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Alerte Info: Département de la Tandjilé- le ministre de l'administration du territoire, Mahamat Ismail Chaïbo a relevé de ses fonctions le préfet nommé par un décret pour le remplacer par un autre qu'il nomme par un message radio //

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Publié par Mak

Guerre ethnique  au Tchad
Guerre ethnique  au Tchad

 Elle se déclenche sur une plaine à peine boisée. Celle-ci  se présente comme une calvitie précoce décoiffée. Le titre sonne les glas rappelant une série des sciences fictions. Le relief rocheux affiche les collines délavées, parsemées d’arbres à travers des dunes de sable. L’avancée du désert a dit son denier mot. Le passé récent des communautés qui ne s’épargnaient guère, vire à la violence, faute d’une administration absente, ou qui intervient avec retard.

Cette peuplade regrette amplement son époque glorieuse d’avant la colonisation. Cette dernière qui  réduisit son emprise telle une peau de chagrin, qui se rétracte laissant le conflit entre les mains de l’administration désemparée.

Tout  est réel, le seul imaginaire reste, l’alibi qui conduit les deux groupes à s’entretuer.

 Guerre  Ouaddaï et Arabes

Ce titre laconique  défit l’administration dans la région du Ouaddaï et ses environs. Le conflit se singularise parfaitement par son caractère ethnique. Il propage une antipathie parmi des communautés qui se côtoyaient depuis des siècles. Ce fâcheux incident n’est pas anodin.

A cette circonstance incongrue, Il est indigne de ne pas doigter, celui qui a tort. Cette attitude mitigée n’apaise pas le milieu social délétère. Il ne faut pas avoir le frisson d’avouer la vérité, quand celle-ci comme le soleil, chasse les ténèbres.

C’est le pire des conflits qui puissent exister entre nos communautés depuis leurs histoires récentes. Nous l’avons encore surnommé conflit, c’est pour atténuer les ardeurs de l’introduction.

Il ne revêt pratiquement aucun caractère de conflit ordinaire, sinon semblable à la guerre,  qui se définit comme un état de conflit armé.

Naturellement, nos relations sont altérées par le conflit, qu’il soit mineur ou majeur. Le trouble est calibré à sa  dimension sociale. C’est pourquoi nous mesurons son ampleur par les variantes suivantes. Pour qu’il soit au diapason des conflits, il faut:

  1. Une cause connue ou supposée ;
  2. Limité dans le temps et dans l’espace ;
  3. L’ennemi est identifié ;
  4. Agents mettant en danger les autres ;
  5. Etre soi même la source d’intérêt convoité par autrui etc.

Si tels sont les éléments constitutifs du différend, alors il se justifierait comme dilemme.

Pourtant ce conflit que nous connaissons, est absurde. Il ne donne aucun indicateur fiable sur lequel nous pouvons  toiser les fautes graves, commises par les éleveurs présumés récidivistes. C’est une guerre gratuite. C’est pourquoi les innombrables conciliations ont échoué. Faute de sérieux, elles sont soldées par des affronts ignobles et meurtriers.

Ce que nous vivons en ce moment, ne ressemble à aucun aspect de conflit justifié ni de guerre qui a un véritable mobile. Si ce n’est qu’une hystérie groupale doublée de méchanceté aveugle. Certes, elle ne trouve aucune justification pour attirer la sympathie de la raison. Elle ne couve que la haine viscérale. Y a-t-il des  mains maudites qui tissent les fils d’un foyer de tension vive ?

Elle n’est que honte pour celui qui la manifeste délibérément avec beaucoup de passions. La haine est  corrosive, elle finira par éroder le récipient qui la prépare. Surtout, celui qui l’entretient, ne rencontrera que  malédictions et désarrois sur son parcours.

Cette  guerre est un conflit larvé qui ne date pas d’hier, plutôt récurrente depuis des décennies, malgré les efforts considérables consentis par le gouvernement tchadien. L’administration traçait des couloirs de transhumance pour éviter les heurts sanglants  entre éleveurs et cultivateurs.

La définir comme simple conflit, c’est  minimiser son ampleur sanglante. Pour mieux comprendre le raisin de la colère, il faut observer les champs qui longent les couloirs de transhumance, les aires de repos et aires de pâturages qui sont les causes directes des épisodes de violences.

Bref, il faut temporiser les souffles chauds. Sollicitons  les deux parties en guerre ouverte, la maitrise et la patience. Sinon, nous  allons basculer vers un cycle infernal de violence  qui est le sport favori de Satan. Que Dieu nous protège à jamais de ses manœuvres diaboliques.

Il y avait eu des attaques sporadiques meurtrières, mais celle du 15 Mai 2019 qui correspondit au dixième jour de Ramadan fut la plus meurtrière et l’atrocement organisée que jamais eue, par les agresseurs de la communauté dite des cultivateurs. La déclaration est fracassante (ALTANDHIF) ou purification.

