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Publié par Mak

Le Tchad sombre dans un tournant théocratique ou bascule monarchique?

 

PAUVRE TCHAD PAYS DE MES ANCETRES !

HIER UNE Ière REPUBLIQUE LAIQUE ET PROGRESSISTE

AUJOURD’HUI UNE IVème REPUBLIQUE : 

Tournant théocratique ou bascule monarchique ?

 

Tous, nous savons que l’indépendance n’a pas été acquise par une lutte armée, mais elle a été octroyée rapidement pour éviter justement cette lutte armée.

Certes, la 1ère République était officiellement dirigée par le président et son gouvernement, mais en réalité le colonisateur, sous le couvert de la coopération technique, avait la main mise sur l’essentiel.

Admettons que les premiers présidents du pré carré francophone dont N.F. Tombalbaye n’avaient pas les mains aussi libres que ceux d’aujourd’hui. Néanmoins, pour notre pays le Tchad, les travaux forcés et autres asservissements physiques moraux, psychologique, économiques, des populations avaient cessés. L’arbitraire à l’égard de l’individu lambda a cessé également. La domination d’une communauté, sur l’ensemble des autres, n’existait pas. Oui, la 1ère République appartenait à tous les citoyens tchadiens.

Nous souhaitons, dans ce billet en parler. Car en parler c’est aussi en faire un bilan sommaire, c’est évoquer celui qui en fut le premier magistrat devant l’histoire : le président Ngarta Tombalbaye.

Nous nous interrogeons, tout de même, sur l’opportunité de cette 4ème république. Actuellement, le président du Tchad peut tout se permettre car sa baraka s’appelle le terrorisme et sa force de frappe l’argent du pétrole, et des jeunes hommes inépuisables serviables dont il dispose et peut envoyer sur les théâtres de toutes les guerres, partout.

Alors !  Une 4ème république pourquoi faire ?

Puisque depuis bientôt 30 ans le pays est géré de manière quasi monarchique, le peuple du Tchad semble s’accoutumer à cela car il n’a plus de liberté de manifester de se soigner, de se nourrir correctement, de s’éduquer …

Le peuple tchadien s’est habitué à voir la caravane passer, chargée de victuailles. Il voit la richesse de son pays se transformer en billets d’Euros et de Dollar sonnants et trébuchants voltigés et piétinés lors des différentes festivités des monarques de la république ou de leurs rejetons alors que lui crève de tous les manques.

Pourquoi donc se besoin d’ériger une autre république alors que celle en place permet tout ? Alors qu’elle semble être validée par ladite communauté internationale avec l’onction de l’ancienne métropole coloniale.

 

 

I -  Le premier président de la Ière République   François Tombalbaye 

 

Il avait dit : le 11 juin 1965 : « Ma conduite sera conforme à l'intérêt permanent de la nation non pas en tant que fils de fort Archambault ou sudiste ou chrétien, mais en tant que citoyen, car cet attribut est au-dessus de tout »

Le 8 avril 1975 (dernier discours) : « Soldats du MNRCS, militants du MNRCS, réveillez-vous ! Revêtez-vous de vos forces ! Sans halte et sans escale, combattez ces néo-colons, ces pseudo-patriotes. Plein d’eux-mêmes, arrogants, hautains et superbes, ils vous méprisent tout en cherchant à grimper sur votre dos pour assouvir leur soif de pouvoir. Je sais qu’ils n’ont pas d’audience auprès de vous puisque assimilés, déculturés, ils n’ont jamais eu la délicatesse ou le courage de partager vos vies et vos angoisses. Occidentalisés à faux, ils vous prennent pour des sauvages et vous traitent comme tels…... »

