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Alerte Info: Au Tchad, 41 partis politiques signataires d'une lettre ouverte qui interpelle Idriss Deby sur le processus électoral et le climat politique délètère dans le pays //

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Publié par Mak

Affaire Ibedou, une patate chaude entre la main de la police judiciaire et la Justice au Tchad sous menace sérieuse de la CIB

Alors que le Tchad accueille depuis mardi 03 décembre 2019, la Conférence Internationale des Barreaux (CIB), le régime d’Idriss Deby montre à la face du monde entier sa vraie nature caractérisée par le déni de justice, l’arbitraire, le totalitarisme et la corruption généralisée. C’est dans ce contexte décrit que l’affaire Mahamat Nour Ahmed Ibedou se déroule à l’allure théâtrale.

Visiblement, les autorités  tchadiennes font preuve d’amateurisme dans la gestion des dossiers judiciaires au moment  où elles autorisent la tenue dans le pays de la Conférence Internationale des Barreaux  (CIB) dont la vocation est le respect de l’autonomie des Barreaux en vue de mettre en œuvre la notion du caractère universel des Droits de l’Homme et en particulier, les Droits de la Défense.

C’est dans ce cadre que le régime d’Idriss Deby patauge et se ridiculise dans l’affaire dite de Mahamat Nour Ahmed Ibedou, secrétaire général de la Convention Tchadienne des Droits de l’Homme (CTDDH).

Convoqué ce mardi 03 décembre par la Police Judiciaire (PJ), le défenseur des droits de l’homme s’est présenté en compagnie de son conseil composé de Me Jacqueline Moudeina et sa sœur Delphine KEMNELOUM DJIRAIBE. Il est soutenu par plusieurs militants associatifs et syndicaux comme Younous MAHADJIR, Céline NARMADJI et les membres de sa famille.

Dans les locaux de la Police Judiciaire (PJ), Ibedou apprend qu’il fait l’objet d’une plainte déposée à son encontre par un certain Bokhit Bahr Itno. Ce dernier est accusé dans un communiqué de presse de la CTDDH publié le 16 décembre 2019 d’être le tortionnaire d’un citoyen tchadien à Abéché. Un droit de réponse a été envoyé par Nassour Bahr Itno, prenant la défense de son proche. L’affaire devrait être clause dès lors que le droit de réponse a été publié. Mais pour la famille régnante ITNO qui se croit irréprochable et protégée, il faut que Ibedou présente une lettre d’excuse. Chose que le défenseur des droits de l’homme a décliné.

Aujourd’hui, l’affaire prend une autre tournure universelle et capte l’attention des participants à la Conférence Internationale des Barreaux qui se tient à Ndjaména.

Si le mardi dernier, Ibedou a été accusé de diffamation par un des neveux du président, le mercredi, le chef d’accusation varie et devient Meurtre et complicité de Meurtre. Cette instabilité dans les accusations traduit l’embarras des autorités tchadiennes et leur difficulté à se débarrasser d’une affaire devenue une patate chaude.

De deux choses l’une : soit Ibedou soit libéré ce jeudi et il rentre chez avec ses avocats et ses soutiens. Soit, il reste détenu et là l’affaire prendre une autre dimension car les participants à la CIB menacent de quitter les assises et le Tchad pour renter chez eux et internationaliser la question.

En tout cas, Idriss Deby doit faire le choix entre ces deux équations complexes dans l’affaire Ibedou.

Makaila.fr