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Publié par Mak

Pour un Tchad nouveau, havre de la stabilité dans la sous région

 

 

La crise actuelle dans le Darfour ne tire pas son origine ni de la nature du régime tchadien, ni du voisinage du Tchad avec le Soudan, moins encore de l’existence des mêmes groupes ethniques de part et d’autre de la frontière entre les deux pays.

La crise du Darfour est très ancienne, profonde, propre au Soudan. Elle tire son origine dans l’histoire politique du Soudan. La contradiction, entre le pouvoir islamo arabe et les populations négro-africaines, était ancienne, latente et diffuse. Cette contradiction était longtemps masquée, couvée  par l’autre conflit qui opposait le pouvoir islamo arabe et les populations négro-africaines animistes ou chrétiennes du Sud Soudan. Au fur et à mesure que le conflit du Sud Soudan se réglait, les autres conflits longtemps latents et de même nature émergeaient lentement, à l’est, dans le Darfour et dans le Djebel Nouba.

La mise en avant de deux facteurs va porter à la connaissance de l’opinion internationale ces conflits :

- Les contradictions internes de la junte militaro islamiste au pouvoir à Khartoum. Contradictions qui ont eu pour résultats, la marginalisation de la tendance islamiste de Tourabi, soutenue par des nombreux non arabes du Nord Soudan.  Ceci a eu pour conséquence le durcissement de la tendance gagnante vis-à-vis de toute manifestation identitaire venant de la part des populations négro-africaines : arrestations massives, assassinats, création des milices supplétives de l’armée pour commettre toutes sortes d’atrocités : assassinats collectifs, vols, pillages, viol, etc.

- L’existence au Tchad d’un pouvoir prédateur, irresponsable a contribué également, de plusieurs manières à raviver le conflit, principalement dans le Darfour : lorsqu’il était encore en rébellion contre le pouvoir tchadien, Deby, lui-même du groupe zaghawa, avait promis aux zaghawa et autres négro-africains du Soudan, qu’une fois au pouvoir, il les aiderait à régler leurs propres affaires. Deby n’a donné aucune suite à cette promesse. Pire, il a marginalisé les zaghawa et d’autres communautés du Soudan, venus dans son sillage ; de plus, quand la junte a exercé une forte répression sur les populations de Darfour, il a refusé d’accueillir les rares rescapés. N’eut été  la mobilisation de la communauté internationale, Deby aurait même refusé d’accueillir les réfugiés, persécutés par la junte soudanaise !!!

Deby ne contrôlant rien, n’administrant rien, a laissé se développer et s’intensifier de manière effrayante le phénomène des razzias et des vols armés de part et d’autre de la frontière, créant ainsi une insécurité criante dans cette région ; pendant ce temps, les populations nomades arabes tchadiennes, parties du Tchad, soit pour des raisons climatiques, soit à cause des harcèlements continus dont ils sont victimes (dû à la mauvaise gouvernance) et ce de la  part des éléments armés incontrôlés, délaissés et livrés à eux mêmes, commençaient à avoir des réels problèmes d’espace agro pastorale avec les autochtones, généralement des négro africains du Darfour.

La rébellion armée dans le Darfour a pris ses racines et a été créée sur ce fond d’insécurité, d’injustice et de répression politique.

Deby a eu d’abord une attitude ambiguë et contradictoire face à la rébellion armée soudanaise. Il suivait de très prêt les tractations de ses anciens compagnons pour la mise en place du noyau de la rébellion, mais n’a pratiquement rien fait pour l’arrêter ; mais une fois celle-ci créée, il a eu une attitude nettement hostile et s’est littéralement allié au régime de Khartoum pour le combattre, le déstabiliser, le noyauter, etc.  Il est devenu pratiquement le cheval de Troie, le fer de lance du régime soudanais, en la matière. Cette attitude hostile aux groupes négro-africains de Deby a irrité le groupe ethnique zaghawa  du Tchad, dont les premiers éléments de la rébellion étaient originaires. Les zaghawa disaient tout simplement que, Deby à défaut d’une aide à la rébellion, aurait dû ne pas les combattre et de ne pas s’ingérer dans les affaires intérieures du Soudan.

 La première crise manifeste de confiance ouverte entre Deby et le groupe zaghawa date de cette époque.

Contrairement à une opinion largement répandue, le Darfour n’est pourtant pas la cause, loin de là, de l’insurrection de la Garde Républicaine (GR) en mai 2004 et plus tard de la désertion des éléments de cette même GR ! Ces crises étaient dues à l’utilisation de l’armée à des fins personnelles et mafieuses et la clochardisation de celle-ci ! La crise du Darfour et plus tard la tension avec le Soudan, ne sont que des alibis pour masquer cette crise profonde que traverse le régime de Deby.