Et le président de continuer « ...Compatriotes militants et militantes du MNRCS nous avons semé à pleines mains. La moisson est proche. Le jour peut-être n’est pas loin où nos angoisses se changeront en joie, où la misère s’éloignera de nos portes…La bataille autour de l'exploitation de notre pétrole se poursuit ardemment. …Toutes ces tentatives de coups d’État, …toutes ces crises artificielles suscitées sur notre route n’ont pas d’autres buts que d’éloigner le bonheur de nos rives. Ils ne veulent pas, ces têtes de criquets, qu’un jour nous soyons assis à la table des négociations du pétrole. »

Et de conclure « A vous, militantes, militants de base je dis : L'ère de la passivité est définitivement close pour vous et pour le Tchad ! Préparez-vous à faire face à l'histoire, le front haut, l’âme fière…Il y va de votre salut, de celui de vos femmes et de vos enfants. Soyez prêts ! » 

François Tombalbaye, premier Président de la République du Tchad, est né à Bessada dans le Moyen Chari le 15 juin 1918. Enseignant de profession, il a eu à diriger le pays du 11 août 1960 au 13 avril 1975, soit 14 ans 8 mois et deux jours.

Enseignant, syndicaliste, militant politique, Tombalbaye a voulu ardemment construire une Nation. Mais hélas, la dichotomie Nord – Sud, et surtout l'ingérence incessante de ces deux riches voisins, pays musulmans, le Soudan à l'Est et la Libye au Nord, et sans compter avec les autres pays arabes Algérie, Égypte, ont eu raison de cette volonté de créer une nation tchadienne laïque, unie et en paix. Déjà bien avant l'indépendance, certains ressortissants soudano-tchadiens ont manœuvrés pour que les deux entités socioculturelles Nord et Sud ne puissent connaître une cohabitation pacifique.

Un président visionnaire

À bien avoir, réécouté ou relu les discours du président Tombalbaye, on s’aperçoit très vite que dans leur immense majorité, ils véhiculent des messages prémonitoires. Celui publié par Mr Garondé Djarma fait partie de ceux-là. Visionnaire il l'était. Il a décrit dans un de ses discours, ce qui adviendrait du Tchad après un coup d'état militaire. L'histoire récente, et la réalité actuelle du Tchad lui donne totalement raison.

Tombalbaye savait longtemps avant le coup d'état que des manœuvres sont enclenchées pour le faire partir du pouvoir. D’où le durcissement de son pouvoir avec les diatribes contre les « do-pelés » aux « cous-pelés », les « corbeaux avertis », etc

Il savait déjà que son allier historique la France l’avait lâché. Alors il s’était tourné vers d'autres partenaires : les USA pour l'aider à exploiter le pétrole de Miandoum, l'URSS pour lui former le personnel de l’armée et les cadres supérieurs civils et, pour développer la coopération Sud-Sud, les pays africains : Sénégal, Togo, Dahomey pour lui fournir les professeurs du secondaire.

C'est aussi la période où il disait des paroles qui sonnent aujourd’hui comme des prémonitions. Il lui arrivait d’inviter quelques personnes et leur parlait de l'avenir du Tchad après lui. Une de ces personnes s’en souvient: Tombalbaye nous a parlé ce jour-là des différentes composantes ethniques de notre pays. Il a une parfaite connaissance des différentes communautés ethniques tchadiennes. Avec gravité, il nous dit, « ne confiez surtout pas la présidence à un ressortissant de la frontière.

 

Il va livrer le pays aux siens de l'autre côté de la frontière, par contre cette autre ethnie saura, quant à elle, bien gérer le pays. Si c’est une personne de l’ethnie x qui gouverne le pays, elle vendrait le pays, ferait massivement appel au soutien financier de ses semblables étrangers qui disposent de beaucoup d’argent car cette ethnie-là se croit supérieur à tous les autres Tchadiens. Se tournant vers ses invités du nord, il leur disait: même musulmans que vous êtes cette ethnie ne vous considèrent pas, car vous êtes noirs. Elle vous traitera comme des esclaves. Quant aux ressortissants du Sud ils seraient, soit islamisés de force soit marginalisés.

