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Publié par Mak

Trois citoyens pacifiques emprisonnés depuis 199 jours au Tchad

Au Tchad, l’exercice des droits de l’homme et des libertés pose véritablement problème à des activistes, journalistes et autres citoyens engagés pour défendre cet idéal qui connait aujourd’hui des graves atteintes pour son non-respect par les autorités en place.

 

Incontestablement le Tchad brille comme l’attestent de nombreux rapports d’organisations locales et internationales par le non-respect des droits humains et des libertés qui sont allégrement violés par les décideurs politiques et les institutions de l’Etat.

Plusieurs cas de personnes dont les droits sont violés retiennent notre attention et restent d’actualité au sein de l’opinion publique et internationale qui s’en est saisie.

En effet, trois citoyens  tchadiens, militants pacifiques qui luttent sans violence sont actuellement emprisonnés à cause de l’exercice de leur travail de dénoncer, de faire respecter les droits humains en informant  l’opinion publique à travers des alertes, des communiqués de presse et autres moyens de diffusion d’information autorisés. Il s’agit des cas de deux journalistes et d’un défenseur des droits de l’homme qui croupissent depuis 199 jours en prisons au Tchad.

Chronologie d’arrestations successives

Martin Inoua Doulguet, arrêté depuis le 16 août 2019, ce journaliste et directeur de publication du journal indépendant Salam Info est détenu pour avoir simplement publié des articles jugés offensant à l’égard des dignitaires du régime alors que le Tchad a officiellement dépénalisé les délits de la presse. L’organisation Reporters Sans Frontière (RSF) qui suit de près l’affaire du journaliste s’est indignée dans un communiqué de presse rappelant aux autorités tchadiennes le non-respect de la constitution du pays. Elle a aussi révélé les conditions d’incarcération du journaliste tchadien en réclamant de nouveau sa libération immédiate.  Depuis 157 jours, Martin Inoua Doulguet est en prison et son état de santé ne fait que se détériorer selon son entourage et ses avocats qui demandent eux aussi sa mise en liberté pour de raisons sanitaire et humanitaire.

Mahamat Nour Ahmed Ibedou, emblématique défenseur des droits humains et des libertés, le Secrétaire Général de la Convention Tchadienne des droits de l’Homme (CTDDH) paie les frais de son engagement pour avoir fait le choix de défendre sans complaisance ni affinité les droits bafoués des citoyens tchadiens.

Convoqué  le 03 décembre 2019, par la Police Judiciaire, pour être entendu au sujet d’un communiqué de presse  jugé « diffamatoire » dans lequel, son organisation a dénoncé les pratiques abusives d’un proche du président Idriss Deby en l’occurrence Bokhit Bahr Mahamat Itno,installé à Abéché, ce dernier torture impunément des citoyens sans défense, Ibedou a été placé immédiatement le même jour sous mandat de dépôt pour autre chose à savoir « meurtre et complicité de meutre ».

Son interpellation ainsi que son arrestation interviennent dans un contexte particulier où le Tchad accueillait le 34 congrès de la Conférence Internationale des Barreaux (CIB) tenu  du 04 au 06 décembre 2019 à Ndjaména,  auquel,  ont participé 500 invités venus des quatre (4) points du monde.

C’est donc au nez et à la barbe de tous ces illustres et honorables personnalités étrangères que le Tchad dirigé d’une main de fer par le dictateur tchadien n’a pas lésiné sur les moyens pour détenir le défenseur des droits humains tchadien. Ce samedi 04 janvier 2020, Mahamat Nour Ahmed Ibedou n’est toujours pas libéré malgré de nombreuses interventions au niveau national et international auprès des autorités tchadiennes. Idriss Deby fait fi et défi l’opinion publique en général. Car, Djimet Arabi,ministre de la justice  et les magistrats tchadiens ne font qu’exécuter la volonté du chef. Ils sont des faire-valoir d’un système pourri et des véritables béni oui oui sans aucune influence.

 Mais que  Deby veuille ou pas l’affaire Ibedou continue à mobiliser les démocrates tchadiens et étrangers comme en attestent de nombreuses signatures de la pétition Free Ibedou mise en ligne depuis son arrestation.

 A Mongo dans le Guéra, Ali Achène Hamata, correspondant de la radio associative Dja Fm, est détenu à la gendarmerie. Son tort : avoir décrié les lenteurs de l’appareil judicaire au niveau régional. Ali a été arrêté depuis le 26 décembre 2019, isolé des autres détenus et maltraité selon plusieurs sources.

 Dans un communiqué de presse, la radio Dja Fm a demandé la libération de son correspondant à Mongo, estimant arbitraire son arrestation. Du 06 décembre 2019 au 04 janvier 2020, Ali Achène Hamata  fait ajuourd’hui 10 jours d’emprisonnement pour un délit d’opinion.

Devant l’intransigeance des autorités tchadiennes à tous les niveaux de vouloir bâillonner et réduire totalement au silence des voix déviantes et dénonciatrices de leurs faits, l’heure est plus que jamais à l’unité de les toutes sensibilités politiques, associatives et corporatistes pour relever ensemble le défi du changement afin de sauver le Tchad d’une dislocation inévitable si jamais rien n’est fait à l’échelle individuelle et collective.

Il faut agir pour Martin, Ibedou et Ali afin qu’ils obtiennent leurs libertés et éviter aux autres de subir les mêmes sorts au Tchad.

Makaila.fr