Elle est d’abord un délit, par son caractère prémédité et les actes honteux qui ont suivi les crimes organisés. C’est un appel au génocide en un mot.  Pourtant ces allégations ont fait le tour du monde, sans que personne ne s’en meuve.

Une attaque généralisée fut lancée, ne laissant aucune chance aux campements  Arabes isolés de se porter secours les uns aux autres. Nous avons entendu des obscénités de toutes sortes. Ce sont des ferricks isolés, qui se sont faits attaquer le même jour et la même heure presque.

Ces   groupes arabes qui empruntent les couloirs de transhumance dans la région du Ouaddaï sont tous surpris par la cruauté des attaques simultanées. Ce jour les guerriers agresseurs, concertés ont rompu le carême pour être plus forts, cependant les autres extenués par la soif, donc ce qui présume une victoire certaine. Malheureusement l’attaque n’avait pas donné le résultat escompté.

Pourtant cet acte prémédité est interdit en Islam. La rupture du jeûne, voire la haine meurtrière contre des innocents pendant le mois de Ramadan. Pire encore les cadavres sont systématiquement décapités et enfouis dans des terriers ou puits. Les  agresseurs s’empennent même aux voyageurs arabes isolés.

Il nous revient de prendre cet événement avec beaucoup de sérieux afin de comprendre le pourquoi et le comment de la violence.

L’essentiel, est d’être lucide, trancher en toute impartialité, et prendre le peuple Tchadien à témoin.

Pour éplucher les vraies raisons  de cette hostilité sans précédent, observons d’abord ses racines:

Cultivateurs Ouaddaï et  éleveurs Arabes

Vision régionale : Les Arabes sont des tribus, parmi lesquels des sédentaires et d’autres des éleveurs. Leur langue et leur écriture est l’Arabe et leur religion est l’Islam.

les Arabes sont ils des Tchadiens?

Dès la virginité des forêts denses, la présence des arabes est avérée post coloniale, c’est à dire avant l’invasion française et les tracés des frontières délimitant les Tchadiens en communautés et en nationalité. Voire avant l’existence dudit royaume du Ouaddai, les arabes faisaient depuis lors, partie intégrante de cette contrée.

Qui sont les Ouaddaï ?

Faisant fi aux différents sens du mot Ouaddaï, celui-ci est le nom officiel de l’historique royaume abbasside.

Comme Etat à son époque, le royaume abbasside fut rayonnant et élément constitutif du territoire Tchadien avec les autres royaumes, notamment du Kanem Bornou et du Baguirmi.

Ouaddaï fut la nationalité des citoyens. Comme Tchad qui identifie Tchadien. Il est absurde de renier la réalité historique et se substituer aux autres. Pourtant Ouaddaï,  n’est pas le nom d’une tribu connue dans cette partie de la terre, pour pouvoir hisser une couleur quelconque  en son nom ou un territoire indépendant isolé de la République du Tchad.

Pour comprendre l’enjeu, Ouaddaï est un royaume désagrégé sous l’effet de la colonisation, cependant les communautés éparses s’organisaient après plusieurs décennies à la recherche d’une hégémonie perdue. L’entité Ouaddaï se confondait  avec l’étoffe de la royauté. Une dynastie bafouée qui se cherche, en mal d’existence. Elle est si réduite aujourd’hui,  se conformant aux règles de l’administration locale. Le royaume est réduit à la taille d’une chefferie traditionnelle. C’est une rancune due à sa résistance.

Il n’y a aucun mal en cela, ce n’est qu’une suite logique d’un Etat conquis. Là où le bât blesse, c’est l’absence notoire du sultanat et de sa souveraineté dans l’affiche même au palais royal de Djatinié.

Bien souvent l’histoire bégaie, mais cette fois ci,  elle manque certainement des mots et de logique pour s’exprimer dans une république démocratique pour interdire la libre circulation aux citoyens  Tchadiens. Parler de purification, est une aberration. Personne ne se fait justice soi-même.

Le royaume du Ouaddaï veut renaître de ses cendres par la volonté politique de certains de ses cadres envoutés par le pouvoir et la fortune.

La faille provient du roi apathique déchu, qui donna trop de chance aux obnubilés de l’heure. Ces derniers, qui croyaient prendre le pouvoir par procuration à l’insu des souverains.

Comme se fut organisé à l’époque, ses relations avec les autres royaumes, qui font de sa population, une population hétéroclite, parmi lesquels des nobles, des classes mixtes et des castes. Certains arrivèrent de leurs propres grés,  d’autres contre leurs grés.

