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Alerte Info: Au Tchad, 41 partis politiques signataires d'une lettre ouverte qui interpelle Idriss Deby sur le processus électoral et le climat politique délètère dans le pays //

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Publié par Mak

Au Guéra, un chef de village et les membres de sa communauté pris en otage:  la CTDDH exiger leur libération sans délai

Point de presse

 

                                                                                                           

 

Donné par la Convention Tchadienne de Défense des Droits de l’Homme(CTDDH)

 

Mesdames et Messieurs les journalistes, honorables invités ;

 

En date du 22 Septembre 2018, le chef du village Louga dans la commune d’EREF, RAMADAN YOUSSOUF, ABDELNASIR TOM ainsi que HASSAN MOUSSA ont été arrêtés arbitrairement  sur ordre du Gouverneur de la province du GUERA monsieur MAHAMAT ALI HASSABALLAH. Pendant  leur détention, Ces  pauvres citoyens ont subi des tortures, sévices, traitement inhumains et dégradants par les forces de l’ordre de MANGALME, avant d’être transférés à la Brigade de MONGO où ils seront détenus illégalement pendant plusieurs jours.

L’origine de cette affaire remonte au litige foncier ayant opposé le sieur RAMADAN YOUSSOUF et autres contre le sieur ANNOUR ABAKAR. Ce dernier, habitant du village LOUGA réclame la propriété du champ litigieux, et soutenant qu’il a hérité ce champ de son grand père. Tans disque, RAMADAN YOUSSOUF, chef dudit village, a fait savoir qu’il a personnellement attribué ce Champ à cultiver à son allogène conformément aux us et coutumes de la localité.IL soutient que ce champ est la propriété exclusive de ses grands-parents dont il était l’hérité légitime.

 

En date du 17 mars 2011, le Tribunal des Grandes instances de MONGO, dans son jugement civil, avait déclaré RAMADAN YOUSSOUF et autres légitimes propriétaires des champs querellés. Dans son arrêt civil n° 040/2014 du 09 juin 2014, la chambre civile de la Cour d’appel d’Abéché, avait confirmé le jugement rendu par le TGI. Enfin, en date du 08 aout 2017, la chambre judicaire, section civile et coutumière de la Cour suprême, dans son arrêt n°054/CS/CJ/SC/17 avait déclaré  non fondés les arguments développés par ANNOUR ABAKAR, en conséquence, elle  avait rejeté le pourvoi en cassation formé contre  l’arrêt sis visé.

 

Eu égard à cette décision judiciaire ayant acquis l’autorité de la chose décidée, et au lieu de la mettre en application comme lui exige la loi, contre toute attente  le Gouverneur de la province du Guera MAHAMAT ALI HASSABALLAH a non seulement refusé d’exécuter l’arrêt mais il l’a aussi violé dans toutes ses dispositions. C’est ainsi qu’il a ordonné les éléments de force de l’ordre de mettre aux arrêts le chef du village RAMADAN YOUSSOUF et ses proches.

En date du 26 septembre dernier, aux environ de 1heure du matin, ces citoyens sont enlevés de la GENDARMERIE DE MONGO, et aucune personne n’a eu de leurs nouvelles.

Selon les indiscrétions, ils seraient en train d’être acheminés  à Korotoro.

 

La Convention Tchadienne de Défense Droits de Homme(CTDDH) est une fois de plus indignée par cette pratique qui relève de l’époque de l’ETAT de nature. Ces  actes ignobles encouragés par Idriss Deby qui portent gravement atteinte à l’intégrité physique et morale des victimes doivent être condamnés avec la dernière énergie par tout individu épris de justice sociale.

 

La CTDDH, souligne que ces agissements irréfléchis et irresponsables sapent totalement le fondement d’un Etat qui se veut de droit.

 

La CTDDH, rappelle à M. MAHAMAT ALI HASSABAALLAH, que son lien familial avec le demandeur au procès dont il est le beau frère, ne lui donne aucunement le droit de mettre en cause l’autorité du pouvoir judiciaire qui est censé être indépendant.

Mahamat Ali Hassaballah aveuglé par le zèle dont il fait montre pour plaire a Deby a une fois de plus montré son incapacité a gérer les conflits fonciers.

 

La CTDDH, souligne également que, ce genre d’enlèvement des paisibles citoyens effectué perpétuellement par  les Gouverneurs des provinces  ne reflète guère l’image d’un Etat de droit où les citoyens doivent se sentir en sécurité en tout lieu  jouissent de la plénitude de leurs libertés et droits fondamentaux.

 

Enfin, La CTDDH, exige la libération immédiate et sans condition des otages détenus par Mahamat Ali Hassaballah ; elle rend  ce dernier entièrement   responsable de tout ce qui adviendra.

Elle reste saisie de la question jusqu’au dénouement total de l’affaire.

 

Nous vous remercions de votre aimable attention.

 

 

                                                                                                         N’Djamena le 01/10/2018