Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Alerte Info: Département de la Tandjilé- le ministre de l'administration du territoire, Mahamat Ismail Chaïbo a relevé de ses fonctions le préfet nommé par un décret pour le remplacer par un autre qu'il nomme par un message radio //

Archives

Géo-localisation

Publié par Mak

Dépossédé de son projet,  Hisseine Adamou Camara assigne l’Etat tchadien en justice
Dépossédé de son projet,  Hisseine Adamou Camara assigne l’Etat tchadien en justice

Alors qu’il était rentré du Cotonou où il a pris part au sommet de stylisme et des créations des modes africaies, Hissein Adamou CAMARA, a été l’initiateur d’un festival au Tchad pour valoriser les cultures de son pays d’origine. Mais à la surprise générale bien qu’il ait obtenu un avis favorable de la présidence, son projet lui a été volé par le Ministère de la culture en complicité avec plusieurs responsables politiques.

Il a assigné l’Etat en justice et se bat pour réclamer ses droits.

Il s’est confié à la rédaction de makaila.fr

 

Makaïla.fr : Bonjour Hisseine Adamou, vous pouvez vous présenter à nos lecteurs ?

Hisseine Adamou CAMARA : Je m’appelle Hisseine Adamou Camara, styliste, créateur de mode tchadien. Président du collectif des couturiers professionnels du Tchad regroupés dans l’Association Tchadienne des Couturiers formateurs (ATCF). Je fais la couture depuis mon très jeune âge : dès huit ans.  J’ai voyagé dans plusieurs pays dans la quête de la perfection.

        J’ai fait des études comptables, et J’ai aussi travaillé dans le consulting depuis 8 ans comme expert-comptable-consultant après mes expériences dans les entreprises privées. 

Makaïla.fr : Vous avez été l’initiateur et concepteur du Festival de Mode et Traditions Tchadiennes dites-nous pourquoi vous avez été dépossédé de  l’Organisation?

Hisseine Adamou CAMARA : Nous avons initié un événement de très grande envergure, nous avons voulu touché le peuple, nous avons voulu également prouvé au monde que le Tchad Berceau de l’humanité est aussi riche en couleur et en diversité. Nous reconnaissons ne pas disposer des industries textiles et des grandes merceries, le marché de la mode tchadienne est inexistante, et le tchadien à l’extérieur ne dispose d’aucune identité vestimentaire. Pour réussir cet évènement et lui donner cette connotation nationale, nous avons eu besoin du ministère en charge de la culture à tout début dans la réflexion puis dans l’organisation.  Le ministre Djibert Younous en son temps, nous a envoyé deux personnes du ministère dans notre comité de réflexion à travers la direction de promotion des œuvres artistiques. Après lui Mme Ardjoune Djalal, Puis la ministre actuelle Madeleine Alingué.

Après la présentation du travail, de l’équipe organisatrice et des documents à la ministre fraichement nommée, tous le travail encours fut bousculé : nos correspondances qui devait faire l’objet de soit transmis bloqués, le parrainage du ministère refusé et un silence radio s’est installé pendant que les échéances s’approchaient et que nous devons recevoir plus de 50 créateurs de par le monde pour assister au sommet du stylisme et ainsi promouvoir la culture tchadienne.

Désespérés devant cette situation, nous étions obligés de saisir directement la présidence de la république nous-même afin de sauver cette situation.

Insistants après plusieurs correspondances, le Président de la république nous demande de repartir vers le ministère de la culture pour l’atteinte de nos objectifs : chose normale pour une administration qui fonctionne correctement, mais dans notre cas renforce le blocage déjà entamé par madame la ministre.

Nous n’avons pas baissé les bras et sommes allés vers la première dame qui, qui finalement nous accorde le parrainage a deux semaines des manifestations.

Et ce, après la lettre de parrainage de la première dame que madame la ministre sort de son silence, et nous appelle a plusieurs réunions avec ses conseiller dont un certains Abdoulaye Senoussi du Cabinet WEDECIDER qui était membre de notre comité de réflexion et qui s’occupe du volet communication, qui cette fois devient conseiller de la ministre par coup de baguette magique en charge de notre dossier.