Bref, il y avait aussi le produit de la coopération avec les autres royaumes, qui  assaisonne la communauté des souches exotiques. Il eût des communautés de la partie occidentale de l’Afrique jusqu’aux confins de l’Atlantique.

Cette réalité  historique ne doit pas être source de conflits. Nous sommes conscients que les séquelles de l’histoire sont douloureuses et peuvent encore saigner si nous les escarrifions profondément. Restons Tchadiens...

C’est ainsi que furent nés les pays départ le monde et ont su garder leurs fiertés nationales. Un pays est un ensemble d’individus et des communautés qui cohabitent parfois dans la douleur mais gérées par des entités étatiques impartiales. Nul n’est au dessus de la loi.

Il faut plutôt se tourner vers la lune pour comprendre combien de fois, nous sommes à la traine. Une guerre pareille est une cécité politique.

La dynastie Ouaddaï résiste aux tourments sociaux. Elle demeure toujours brillante comme le soleil de midi, malgré les coups fourrés que lui portent certains de ses ressortissants et cadres mal intentionnés.

Est-ce que les Ouaddaï sont  Arabes ?

Fondamentalement le Ouaddaï comme royaume abbasside, Abdel Karim est arabe de souche. L’Etat du Ouaddaï fut fondé sur des bases arabo islamiques à cet effet, l’arabité est son patrimoine, par affiliation et par destination. Nul ne peut lui extirper ce privilège.

Est-ce que, par contre les Arabes sont Ouaddaï ?

Par définition de nationalité, ceci est incontestable, malgré la cohabitation difficile et complexe. Il faut tenir compte de l’étroitesse des liens que tissent ces communautés à travers des siècles. En flash back, les forces qui affrontèrent l’armée coloniale furent des colonnes arabes entre autres : Aguid Rachid , Aguid Djaatné, Aguid Mahaamid etc. sans ignorer la dynastie elle-même qui est Abbasside ,donc descendante de Abbas. Ce qui  laisse un cachet particulier en filigrane, est le caractère matrimonial de celle-ci.

Les arabes furent incontestablement les piliers du royaume du Ouaddaï. Sans complexe, il faut citer ces réalités historiques. Entre autres l’ancienne  capitale Ouaraa qui signifie difficile ou forêt dense en Arabe, jadis occupée par d’autres Arabes, notamment les Tundjur, qui furent repoussés par les Abbassides et qui se lancèrent vers l’Ouest et fondèrent Mondo. Le palais de Djatinié, vient de la tribu arabe Djaatné qui fut la garde royale.

 La terre appartient à Dieu et aux premiers occupants. Dommage qu’aujourd’hui, elle appartient à l’administration et aux plus offrants ou celui qui la revendique.  

 Il y a aussi des arabes disséminés au cœur dudit royaume du Ouaddaï, notamment les Bani Halba. La ville d’Abéché même, tire son nom de Abou Aché ou Abaché, père de Aché; le ferrick de Benihalba où se situe actuellement la SNE.

Quelles sont les vraies causes du conflit ?

Il y a probablement deux :

Cause avouée et autre inavouée.

Ce qui est avoué et officiel, est vraisemblable, ainsi le fameux conflit de mauvaise cohabitation entre éleveurs et cultivateurs comme partout ailleurs. Ce conflit a donné des fils à retordre au gouvernement qui ménage la chèvre et le chou, alors que le problème est ailleurs.

Qu’est ce qu’un cultivateur ?

Le cultivateur, dans notre contexte local, est par définition le sédentaire dont les principales activités sont les cultures vivrières et les cueillettes. Celles-ci, qui s’articulent aux périmètres des villages (Danaguis).

Qu’est ce qu’un éleveur ?

N’est, éleveur que celui qui  s’adonne à une activité principale d’élevage de masse, qui exige de lui un perpétuel déplacement pour s’approvisionner en pâture et en eau.

Entre les deux belligérants, l’Etat est censé maitriser les affronts.

Est-ce qu’éleveur signifie Arabe ?

Eleveur est un nom commun qui se rapporte à l’activité principale d’élevage. Il y a d’autres grands éleveurs au Tchad ; comme les peuhl foulbés, les goranes et les zaghawa.

Pourquoi alors, entre les Ouaddaï et les Arabes les affronts sont permanents et violents ?

Exceptés les foulbés ; parmi les deux derniers, les Arabes sont les plus nombreux et repartis à travers le territoire et sont moins armés de deux groupes d’éleveurs sus cités notamment les Zaghawa et les Gorane.

Pourquoi entre lesdits Ouaddaï et les Arabes, la cohabitation est si difficile en campagne ?

Cette question nous interpelle à plus d’un titre.

Si la version officielle s’avère capitale, celle de conflit éleveurs /cultivateurs, alors l’attaque dans les mines d’or de Kourri au Nord du Tchad n’aurait pas sa raison d’être. Pourtant  au désert, il n y a ni élevage ni champs à brouter. Il n’y a que le désert.

