Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Alerte Info: Médias au Tchad- Reporters Sans Frontière (RSF) est préoccupé par le risque élévé qui pése sur les journaux tchadiens indépendants menacés de fermeture. L'Organisation a appellé la HAMA à renoncer à ces sanctions qui ne se justifient pas // La candidature à la présidentielle 2021 du Maréchal Idriss Deby contestée dans un mémorandum signé par plusieurs partis d'opposition au Tchad qui appellent ce dernier à renoncer à se présenter //

Archives

Géo-localisation

Publié par Mak

Lettre ouverte à l'Ambassadeur du Niger au Canada

Abbas Kayangar                                                           Montréal, le 24-10-2017

Montréal Canada

 

A

A son Excellence Monsieur l’ambassadeur du Niger au Canada

38 Blackburn Avenue Ottawa Ontario K1N 8A3

Canada

 

Monsieur l’ambassadeur,

 

L’arrestation par vos services de sécurité à la demande du gouvernement tchadien de mes compatriotes Mahamat Hassan Boulmaye, Ahmat Adoum YACOUB et Youssouf Abderaman Issa est un acte grave et une violation flagrante de l’article 93 du pacte international relatif aux droits civils et politiques et de l’article 6 de la Charte Africaine des droits de l’Homme et des Peuples. La majorité de Tchadiens abusés et écrasés sous le poids de la mauvaise gouvernance du régime de Ndjamena désapprouvent à sa juste valeur cette fonction de sous-traitance de la dictature tchadienne dont s’est arrogée dédaigneusement votre pays. C’est tout simplement scandaleux et honteux pour votre pays qui se permet d’arrêter des personnes qui luttent pour que la souffrance du peuple Tchadien cesse face à un régime inique, décrié et vomi par tous les fils du Tchad.

Excellence Monsieur l’ambassadeur, le gouvernement du Niger foule honteusement au pied des actes qu’il a pourtant ratifiés notamment la convention de Genève de 1951 relative au statut des réfugiés car, vous n’êtes sans ignorer que les trois personnes ci-haut citées sont des refugiées. Advenant que votre pays extrade ces pères de famille, le Niger commettrait une erreur fatale et inadmissible que le peuple ne le lui pardonnera jamais. Déjà, dans le passé, votre pays a sous-traité « le convoyage de compatriotes tchadiens » vers Ndjamena où ils furent tout simplement soumis à des traitements cruels et assassinés.

Ecrivain tchadien, professeur d’informatique et ancien cadre de la police tchadienne vivant à Montréal au Canada, je suis prêt et disponible à vous rencontrer à tout moment pour discuter des dangers réels de mort qui planent sur ces compatriotes advenant que votre pays les extrade vers le Tchad. Je vous informe que la diaspora tchadienne et les associations de défense des droits de l’homme useront de tous les avenus légaux pour mettre le Niger face à ses responsabilités et sa complicité agissante pour l’envoi de ces trois compatriotes vers une mort certaine.

Comme des milliers de Tchadiens, je joins ma voix à celle de la famille de vos prisonniers arrêtés illégalement, à celles de leur amis et camarades de lutte pour nous en remettre à votre diligence afin que vous preniez toutes les mesures qui s’imposent pour transmettre au gouvernement du Niger nos vives inquiétudes quant au sort macabre, inhumain et cruel qui sera réservé aux compatriotes Mahamat Hassan Boulmaye, Ahmat Adoum YACOUB et Youssouf Abderaman Issa s’ils sont extradés vers le Tchad car, nous croyons avec sincérité et avons de fortes craintes que ces derniers, une fois au Tchad risqueraient sans aucun doute des traitements cruels, inhumains, dégradants et inusités qui précèderont une mise à mort sans aucune forme de procès.

Croyant à votre sentiment de père de famille et votre bienveillance, j’ose croire que vous useriez de vos prorogatifs pour ramener à la raison votre gouvernement de ne pas envoyer ces compatriotes, ces pères de famille à une mort certaine qui provoquerait une absence qui rendra la vie dure à leur jeune progéniture. Mettez-vous à leur place, accepteriez-vous que l’abrupte réalité qui s'impose aux enfants quand leur père disparaît du quotidien laissant place au manque, plus ou moins aigu se fasse chez les jeunes enfants de ces trois prisonniers ?

Veuillez agréer, Monsieur l’ambassadeur, mes salutations les plus respectueuses.

 

Abbas Kayangar