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Publié par Mak

HOMMAGE A BOURKOU LOUISE PREMIÈRE TCHADIENNE DÉPUTÉE

HOMMAGE A UNE GRANDE DAME

HOMMAGE A UNE GRANDE PATRIOTE

HOMMAGE A BOURKOU LOUISE PREMIÈRE TCHADIENNE DÉPUTÉE

 

Boukou Louise kabo est morte  ce 13 juin  2019

 

Dans la paix de la mort, tu rejoins tes condisciples de l’École Primaire Indigène de Moundou (1944-1946) : mon père Service-Léon Tibket Kondy, et les autres camarades Moussa Paul Tcha, Ernest Andang et tant d’autres ainsi que votre jeune et brillant Instituteur de l’époque Julien Djasngaral qui devint ton époux et le père de tes enfants.

 

Dans le silence de la mort, tu retrouves enfin la quiétude auprès de tes camarades, les premiers députés du peuple. Désormais vous veillerez tous sur notre Tchad bien aimé, un des berceaux de l’humanité.

 

Bourkou Louise Kabo, tu resteras pour toutes les femmes de ma génération, et pour toutes celles, à venir un modèle à suivre.  Tu continueras au-delà de l’absence à occuper une place unique dans notre histoire, notre pays et surtout dans nos cœurs.

 

Par ton engagement professionnel et politique, tu as opéré une transformation pour toutes les femmes tchadiennes. Aller à l’école ; exercer un métier au même titre que les camarades masculins ; s’engager en politique ; militer pour la liberté et l’égalité entre les genres.

 

Souvent seule femme parmi tous ces hommes, tu ne baissais ni ta voix ni tes yeux lors des rencontres politiques ou amicales. Tu savais allier virilité masculine et douceur féminine.

 

Ô Grande Dame, petite fille, je t’admirais tant, car tu étais pour moi, la seule femme parmi tant d’hommes pour nous enseigner, nous représenter et nous servir de modèle.

 

Pour tout cela, Bourkou Louise Kabo, tu garderas dans notre pays une place unique.

Certes, il y a des grands hommes ; toi, tu es une Grande Femme.

 

Bourkou Louise Kabo , comme citoyenne tchadienne  je  félicite et   remercie votre génération d’élus.

 

Cette génération à laquelle tu as appartenu est la génération de mon père Service Léon Tibket Kondy, d’Emmanuel Boumié, de Paul Moussa Tcha, de Benoît Pircoloussou,  de Gabriel Houmina de Djimet Paul, de Acyl Ahmat, de Djidingar Dono Ngardoum, et tant d’autres personnalités que j’ai côtoyé à la maison  paternelle.

Cette génération, pleine d’espoirs et de rêves, voulait laisser à la postérité un peuple éduqué, en bonne santé et fier de se sentir «Tchadien », du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest.  Ce que vous avez tenté de réaliser est bon. Soyez en fiers de là où vous êtes. 

 

Comme le disait un grand auteur aux obsèques de l’écrivaine George Sand « Chaque fois que meurt une de ces puissantes créatures humaines, nous entendons un immense bruit d’ailes ; quelque chose s’en va, quelque chose survient. »

 

Bourkou Louise Kabo, toi et tes camarades de la génération des indépendances,

vous avez étés des bienfaiteurs publics. Votre œuvre reste inachevé.

Votre génération a été une puissante créature humaine elle est en passe de disparaître sous sa forme humaine visible.

 

Le flambeau de l’indépendance de notre pays que vous avez été et dont tu es la dernière s’éteint aujourd’hui mais se rallumera sous la forme «idée» avec une nouvelle génération.

 

Oui Grande Dame, les mystérieux souffles qui éteignent les clartés vont au contraire alimenter l’étincelle qui fera jaillir de vraies lumières.

 

Pour te dire Grande Dame que

«Ceux qui sont morts ne sont jamais partis

Ils sont dans l’ombre qui s’éclaire,

Et dans l’ombre qui s’épaissit,

Les morts ne sont pas sous la terre

Ils sont dans l’arbre qui frémit,

Ils sont dans le bois qui gémit,

Ils sont dans l’eau qui coule,

Ils sont dans la case, ils sont dans la foule

Les morts ne sont pas morts»

Birago Diop :  le souffle des ancêtres

 

Pour honorer votre génération

«Pleurons les morts, mais constatons les avènements ; les faits définitifs surviennent, grâce à ces fiers esprits précurseurs. Toutes les vérités et toutes les justices sont en route vers nous, et c’est là le bruit d’ailes que nous entendons.

Acceptons ce que nous donnent en nous quittant nos morts illustres ; et, tournés vers l’avenir ; saluons, sereins et pensifs, les grandes arrivées qu’annoncent ces grands départs» Victor Hugo -   Éloge à George Sand -  1876

 

 

Mme Sabine SOU NGADOY KONDY