Deby s’est tellement allié au régime soudanais pour détruire la rébellion qu’il a fini par devenir la pièce incontournable du dossier de Darfour et par la même occasion, ce dernier est devenu un objet de marchandage et de fonds de commerce pour Deby ! Cette attitude de Deby a fini par déboucher sur la situation que vit aujourd’hui la région : génocide des populations negro- africaines par des milices arabes armées et financées par le régime islamiste, des vives tensions entre les deux Etats (malgré l’accord des dupes, intervenu entre les deux pays sous l’égide de la Libye), l’intensification de la répression politique au Soudan, la poursuite des actes criminels des milices djandjawids et autres groupes armés sur les populations civiles sans défense et enfin l’augmentation du nombre des réfugiés soudanais au Tchad.

Deby, acculé par son opposition, tente de récupérer et de redevenir le mentor principal de la rébellion du Darfour pour s’en servir comme moyen de pression auprès d’Oumar El Béchir.

Dans cette situation politique aux ramifications complexes du Darfour, il serait difficilement pensable aujourd’hui à une paix juste et durable dans cette sous région, sans la participation directe ou indirecte du Tchad, mais un Tchad dirigé par un gouvernement responsable.

 

Le rôle d’un Tchad apaisé et débarrassé de Deby dans la résolution de la crise de Darfour et au-delà, la stabilité du Soudan.

 

À court terme,

Le nouveau pouvoir que nous ambitionnons d’installer au Tchad sera fondamentalement différent tant par sa nature que par son essence : à la différence du régime pseudodémocratique et clanique actuel, confondu à la seule personne de Deby, la lutte actuelle vise à instaurer au Tchad un Etat de droit et une réelle démocratie, qui donnera naissance à un pouvoir consensuel nous menant à des élections véritablement transparentes et justes.

Avec un tel pouvoir, le pays se dotera d’abord d’une armée nationale, représentative des différents groupes ethniques, si bien qu’aucun groupe ne pourra se prévaloir du droit d’avoir une ascendance sur les autres ou encore le droit d’exporter l’instabilité dans les pays voisins en connivence avec le pouvoir en place.

Avec un tel pouvoir :

-  Le Tchad cessera immédiatement de soutenir, financer, loger ou tout autre appui, directement ou indirectement, les différents mouvements armés du Soudan.

- Le Tchad s’abstiendra de jouer tout rôle complice, dualiste, teinté de mauvaise foi et mercantile et se tiendra strictement aux respects des principes de l’Union africaine, la non-ingérence dans les affaires intérieures des Etats.

- À la demande des parties et en collaboration avec les partenaires internationaux, le Tchad jouera un rôle positif, juste et impartial  pour ramener une paix juste et durable dans le Darfour en préservant les intérêts de toutes les parties.

 

À long et moyen terme

 

L’instabilité à la frontière entre les deux pays est largement favorisée par le laxisme de l’administration territoriale tchadienne, par le manque d’une politique sociale cohérente, et par la clochardisation des hommes en armes.

Le nouveau régime prendra toutes les dispositions pour renforcer en moyens et autorité, l’administration territoriale en vue d’endiguer le phénomène des razzias, phénomène largement encouragé par la complicité active des hommes en armes.

Les milices djandjawids, aujourd’hui auteurs des nombreux crimes dans le Darfour, sont composées en majorité des populations arabes nomades tchadiennes. Ces populations ont émigré du Tchad pour plusieurs raisons, entre autres :

- le manque d’une politique en matière agro pastorale, d’où un conflit permanent avec les populations sédentaires du Tchad et la tendance d’aller ailleurs que chez soi ;

- les populations rurales nomades sont victimes de toutes sorte des tracasseries de la part des différents services de l’administration territoriale.

 

            Il est impératif de mettre en place une politique sociale à l’endroit du monde rural nomade, d’une part, et la création effective des couloires de transhumance et leur suivi régulier, d’autre part. Le nouveau pouvoir créera des conditions favorables pour une fixation des nomades dans les limites du territoire national, évitant ainsi la manipulation et l’utilisation des simples paysans nomades sous formes des milices ou des supplétifs de l’armée des pays voisins.

 

Le Tchad cessera d’être la principale source d’instabilité en Afrique centrale ; les militaires tchadiens transformés en mercenaires officiels, ne sillonneront plus le continent pour porter l’instabilité et la désolation chez d’autres peuples d’Afrique.

De plus, le Tchad n’abritera et prohibera toute forme d’incitation et de formation des élites du terrorisme islamiste international.

 

L'opposition Tchadienne

NDLR: ce document a été transmis en 2005 à DAKAR au président Abdoulaye Wade par l'opposition tchadienne en exil.

 

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