On a commencé par nous demander toutes nos autorisations comme dans un contrôle policier puis les rapports des sommets précédents organisés dans d’autres pays comme pour trouver des failles et nous empêcher d’organiser l’évènement. Choses que nous avions fournies.

Après on nous exige de donner toute la documentation sur l’évènement jusqu’au différents déroulés comme pour bien faire et aider dans l’organisation puis ensuite nous exiger de tout supprimer et de tout organiser en 4 heures du temps et dans un seul endroit : le Radisson Blu.

Puis on nous donne 8 chambres d’hôtels et nous demandent de diminuer nos invités puis la ministre en personne nous dit qu’il n’y aura aucun accompagnement financier.

Nous étions surpris par la suite de savoir le Président de la République a fait le geste aussi petit soit-il et ça devait compter. Mais malheureusement dissimulé dans le but de nous étouffer financièrement.

Après le petit évènement que nous avons organisé par nos fonds propres et qui a eu du succès malgré tout, juste trois semaines plus tard la ministre annonce l’organisation du Festival DAAR qui reprend l’ensemble de nos activités dans un point de presse. DAAR qui devient ensuite Dari puis DARY.

Makaïla.fr : selon nos informations vous avez assigné l’État Tchadien en justice pour quel motif ?

Hisseine Adamou CAMARA : Nous avons assigné l’État Tchadien et les organisateurs du Festival Dary pour avoir récupéré nos œuvres et nous avoir escroqué et abusé de leur autorité pour nous évincer et se prévaloir de nos faiblesses pour tout prendre sans aucune implication ni reconnaissance. Nous étions obligés d’assigner l’État car ces cadres ont exercé en son nom ;

Makaïla.fr : D’après vous quels sont les sont les différents acteurs qui ont contribué à vous écarter de la réalisation de ce Festival ?

Hisseine Adamou CAMARA : À leur tête madame la ministre en personne suivi de coordonnateur de l’ONPTA et le Cabinet WEDECIDER;

Makaïla.fr : Au regard de ce qui s’est passé quel sentiment avez-vous de ce favoritisme institutionnel dont sont victimes nos compatriotes ?

 

Hisseine Adamou CAMARA : c’est une grande déception et une insulte à notre intelligence, c’est une malhonnêteté pure qui finira par faire fuir les cerveaux et créer la méfiance entre nos compatriotes et nos gouvernants ;

Makaïla.fr : si jamais vous n’obtenez pas gain de cause, que feriez-vous ?

Hisseine Adamou CAMARA : Rien du tout moi personnellement je cesserai juste de compter sur ce pays en ce moment. Nous sommes jeunes, et notre créativité est sans limite. Un jour on aura un terrain pour réaliser nos rêves comme on les dessine ;

Makaïla.fr : Comptez-vous saisir une juridiction internationale pour faire valoir vos droits ?

Hisseine Adamou CAMARA : moi je pense que le Tchad doit apprendre à être juste, je n’irai pas ailleurs pour obtenir justice si les tchadiens ne peuvent pas m’en donner ; car la prochaine étape sera considérée comme de l’acharnement pour tourner la machine répressive contre nous et même si ce n’est pas le cas notre énergie servira à bâtir autre chose de mieux ;

Makaïla.fr : quel est le message que vous souhaiteriez envoyer aux autorités tchadiennes pour que votre cause soit entendue ?

Hisseine Adamou CAMARA : des autorités, nous attendons un message d’espoir qui annoncera la bonne nouvelle : une nouvelle qui donnera du sourire à l’ensemble de la jeunesse et de nos compatriotes qui osent et qui osent malgré tout ; Qui croient et qui se battent contre vents et marées pour afficher un nouveau visage du Tchad. 

Interview réalisé par Makaïla N’guebla pour Makaîla.fr