilà sommairement le monde avec sa technologie numérique, et sa technocratie qui vente une démocratie délégataire et qui rétrécie la parole du citoyen.
Les Institutions financières de Brettons Wood vont se charger du reste pour mettre les Etats aux pas, avec le moins d’Etat imposé aux pays du Sud, sous un désengagement et une privatisation des services publiques y compris la santé.
La mondialisation a alors atteint son paroxysme lorsque la guerre froide a été arrêtée, le mur de Berlin est tombé, et les guerres deviennent asymétriques.
La mondialisation néolibérale nous avait promis un monde de bonheur. Mais le temps « rêve de la mondialisation néolibérale a été bien court » Et le mouvement altermondialiste a sans doute eu raison.
Les grands pays du Nord qui siègent avec les pleins pouvoirs au Conseil de sécurité des Nations Unies, vont s’organiser en Groupe d’affaires ( G7, G8, G20, )
La privatisation, les contrats d’affermage des services sociaux, la fuite des capitaux et de la fiscalité, les paradis fiscaux , les services de la dette, la construction des murs contre la migration ( alors que celui de Berlin est tombé), bref, tout est là pour faire l’affaire d’une minorité au détriment des peuples devenus vulnérables dans un contexte de lutte contre la pauvreté alors que les richesses mondiales , les capacités de production agricole peuvent bel et bien nourrir plus de 12 milliards de personnes !
C’est ce monde d’inégalité, un monde à deux visages, un visage de richesses insolentes et un monde de pauvreté absolue, que les mouvements altermondialistes vont dénoncer depuis le 1er Forum social mondial de Porto Alegre, au Brésil. Et le slogan de dénonciation sera « Un Autre Monde est possible » ! Cet Autre monde possible, pour nous c’est bien sûr, un monde de plus de justice, d’équité, d’égalité des changes, un monde de bonne gouvernance où le citoyen est roi, et le dirigeant son serviteur, un monde où les peuples autochtones ont le droit sur le terroir, un monde où les populations locales sont capables de dire non, sans être inquiétées dans la défense de leurs intérêts ! Certains nous taxaient de rêveurs ! Mais c’est bien le rêve capitaliste qui s’est estompé !
Oui, un monde où le développement est au service de l’Homme et non l’Homme au service du capitalisme qui cherche toujours à augmenter ses gains, ses bénéfices même au prix de la vie humaine. Un monde de souveraineté alimentaire pour tous; un monde où la science est orientée vers la satisfaction des besoins fondamentaux et où la justice et le droit sont rendus pour tout le monde sans ségrégation ni discrimination. Ce monde est et sera un monde de paix, de solidarité et de partage des richesses, des biens et des services dans la transparence.
C’est pour ce monde que nous avions envahi les rues de Seattelle , de GÊNE, de DAVOS, de toutes ces grandes villes où ce qu’on appelle les géants du monde se donnaient rendez- vous pour voir comment ils vont se partager les richesses du monde, et le marché mondial qui leur offre plus de gains et de bénéfices au détriment des peuples laborieux.
Oui, bien évidement les mouvements sociaux à l’assaut de la citadelle capitaliste seront mâtés massacrés, torturés, et mêmes tués par les grandes multinationales ou les grandes firmes pharmaceutiques plus soucieuses de la course aux brevets que de l’urgence sanitaire ou de solution aux défis de la santé publique. Alors, se soigner devient un luxe et non un droit ; l’accès à l’eau potable et à l’assainissement, devient un avantage, et non aussi un droit ; l’accès à l’alimentation est conditionné à l’ouverture du marché sous l’arbitrage de l’Organisation mondiale du Commerce à qui on dote plus d’intérêts qu’à l’OMS, devenu un « machin » dans le système de la communauté internationale.
La mondialisation néolibérale et chantée partout pour ses bienfaits, pour ces offres du marché, pour sa haute technologie, et la cybernétique qui a finit de faire du globe un petit village planétaire où tout le monde partage tout à travers des téléphones portables de dernière génération.
