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Publié par Mak

Le brexit s’enlise t il ?

BREXIT  or BREMAIN

Le brexit s’enlise t il ?

Certainement  quand on confond la porte de sortie avec  celle d’entrée, on mettra beaucoup plus de temps à trouver le chemin du retour.

Il est utopique de trouver une satisfaction sans prix. Plutôt il faut s’en remettre au consensus, qui sera le parfait deal, entre les brexiters et les unionistes sous le toit du siège en forme de X. Il faut résolument faire beaucoup de concessions. Tout le monde se réjouirait, si les rounds des négociations accoucheraient un deal sur cette dernière ligne droite.

Le Brexit est une école de défection dans l’histoire des accords bilatéraux et multilatéraux. Il n’est pas si facile d’en découdre à l’anglaise faussant ainsi compagnie, tirant ses fils colorés des motifs parfaits d’un tissu social complexe.  En toile de fond, cette emprunte est une œuvre des fondateurs en majorités des dirigeants de pré-guerre et relayer par des socio démocrates dans  une Europe industrielle en mutation économique. Quand nous voyons les négociations patiner, cela laisse penser à une perception erronée  de chaque côté, plutôt de  snobisme avéré.

 Les brexiters se voient légitimés par le verdict populaire à cet effet, rien ne les empêche de foncer pour arracher leur sortie (brexit souple ou dur). Par contre  Les unionistes perçoivent, eux aussi leurs frères d’outre Manche comme des mauvais élèves qui provoquent la désunion au moment crucial de la consolidation européenne, et pendant que d’autres pays attendent à la porte d’entrée. 

La tempête pernicieuse du Brexit cessera t elle de sitôt ? Ou bien elle poussera les tumultes des océans qui cracheront les doutes de cohabitation aux populations insulaires ?

Politique

L’Union Européenne est conçue pour durer, nonobstant les signatures timides du traité de Maastricht. Elle est fondée sur des principes socio-polico- économiques et sécuritaires.  Lesquels principes font profiter aux Etats de l’Union et leurs citoyens respectifs, des acquis substantiels entre autres les libres circulations des personnes, des biens, des services et des capitaux. Les visas, d’entrées et des séjours, permis de travail, les exonérations des certaines taxes etc.

Théoriquement les avantages sont innombrables face aux contraintes qui font perdre aux Etats unionistes certains domaines de souverainetés tels, la monnaie, le protectionnisme et le dumping. Des structures supranationales s’érigent pour le respect du traité de Maastricht.

Dans une union qui se veut étanche, et durable, le cahier de change n’est pas souvent facile à remplir. Le  budget de défense, le respect de droit de l’Homme et l’environnement sont des contraintes à faire avec. L’UE avait pour objectif d’harmoniser l’espace européen pour agir ensemble et parler d’une seule voix. Ce qui fait économiser aux Etats, certaines charges afférentes aux missions sécuritaires et  diplomatiques.

 

 

Economie

Une Europe unie exige beaucoup de concessions. Théoriquement l’échange intereuropéen est rentable pour tous. Celui ci est présumé booster l’économie des Etats de l’Union.

« En sortant de l'UE, le Royaume-Uni deviendrait immédiatement un pays tiers (c'est-à-dire qu'il perdrait son statut de membre et par conséquent son accès et ses droits de membre de l'Union européenne, dont la participation aux normes européennes). Selon les tenants de cette approche, cela signifierait que le Royaume-Uni reviendrait au régime minimum prévu dans le cadre de l'OMC, c'est-à-dire un droit de douane de l'ordre de 3 % aux frontières (dont le coût se répercute non pas sur l'importateur, mais sur la population britannique). Dans certains secteurs, comme l'agriculture, où lesdites taxes peuvent aller jusqu'à 40 % (cas du lait). »

Pourquoi l’Europe s’était elle  unie ?

Dans la pensée unioniste, il y a des intensions nobles qui ne regardent que l’Europe occidentale.