Comme vous l’avez constaté, au centre du pays au mois de Mai, pendant un temps sec qu’aucune goutte de pluie n’était tombée, ni germes ni herbes sèches au sol, le mobile présumé conflit éleveurs et cultivateurs serait il  bien justifié dans ces conditions austères?

Aucune hypothèse ne corrobore  les arguments fâcheux du conflit éleveurs et agriculteurs.  N’est pas ?

Au fait, mais qui part conséquent déclarent la guerre aux arabes qui sillonnent la région du Ouaddaï et ses environs?

Il y a anguille sous roches.

Sont-ils des villages autonomes ou des ethnies connues comme les Maba , les Kodoi , les Abchareb, les khouchta et les kabartou etc.

L’hypothèse  d’une conspiration à grande échelle pour déstabiliser le Tchad est envisageable. Il n’est pas interdit de regarder la copie du Soudan voisin.

  1. Foyer de tension au Darfour avec guerre civile, génocide etc ;
  2. Condamnation du président El Béchir par la TPI, qui cède la division du Sud ;
  3. Referendum du Sud Soudan avec scission d’un nouvel Etat du sud ;
  4. Renversement du Président Elbechir, game over.

Politique

En politique, il y a des passifs à mettre sur la balance de la région et de ses cadres.

Dans une grande région qui regorge de cadres, les ambitions politiques ne manquent pas. Peut être que les cellules travaillent en sourdine avec des services hautement qualifiés.

Quand on tribalise une action, l’adhésion à la meute, est simple et le politicien naïf n’aura pas des discours à cracher. Il suffit d’annoncer les couleurs tribales et le reste va sans dire.

Celui qui a des ambitions politiques cherche à semer la confusion où il trouve sa place de leader dans un conflit fratricide dans lequel il n’a ni parent, ni proche à pleurer.

Dommage  que les gens véreux ne s’abreuvent que du sang d’autrui. C’est pourquoi il faut, à cet effet chercher les raisons inavouées, qui sont la quête du pouvoir.

La renaissance de la souveraineté du royaume du Ouaddaï perdu est un subterfuge. Il faut penser que cette œuvre est orchestrée par une élite organisée qui tire son épingle du jeu, à la merci des cadres naïfs, des operateurs économiques immatures, des petits commerçants qui contribuent et d’autres, qui font des petits métiers en font partie des troupes. Une machine de guerre qui s’autofinance au détriment des  éleveurs arabes.

Que savons-nous depuis lors ?

Il convient de mettre la lumière sur trois événements majeurs qui ont émaillé l’histoire moderne de cette région du Ouaddaï géographique depuis 1980.

  1. Nous nous souvenons encore des années 80 ; où la création du Front de Libération du Ouaddaï Géographique (FLOG), qui avait fait mouche pendant les créations de tendances au sein du GUNT (Gouvernement d’Union Nationale de Transition). A supposer que le FLOG, ait réalisé ses objectifs de libérer le Ouaddaï Géographique, qu’adviendrait il pour le reste du Tchad ?
  2. Nous avons encore les séquelles de l’insurrection d’Aout 1993, dans la ville d’Abéché qui etait suivie par une manifestation dans la Capitale, où des pertes humaines ont été constatées.
  3. La dernière en date, fut la percée des éléments armés, le 13 Avril 2006.

Ce qui nous laisse croire que ce conflit n’est pas orphelin, ce sont les mains qui l’alimentent avec des armes de guerre de gros calibres et des RBG. Nous décomptons des victimes innocentes, chaque jour que Dieu fait.

Le phénomène n’est pas spécifique au Tchad. Il découle des effets collatéraux du mondialisme.

Les Etats seront déstructurés et repartis en ilots de richesses par rapport à leurs ressources stratégiques. Pour mieux les exploiter, il faut séparer leurs centres des décisions. Dans leurs configurations actuelles, ils sont des Etats unitaires donc des Républiques souveraines, Cependant pour avoir une emprise totale, il faut :

  1. La négation du nationalisme ;
  2. Le renforcement du sectarisme ;
  3. Le foyer de tension doit avoir une légitimité historique (entité juridique tel un royaume) ;
  4. Des limites physiques, linguistiques ou confessionnelles.

Nous savons que le Soudan, ne s’est pas tiré d’affaires sans laisser des plumes, son calvaire continue.

Abat les renégats, vive le peuple Tchadien, le Tchad uni triomphera.

Soyons vigilants pour éviter toute dérive catastrophique, devant cette guerre ethnique.

La haine n’engendre que l’hostilité, alors, semons l’amour pour récolter la paix.

A bon entendeur salut.

 

MAHAMAT ALI HIDJAZI