Et c’est ce modèle de développement, polluant, détruisant les écosystèmes, le cadre de vie, que le libéralisme chante et vante, en nous faisant croire que l’homme est au paradis sur terre. Les mouvements altermondialistes a toujours dénoncé cette orientation de la mondialisation. Et bien évidemment, en proposant des alternatives, avec un développement qui donne la priorité à l’homme ; en faisant de la médecine une science au service de l’humain, et non au service des firmes qui commanditent des pandémies, créent des épidémies pour ensuite sortir la solution magique à travers des vaccins douteux.
Hélas, ces altermondialistes n’ont pas été entendus, ou en tout état de cause pas suivi.
Alors, la pandémie au coronavirus va servir de juge, de témoin, d’avocat et de tribunal comme pour dire aux dirigeants du monde, arrêtez votre chose de mondialisation mercantile et avilissante. La crise du COVID19 e a mis à nu la mondialisation d’exclusion et donné sans doute raison aux mouvements altermondialistes.
En effet, ce monde tant vanté, chanté et auquel nous sommes si fiers a montré ses limites et ses échecs d’orientation, lorsqu’un jour de février, un virus est apparu en Chine, dans une des villes commerciales. En l’espace de deux mois, le monde acculé par ce truc, (virus) s’est arrêté de fonctionner ; de commercer, de se voir, de se rencontrer dans les stades, d’exécuter les agendas de rencontres internationales. Les écoles sont fermées, les mosquées aussi.
Les aéroports, les ports, et les avions, sont fermés ou se sont immobilisés sur les tarmacs bien équipés. La vie s’arrête pour tout le monde, grands pays, et pays petits ; pays riches et pays pauvres ou en voie de développement ! Même la mosquée de la Mecque est fermée ; l’église catholique de Rome est aussi fermée.
Le village planétaire est au noir. Le monde est confiné, et le marché des bourses affiche déjà des pertes énormes. Le développement tant vanté est où alors ? Ce développement avait-il comme objectif, comme bénéficiaire l’homme ? La catastrophe qui commence n’est pas une faute collective des peuples qui meurent ; c’est plutôt un effet d’aveuglement des pouvoirs capitalistes. Cette catastrophe matérielle est devenue un des ressorts d’un capitalisme contemporain qui s’est financiarisé, numérisé et, d’une certaine façon, dématérialisé, comme le dit un de nos collègues français du mouvement altermondialiste. Ce capitalisme rentier et prédateur a mis a mis la main sur nos vies entières et se nourrit de leur destruction.
En tous états de cause, un virus est venu bloqué la vie du monde, entrainer l’économie vers une récession, confiner les peuples du monde ; et arrêter tous les outils de travail.
Malgré le savoir faire de ce monde, village planétaire, malgré sa puissance militaire, économique, scientifique, matérielle, financière, malgré tous les laboratoires pharmaceutiques, malgré tous les satélites du monde, comment expliquer que subitement, la vie puisse s’arrêter et que tout se remette en cause ?
Les réponses sont à trouver, mais hélas, à nos yeux, c’est aussi parce que le développement et son modèle capitaliste n’a pas été orienté vers la satisfaction des besoins de l’homme, mais vers la recherche de gains, de profits, de bénéfices, au profit de groupes claniques, d’une minorité qui a toujours manipulé les choses. Une économie où les peuples détenteurs des ressources, des richesses, des terres agricoles, ne peuvent en bénéficier, ne peuvent pas fixer les prix de ce qu’ils produisent, ne peuvent se nourrir de ce qu’ils produisent, mais sont soumis à un diktat du marché dont les prix sont imposés parce que fixés par d’autres dans des bourses où aucun paysan, aucun pêcheur, n’est représenté.