Etant loin de la cuisine interne européenne, nous ne pouvons que nous en tenir aux déclarations et aux apparences. Mais ce qui est imaginable et plausible, étaye  les raisons qui nous guident vers le souci de  survie de celle-ci.  Il est pensable que :

  1. Apres les deux grandes guerres, l’Europe ne veut plus vivre une autre ;
  2. Par expérience un vieux pays industriel ne peut tenir, en solitaire, faisant face aux exigences de l’heure pour sauvegarder ses intérêts vitaux, coloniaux et industriels telles les pressions  de concurrences et d’influence des Etats émergents surtout de la Chine et de l’Asie du sud-est ;
  3. Les problèmes sécuritaires est un challenge de taille (le terrorisme et l’immigration clandestine).

 

Conséquences :

 « suite du référendum du 23 juin 2016 qui a vu la victoire du camp désirant quitter l'UE à 51,9 %. »

Le hic se résume sur la complexité de la construction juridique de l’Union Européenne. Celle ci fait penser à un grand immeuble à l’image de Bordj Al Khalifa qui pendant sa construction, tous les Etats membres avaient laissé libre voie aux architectes de concevoir le modèle qu’ils jugent bon pour tous. Ceux qui adhérèrent par la suite ont approuvé le traité de Maastricht.  Cependant  quelques décennies plus tard le modèle sociétal des européens s’éloigne des soucis initiaux. Si comme la paix est acquise et l’Europe ne regardait que vers l’avant. Il faut reconnaitre que certains pays de l’Union sont  dominés par un égocentrisme qui frustre les autres membres, et trichent pour paraitre conformes aux traités.

Quand le Royaume Uni  renonce à son engagement notamment par le Brexit, alors le processus de dénouement s’enclenche. Le Royaume Uni s’est rendu compte qu’en se rendant chez soi, il doit toujours prendre le même ascenseur, qui empiète les territoires des autres membres.

Ce qui signifie même en sortant, il faut aussi négocier davantage pour sauvegarder sa sécurité et son économie. Chose qui fait appel à un how know. Peut-être, c’est le pétrin dans lequel les Brexiters s’étaient mis par inadvertance !

L’entrée à l’UE est sélective, et discriminatoire à la fois. Celle-ci  cherchait à séduire les états de l’Europe de l’Est afin qu’ils  ne basculent plus dans le giron Soviétique, chez qui en délocalisant on tire profit,  sans laisser entrer la Turquie qui eût son influence dans les pays des Balkans pendant l’empire Ottoman.

Parlant de la Turquie, il n’y a pas de place pour le croissant dans un ciel bleu étoilé. La Turquie est aussi crainte pour la concurrence qu’elle fait dans l’industrie alimentaire de label HALAL, qui affiche une certaine assurance aux personnes de confessions musulmanes, attitudes décriées par les extrêmes droites et cautionnées par les droites des pays de l’Union.

Malheureusement les Etats de l’Europe de l’Est ne sont pas tous éligibles économiquement, donc ils doivent attendre. La Turquie qui manifestait son entrée, s’était vue refuser son adhésion à cause de son régime supposé islamiste.  C’est d’ailleurs mieux pour elle de regarder vers la Qibla et vers ses anciennes colonies de l’empire Ottoman que d’attendre une Europe sourde à son appel. Mieux encore, elle regarde vers l’Est.

Déjà le Brexit, est dans toutes les combinaisons  de sortie mais la clef d’exit est obsolète. Faudrait-il forcer la sortie, d’ici la fin du mois d’Octobre 2019, si rien n’est trouvé comme deal ?

Qu’adviendrait –il si aucun accord n’est trouvé ?

Le Royaume Uni, en sortant sera un pays tiers, et doit négocier en solitaire avec tous les Etats membres de l’OMC comme avec l’Union Européenne qu’il quitte fraichement. Le Royaume Uni sortira t –il par la fenêtre pour revenir par le tunnel sous la manche ?

Un Brexit dur, c’est à dire no deal, porte préjudice aux deux unions notamment de l’Europe et du Royaume. Le brexit est semblable à un divorce accidentel d’un couple qui confondait au départ son patrimoine. Cependant une sortie brutale provoquerait une onde de choc au retentissement monotone qui révélerait les petites fissures des frontières oubliées au sein du Royaume Uni, voire du Commonwealth. Quelles que soient les issues de sorties, les deux partenaires sentiront les poids du divorce.