Tombalbaye savait très bien que les grands commerçants tchadiens qui exerçaient librement leurs activités sous son règne, envoyaient de l'argent au FROLINAT. Un jour, il a réuni quelques-uns à la cité de l'OCAM où il résidait et leur avait dit : je sais que vous envoyez de l'argent au FROLINAT, mais vous verrez quand ils prendront le pouvoir, vous n’allez plus avoir cette liberté que vous avez d'exercer vos activités. Là encore Tombalbaye avait eu raison, car plusieurs grands commerçants de son époque ainsi que certains hommes politiques historiques du nord ont étés massacrés par ordre de Hissène Habré entre 1979 -1982.

François Ngarta Tombalbaye : Un pays, une administration, une armée nationale, et une fierté en héritage.

Avec le temps, les Tchadiens, commencent à accorder une place importante à cet homme et aux paroles qu’il a dites. 

Il faut bien admettre, aujourd’hui, qu’il reste celui qui a cherché, en vain, à faire du Tchad une NATION honorée, et des Tchadiens un peuple uni et fier.

Quoiqu'on pense de sa gestion, pendant son règne le Tchad a été un pays respecté, et respectable. Aujourd’hui, le Tchad est vu partout dans le monde comme un des pays le plus corrompu. Beaucoup de Tchadiens sont considérés comme des trafiquants, des voleurs des pillards et ceux qui gèrent les deniers publics sont des jouisseurs arrogants et sans scrupule qui jette de l'argent juste pour montrer qu’ils en ont alors que des millions de leurs concitoyens crèvent (faim, soif, chaleur, maladie etc..) dans une pauvreté sans nom. Dire cela est un euphémisme.

 

 

 

Bel héritage disparu

Le Tchad de Tombalbaye était parmi les plus pauvres pays d'Afrique, il n'avait encore exploité ni pétrole, ni ciment, mais les écoles, les collèges, les lycées, la seule petite université, les dispensaires, les Postes de Télécommunication et de téléphone fonctionnaient. Il n’y avait pas beaucoup de routes, mais toutes les grandes villes sont reliées entre elles. Pas de grands aéroports mais toutes les grandes et moyennes villes du Tchad avaient un aérodrome qui recevait un vol au minimum par semaine. Il n’y avait pas un Air bus 390, mais des petits avions qui rendaient service à la population. Cette compagnie qui exploitait ces avions s'appelait Air Tchad. Elle n’appartenait pas à la famille ni aux enfants ni à un cousin de Tombalbaye. Elle était une compagnie nationale tchadienne, gérée par des cadres tchadiens compétents sous la surveillance technique de l'ASECNA. Il y avait une armée nationale, composée des différentes ethnies du pays. Chaque année l'armée formait des jeunes des quatre coins du pays dans les différentes écoles militaires.

A N’Djamena, les axes principaux sont bitumés et fleuries. Les salaires sont payés tous les 22 du mois. La douane versait les recettes au trésor ce qui permettait de faire fonctionner le pays même si la France y contribuait. La manne c'est l’élevage et l'agriculture.

L'industrie commençait à voir le jour. Les usines de la Cotontchad anciennement Cotonfranc fonctionnaient et achetaient le coton aux cotonculteurs. Les usines cotonnières pressaient les graines de coton et en fabriquaient du savon. Une partie du coton tchadien permettait à la Société de Textile du Tchad de fabriquer des pagnes. La société sucrière permettait de fabriquer du sucre et donnait du travail aux Tchadiens.

Tout ceci a disparu. Tout ceci a été sciemment détruit, soit parce que fonctionnant au Sud du pays soit par volonté d'importer les produits des pays voisins amis. Le cas du sucre importé du Soudan précipitant la faillite de la SONASUT est un cas d'école qu'il faudrait un jour expliquer au peuple tchadien devant « un tribunal économique ».