C’est ce monde extraverti que les altermondialistes dénonçaient, et à la place, proposaient un autre monde possible, où l’homme sera au centre des préoccupations du développement, où les progrès, la recherche seraient orientés vers la satisfaction de ses besoins, et non pour lui imposer une peur, un diktat, un asservissement.
Comment expliquez- vous que tous les pays du monde deviennent subitement des pays de même niveau face à un machin ? Qu’ils soient obligés d’adopter tous, du Sud, au Nord, de l’Est à l’Ouest, les mêmes attitudes, les mêmes règles ; les mêmes solutions ?
« Rester à la maison, se déshumaniser en ne se touchant plus, en ne pouvant plus être proche l’un de l’autre, mais obligé de se confine, de se masquer la bouche et le nez » !! Alors, tout se passe comme s’il n’y a plus de grands ou de petits pays ! Nous sommes tous des pays impuissants devant le virus.
Et tous les Chefs d’Etat, déclarent que nous sommes en guerre !! Oh ! En guerre, et alors, où sont les armes atomiques que vous aviez cachées, et pour lesquelles des milliards de dollars ont été dépensées ? Pourquoi ne sortez- vous pas vite ces armes atomiques pour vaincre l’ennemi commun qui a imposé son rythme au monde ?
Alors, sans doute cette fois-ci vous avez compris qu’un « autre monde est possible !! » Ce monde que certains pays ont voulu expérimenter, en donnant la priorité à la santé et à l’alimentation pour tous ; mais qui se sont vus isolés, combattus, mis sous embargo, pendant des années ! C’est ce monde, dans son orientation humaniste qui a permis que le pays de Fidèle Castro, Cuba, mis sous embargo pendant plus de 60ans, puisse en arriver à envoyer des médecins urgentistes et spécialistes dans des pays européens comme l’Italie à qui l’Union européenne aurait refusé une aide lorsqu’elle a appelé au secours !
Quelle solidarité européenne !! Cette crise a mis à nu les limites et les mauvaises orientations du développement qui nous a été imposé et chanté. Il reste maintenant à savoir si les dirigeants du monde, vont en tirer les conséquences. Il faut changer de cap, ou disparaître ensemble. La résilience doit amener les pays comme ceux du Sud, à une résistance contre le diktat économique, politique, culturel et social. C’est là une des pistes de réflexion pour nous ; et ceci pourrait être la suite de ce texte ! Oui, un « Autre Monde est possible »et nous continuons à y travailler. « Et si c'était l’heure de tout réinventer ? »
Ne devrions –nous pas nous commençons à penser « qu’il nous faudra désormais apprendre à mener une existence plus humaine, naturelle, et communautaire ?» Mais aussi apprendre à « vivre avec l’incertitude » ajoute Edgar Morin. Pour ne plus penser que nous pouvons tout nous permettre sur cette terre
Mamadou Mignane DIOUF
Coordonnateur du Forum Social sénégalais
Coronavirus La faillite de la mondialisation néolibérale, la fin du capitalisme ?
Et si les Altermondialistes avaient raison !
De la révolution industrielle à la mondialisation néolibérale, le monde du capitalisme avait promis à l’humanité plus de bonheur, de satisfaction dans les besoins fondamentaux, plus de liberté jusque dans la gestion du marché qui devait se faire à travers une compétitivité sans mesure. De la révolution industrielle, à la révolution cybernétique, les promesses étaient alléchantes de nous voir vivre dans un monde plein de capacités, de pouvoir, de savoir et de richesses. Oui, le monde n’a jamais été aussi riche qu’il ne l’est aujourd’hui. Les caves des banques sont pleines d’or, d’argent, et de diamant !
Oui, le monde n’a jamais été aussi techniquement équipé, et technologiquement équipé ! L’homme voyage titille la lune de « Dieu » et fait de Mars, sa planète voisine, mais aussi voyage en supersonique. Oui, on opère désormais au laser, et on fait de la téléconsultation !!