Certainement en s’arrachant le pied d’une Europe bien cimentée, les séquelles du divorce marqueront les deux communautés longtemps avec des conflits territoriaux et douaniers.

Les conséquences sont prévisibles. Chacun des deux aura besoin d’un ami tiers pour combler le gap, qui l’aidera à prendre son envol avec une poussée optimale afin de trouver sa vitesse de croisière.  Si dans l’union européenne, les unionistes se croyaient prémunis des guerres internes, en revanche ils restent exposés aux affronts économiques éventuels dus aux concurrences rudes des méventes.

« Selon le Telegraph, repris par EUObserver, le Royaume-Uni se préparerait à verser la divorce bill en cas de no-deal56.

De plus, un retrait sans accord ne libèrerait pas le Royaume-Uni de payer à l'Union européenne la « divorce bill » (littéralement, l'« addition du divorce ») de 42 milliards d'euros.

En terme d'innovation, de recherche scientifique et de santé, le retrait britannique sans accord aurait également des conséquences graves et risquerait d'entraîner des interruptions. En effet, environ 40 % des scientifiques travaillant au Royaume-Uni seraient des ressortissants d'autres États membres de l'UE dont le statut serait mis en péril si aucun accord n'était adopté. Les chercheurs bénéficiant d'une bourse de l'Union européenne pour mener leur recherches, les tests cliniques et médicaux impliquant des citoyens européens, les laboratoires dont la chaîne d'approvisionnement inclut l'Union européenne, le partage des données scientifiques serait immédiatement interrompu sans accord. Ainsi, les scientifiques britanniques n'auraient plus accès au financement de Horizon 2020, s'élevant jusqu'à présent à 1,3 milliards d'euros chaque année48. »

La date fatidique du 31 octobre 2019, est un pied de nez au premier ministre britannique Boris Johnson. Le Brexit qui éjecte ses concepteurs ne pardonne guère. Cependant  il est sommé à attacher sa ceinture de sécurité, sinon..

Les conservateurs veulent un Brexit royal, alors que les brexiters veulent sortir à tout prix pour être fidèles à leurs promesses référendaires peu importe l’ampleur de la casse.

Le brexit, au lendemain du 31 Octobre, ce jour férié est la tout saint, présage un triste divorce. Il laisserait un gap important dans le budget de defense de l’Union Européenne.

«  La Libre Belgique cite un rapport publié par le Groupe de recherche et d'information sur la paix et la sécurité dans lequel il est estimé que les capacités militaires britanniques représentent actuellement entre 25 % et 30 % des capacités militaires totales de l'UE. »

Si le brexit a eu lieu comme prévu par le premier ministre britannique, cela n’ouvrirait qu’un autre épisode de négociations endogènes  et exogènes. D’abord le RU avec l’union européenne et en interne avec l’Irlande du Nord. La mission ne sera pas sans soubresauts.

La question qui me taraude l’esprit, est, comment peut-on sortir chirurgicalement sans accord ?

Il vaut mieux un accord avant, qu’après. Si l’option d’un deuxième referendum est maintenue, je pense que le premier  de 51,9% serait difficile à obtenir. Dans ce cas de figure, le Bremain serait la formule de rester dans l’union Européenne.

Attention ! Même  pour rester, il ne s’agit pas de dire  yes,  I remain, oui, je reste, suffit pour rester ? Ou bien, un carton jaune suffit au Royaume Uni comme un mauvais élève de regagner le rang ? Si oui, lequel ? Sinon pourquoi ?

L’Europe, semble ne pas séduire davantage, elle mettrait des gardes fous pour d’éventuels aventuriers « exiters ». D’où le regard est tourné vers les pays qui ont déjà leurs gouvernements de l’extrême droite européenne.  Les unionistes ont raison de rester prudents. L’adhésion au traité de Maastricht n’eût pas le plébiscite escompté, s’agissant de la France, du Danemark et de l’Irlande. Autant pour la sortie, le Royaume Uni se jette dans l’eau pour tester la profondeur et la temperature. Personne d’autre ne veut essayer une eau trouble sans voir sortir ceux qui barbotent pour gagner l’autre rive.  Wait and see.

MAHAMAT ALI HIDJAZI