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Publié par Mak

Tchad: Idriss Deby interpellé  dans une lettre ouverte par une coalition d'organisations de la société civile

Madame et Messieurs  les Responsables des Organisations de la Société Civile

À

Monsieur le Président de la République du Tchad, Chef de l’Etat

 

Objet : Lettre ouverte

 

Monsieur le Président,

 Vous avez pris le pouvoir en décembre 1990 en suscitant un immense espoir aux Tchadiens. Au fil des jours, l’idée de démocratie avec son corollaire de libertés individuelles et collectives brandie est mise à rude épreuve. La Conférence Nationale Souveraine(CNS) dont les conclusions ne sont guère mises en application, ainsi que l’accord du 13 août  2007 dont le titre 4 a été occulté, ont été des occasions ratées pour faire du Tchad un havre de paix.

Les résolutions de la CNS, si elles étaient mise en œuvre, auraient permis à ce stade une évaluation afin de régler les imperfections et de permettre au Tchad de régler ses problèmes et d’avancer; il en est de même de l’Accord politique du 13 août 2007.

De nombreux autres forums corporatistes ont vu le jour comme les états généraux de l’Education, de la Justice et de l’Armée ; cependant, l’application des conclusions pose toujours problème. Pour citer un exemple, l’Etat unitaire fortement décentralisé retenu à la CNS comme forme de l’Etat n’a jamais été vraiment expérimenté. En réalité, tous les pouvoirs sont concentrés dans la capitale, entre les mains du Président de la République que vous êtes. La Constitution, qui est la loi fondamentale, a été modifiée en 2005, et taillée à votre mesure et à celle de vos amis et parents qui vous entourent. C’est ainsi que vous vous êtes prémunis de toutes les garanties nécessaires pour être au pouvoir à vie, notamment en enlevant la limitation du mandat présidentiel, même si aujourd’hui vous voulez en faire porter le chapeau par la France, alors que c’est bien vous, le Président du Tchad, qui êtes avant tout responsable devant les tchadiens et non la France.

Comme si cela ne suffisait pas, après avoir pillé toutes les ressources pétrolières et autres au détriment du peuple tchadien, vous continuez à emprunter pour aggraver la situation d’endettement du Tchad. Paradoxalement, vous appelez la population que vous avez déjà sacrifiée sur l’autel de la gabegie et du clientélisme, à d’autres sacrifices passant par des mesures antisociales. Ces dernières mesures amènent la population lentement mais sûrement vers, cette fois, le sacrifice suprême qui ne dit pas son nom. Vous avez géré le Tchad pendant plus de 26 ans, sans partage, et les tchadiennes et les tchadiens  dans leur ensemble payeront des dettes dont ils n’ont pas profitées et ce, pendant  des générations entières.

Vous vous moquez encore une fois de plus de vos concitoyens en engageant un processus de réformes institutionnelles dont l’objectif est toujours de pérenniser votre règne au pouvoir. Le forum que vous préparez est une mise en scène pour consacrer la  dévolution monarchique du pouvoir au Tchad que  vous caressez le rêve depuis belle lurette.

Monsieur  le Président,

Le Tchad a besoin d’un vrai dialogue inclusif pour recoller les morceaux que vous avez contribué à casser.  Pour ce faire, nous  vous demandons de prendre la sage décision de surseoir à l’organisation dudit forum. En lieu et place, qu’il vous plaise de convoquer un dialogue inclusif, ouvert à toutes les forces vives de la nation. Un tel dialogue permettrait que des solutions idoines soient trouvées aux maux qui gangrènent le pays à savoir: injustice, l’impunité, népotisme, inégalité, clientélisme, et à un très haut degré la corruption  institutionnalisée et encouragée. Au cours d’un tel dialogue la société civile soumettra ses propositions.

Les problèmes du Tchad ne sont pas au niveau des institutions mais celui du système que vous et votre parti, le MPS, avez mis en place.

Très haute considération.

Tchad: Idriss Deby interpellé  dans une lettre ouverte par une coalition d'organisations de la société civile