Ah, le monde est surarmé, avec des bombes atomiques, des armes nucléaires, des fusées de bombardement, etc.
Le commerce est ouvert et libéralisé, jusqu’à transformer la planète en une marchandise qui peut être vendue au plus offrant, dans les bourses des valeurs, sous le contrôle de l’OMC !
Le monde et ses biens deviennent subitement de la « marchandise » à la merci du capitalisme qui se croit tout permis !! Ce capitalisme en est arrivé jusqu’ à penser à la certification du vivant à travers les OGM (organismes génétiquement modifiés), les semences agricoles deviennent la propriété de quelques personnes. Pire encore, les 80% des richesses du monde vont être entre les mains de 20% de la population.
Les inégalités s’accentuent, et pendant qu’une minorité est immensément riche, une grande majorité est honteusement pauvre, jusqu’à manquer d’eau potable, de nourriture suffisante, de soins de santé de première nécessité.
Des enfants dans le Sud, continuent à mourir de paludisme, de faim, avec des guerres programmées sous l’accaparement des terres et richesses du sous sol ;
Voilà sommairement le monde avec sa technologie numérique, et sa technocratie qui vente une démocratie délégataire et qui rétrécie la parole du citoyen.
Les Institutions financières de Brettons Wood vont se charger du reste pour mettre les Etats aux pas, avec le moins d’Etat imposé aux pays du Sud, sous un désengagement et une privatisation des services publiques y compris la santé.
La mondialisation a alors atteint son paroxysme lorsque la guerre froide a été arrêtée, le mur de Berlin est tombé, et les guerres deviennent asymétriques.
La mondialisation néolibérale nous avait promis un monde de bonheur. Mais le temps « rêve de la mondialisation néolibérale a été bien court » Et le mouvement altermondialiste a sans doute eu raison.
Les grands pays du Nord qui siègent avec les pleins pouvoirs au Conseil de sécurité des Nations Unies, vont s’organiser en Groupe d’affaires ( G7, G8, G20, )
La privatisation, les contrats d’affermage des services sociaux, la fuite des capitaux et de la fiscalité, les paradis fiscaux , les services de la dette, la construction des murs contre la migration ( alors que celui de Berlin est tombé), bref, tout est là pour faire l’affaire d’une minorité au détriment des peuples devenus vulnérables dans un contexte de lutte contre la pauvreté alors que les richesses mondiales , les capacités de production agricole peuvent bel et bien nourrir plus de 12 milliards de personnes !
C’est ce monde d’inégalité, un monde à deux visages, un visage de richesses insolentes et un monde de pauvreté absolue, que les mouvements altermondialistes vont dénoncer depuis le 1er Forum social mondial de Porto Alegre, au Brésil. Et le slogan de dénonciation sera « Un Autre Monde est possible » ! Cet Autre monde possible, pour nous c’est bien sûr, un monde de plus de justice, d’équité, d’égalité des changes, un monde de bonne gouvernance où le citoyen est roi, et le dirigeant son serviteur, un monde où les peuples autochtones ont le droit sur le terroir, un monde où les populations locales sont capables de dire non, sans être inquiétées dans la défense de leurs intérêts ! Certains nous taxaient de rêveurs ! Mais c’est bien le rêve capitaliste qui s’est estompé !
Oui, un monde où le développement est au service de l’Homme et non l’Homme au service du capitalisme qui cherche toujours à augmenter ses gains, ses bénéfices même au prix de la vie humaine. Un monde de souveraineté alimentaire pour tous; un monde où la science est orientée vers la satisfaction des besoins fondamentaux et où la justice et le droit sont rendus pour tout le monde sans ségrégation ni discrimination. Ce monde est et sera un monde de paix, de solidarité et de partage des richesses, des biens et des services dans la transparence.