Il faut le dire haut et fort que si à l’époque de Tombalbaye certaines usines avaient été construites dans le sud du pays, ce n'était pas parce que le président était originaire du Sud, mais c’est parce qu’on ne peut ouvrir une usine de coton à Faya, Abéché ou à Fada. Il n’y a là aucune volonté de brimer une région par rapport à une autre. Par exemple la SODELAC à Bol, était une belle et grande fierté de notre pays. La ville de Bol ne se trouve pas dans le Moyen Chari région du Président.

Oui, on aurait pu ouvrir une usine de traitement de dattes, de viande de chameaux ou de zébu dans une des villes du Nord au lieu d’ouvrir la SIVIT à fort Archambault, mais, là encore, ce fut pour des raisons de rentabilités économiques et de marché. La SIVIT avait été créée pour exporter la viande en Afrique Centrale notamment en Centrafrique, au Cameroun et aux deux Congo.

Tombalbaye ne voulait ni faire de Sarh la capitale du Tchad ni Bessada son village le point central de tout. Quand on passe devant Bessada, resté tel quel, malgré l'accession de son illustre fils à la présidence, on peut se demander, est-ce bien le village d'un président ? Il aurait pu ériger Bessada en centre intercontinental, y bâtir un hôtel de luxe, et un marché international de n’importe quoi, même si tout cela paraitrait proprement ridicule.

Tombalbaye aurait pu reprendre l'idée de l'administration coloniale qui, au départ, voulait faire de Fort Archambault la capitale du Tchad. Or, lui, il ne voyait pas le développement du pays sous l'angle tribal.

Concernant sa famille, ses enfants

La plupart des membres de sa famille directe vivaient de leurs travaux champêtres.  Bien sûr que leurs conditions de vie s’étaient améliorées. Mais pas dans l'excès et l'arrogance.

Certains de ses enfants étaient scolarisés à l'étranger. Et alors ! Bien sûr aucun tchadien n'a été giflé, insulté, humilié par un enfant biologique du Président Tombalbaye.

D'ailleurs ceux qui se montraient dans la ville comme étant de la présidence, filles ou garçons, n'étaient pas ses enfants biologiques.

La discrétion de ses enfants frisait la timidité. Il fallait voir Salomon son fils aîné. Sa fille cadette a vécu aux alentours de Sarh comme une simple paysanne, elle se faisait soigner au dispensaire de la SONASUT. Ces autres enfants ont réussi par leurs propres compétences après la mort de leur père.

Tombalbaye n’avait placé de l’argent ni en Suisse, ni à Paris ni à Vienne. Il n’a acheté ni château, ni immeuble, ni appartement nulle part.

Oui l’histoire, sous la plume, de ceux dont les parents sont morts sous son régime peuvent retenir qu’il a été un sanguinaire. Seulement avait-il été plus que ceux qui l’on précédé ces quarante dernières années ?

Il est normal que tous, en tant que démocrates, nous devons nous incliner face à leur douleur. Mais pas parce qu’ils sont de telle ou telle région mais parce qu’un dirigeant ne doit en aucun cas massacrer ses propres citoyens. S’engager en politique et en devenir un Président c’est veiller sur son peuple, améliorer sa condition de vie sans distinction.

Il faut savoir que parmi ceux qui sont morts sous le régime de Tombalbaye il y’avait aussi ceux qui font partie de ce groupe générique dit « les sudistes ou les Sara ».

Le premier Président Tchadien, François Ngarta Tombalbaye de sa Tombe à Bessada ne peut plus se défendre, mais son idée de laïcité et ses idéaux du progrès pour le Tchad, sont à garder intactes. Il voulait construire une Nation et un peuple fier de sa diversité et riche de ses cultures.

Enfin, il est de ceux qui ont honorés notre pays alors qu’aujourd’hui tant d'autres le déshonorent, le détruisent

Qu’est devenu l’héritage de la 1ère République de François Ngarta Tombalbaye le 1er président du Tchad ?

Marguerite Odile Kabatchang