C’est pour ce monde que nous avions envahi les rues de Seattelle , de GÊNE, de DAVOS, de toutes ces grandes villes où ce qu’on appelle les géants du monde se donnaient rendez- vous pour voir comment ils vont se partager les richesses du monde, et le marché mondial qui leur offre plus de gains et de bénéfices au détriment des peuples laborieux.
Oui, bien évidement les mouvements sociaux à l’assaut de la citadelle capitaliste seront mâtés massacrés, torturés, et mêmes tués par les grandes multinationales ou les grandes firmes pharmaceutiques plus soucieuses de la course aux brevets que de l’urgence sanitaire ou de solution aux défis de la santé publique. Alors, se soigner devient un luxe et non un droit ; l’accès à l’eau potable et à l’assainissement, devient un avantage, et non aussi un droit ; l’accès à l’alimentation est conditionné à l’ouverture du marché sous l’arbitrage de l’Organisation mondiale du Commerce à qui on dote plus d’intérêts qu’à l’OMS, devenu un « machin » dans le système de la communauté internationale.
La mondialisation néolibérale et chantée partout pour ses bienfaits, pour ces offres du marché, pour sa haute technologie, et la cybernétique qui a finit de faire du globe un petit village planétaire où tout le monde partage tout à travers des téléphones portables de dernière génération.
Et c’est ce modèle de développement, polluant, détruisant les écosystèmes, le cadre de vie, que le libéralisme chante et vante, en nous faisant croire que l’homme est au paradis sur terre. Les mouvements altermondialistes a toujours dénoncé cette orientation de la mondialisation. Et bien évidemment, en proposant des alternatives, avec un développement qui donne la priorité à l’homme ; en faisant de la médecine une science au service de l’humain, et non au service des firmes qui commanditent des pandémies, créent des épidémies pour ensuite sortir la solution magique à travers des vaccins douteux.
Hélas, ces altermondialistes n’ont pas été entendus, ou en tout état de cause pas suivi.
Alors, la pandémie au coronavirus va servir de juge, de témoin, d’avocat et de tribunal comme pour dire aux dirigeants du monde, arrêtez votre chose de mondialisation mercantile et avilissante. La crise du COVID19 e a mis à nu la mondialisation d’exclusion et donné sans doute raison aux mouvements altermondialistes.
En effet, ce monde tant vanté, chanté et auquel nous sommes si fiers a montré ses limites et ses échecs d’orientation, lorsqu’un jour de février, un virus est apparu en Chine, dans une des villes commerciales. En l’espace de deux mois, le monde acculé par ce truc, (virus) s’est arrêté de fonctionner ; de commercer, de se voir, de se rencontrer dans les stades, d’exécuter les agendas de rencontres internationales. Les écoles sont fermées, les mosquées aussi.
Les aéroports, les ports, et les avions, sont fermés ou se sont immobilisés sur les tarmacs bien équipés. La vie s’arrête pour tout le monde, grands pays, et pays petits ; pays riches et pays pauvres ou en voie de développement ! Même la mosquée de la Mecque est fermée ; l’église catholique de Rome est aussi fermée.
Le village planétaire est au noir. Le monde est confiné, et le marché des bourses affiche déjà des pertes énormes. Le développement tant vanté est où alors ? Ce développement avait-il comme objectif, comme bénéficiaire l’homme ? La catastrophe qui commence n’est pas une faute collective des peuples qui meurent ; c’est plutôt un effet d’aveuglement des pouvoirs capitalistes. Cette catastrophe matérielle est devenue un des ressorts d’un capitalisme contemporain qui s’est financiarisé, numérisé et, d’une certaine façon, dématérialisé, comme le dit un de nos collègues français du mouvement altermondialiste. Ce capitalisme rentier et prédateur a mis a mis la main sur nos vies entières et se nourrit de leur destruction.
En tous états de cause, un virus est venu bloqué la vie du monde, entrainer l’économie vers une récession, confiner les peuples du monde ; et arrêter tous les outils de travail.
Malgré le savoir faire de ce monde, village planétaire, malgré sa puissance militaire, économique, scientifique, matérielle, financière, malgré tous les laboratoires pharmaceutiques, malgré tous les satélites du monde, comment expliquer que subitement, la vie puisse s’arrêter et que tout se remette en cause ?
Les réponses sont à trouver, mais hélas, à nos yeux, c’est aussi parce que le développement et son modèle capitaliste n’a pas été orienté vers la satisfaction des besoins de l’homme, mais vers la recherche de gains, de profits, de bénéfices, au profit de groupes claniques, d’une minorité qui a toujours manipulé les choses. Une économie où les peuples détenteurs des ressources, des richesses, des terres agricoles, ne peuvent en bénéficier, ne peuvent pas fixer les prix de ce qu’ils produisent, ne peuvent se nourrir de ce qu’ils produisent, mais sont soumis à un diktat du marché dont les prix sont imposés parce que fixés par d’autres dans des bourses où aucun paysan, aucun pêcheur, n’est représenté.
C’est ce monde extraverti que les altermondialistes dénonçaient, et à la place, proposaient un autre monde possible, où l’homme sera au centre des préoccupations du développement, où les progrès, la recherche seraient orientés vers la satisfaction de ses besoins, et non pour lui imposer une peur, un diktat, un asservissement.
Comment expliquez- vous que tous les pays du monde deviennent subitement des pays de même niveau face à un machin ? Qu’ils soient obligés d’adopter tous, du Sud, au Nord, de l’Est à l’Ouest, les mêmes attitudes, les mêmes règles ; les mêmes solutions ?
« Rester à la maison, se déshumaniser en ne se touchant plus, en ne pouvant plus être proche l’un de l’autre, mais obligé de se confine, de se masquer la bouche et le nez » !! Alors, tout se passe comme s’il n’y a plus de grands ou de petits pays ! Nous sommes tous des pays impuissants devant le virus.
Et tous les Chefs d’Etat, déclarent que nous sommes en guerre !! Oh ! En guerre, et alors, où sont les armes atomiques que vous aviez cachées, et pour lesquelles des milliards de dollars ont été dépensées ? Pourquoi ne sortez- vous pas vite ces armes atomiques pour vaincre l’ennemi commun qui a imposé son rythme au monde ?
Alors, sans doute cette fois-ci vous avez compris qu’un « autre monde est possible !! » Ce monde que certains pays ont voulu expérimenter, en donnant la priorité à la santé et à l’alimentation pour tous ; mais qui se sont vus isolés, combattus, mis sous embargo, pendant des années ! C’est ce monde, dans son orientation humaniste qui a permis que le pays de Fidèle Castro, Cuba, mis sous embargo pendant plus de 60ans, puisse en arriver à envoyer des médecins urgentistes et spécialistes dans des pays européens comme l’Italie à qui l’Union européenne aurait refusé une aide lorsqu’elle a appelé au secours !
Quelle solidarité européenne !! Cette crise a mis à nu les limites et les mauvaises orientations du développement qui nous a été imposé et chanté. Il reste maintenant à savoir si les dirigeants du monde, vont en tirer les conséquences. Il faut changer de cap, ou disparaître ensemble. La résilience doit amener les pays comme ceux du Sud, à une résistance contre le diktat économique, politique, culturel et social. C’est là une des pistes de réflexion pour nous ; et ceci pourrait être la suite de ce texte ! Oui, un « Autre Monde est possible »et nous continuons à y travailler. « Et si c'était l’heure de tout réinventer ? »
Ne devrions –nous pas nous commençons à penser « qu’il nous faudra désormais apprendre à mener une existence plus humaine, naturelle, et communautaire ?» Mais aussi apprendre à « vivre avec l’incertitude » ajoute Edgar Morin. Pour ne plus penser que nous pouvons tout nous permettre sur cette terre.

 

Mamadou Mignane Diouf

Coordonnateur du Forum Social sénégalais