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Publié par Mak

Election du Président Emmanuel Macron : Saut de génération  En Afrique, une nouvelle génération surgira t – elle?  Et la France-Afrique survivra-t-elle ?

Election du Président Emmanuel Macron : Saut de génération

En Afrique, une nouvelle génération surgira t – elle?

Et la France-Afrique survivra-t-elle ?

 

L’élection de ce jeune président de 39 ans est bel et bien l’expression de la volonté d’une nouvelle génération qui notifie sa prise de pouvoir politique en France. C’est même une nouvelle page de l'histoire des relations internationales, et plus particulièrement avec l’Afrique Francophone, qui va s’écrire sous nos yeux.

Même si, pendant la campagne électorale, le candidat a multiplié les références à la figure historique qu’est le Général De Gaulle, il est assurément trop jeune et n’a plus rien à voir avec la politique africaine « faucardeuse ou faucardienne » menée au temps du grand homme.

 

«En marche» une Génération qui parle numérique

Cette génération «En marche», est codée, normée en langage numérique, et penche désormais vers «l’intelligence artificielle». Aussi, c’est probablement les «Algorithmes» qui seront utilisés pour analyser les relations diplomatiques, les données socio-politiques et même pour anticiper les problèmes sociétaux comme cela se fait déjà pour la gestion des portefeuilles en bourse. De tout cela certains États africains francophones, et notamment un pays comme le Tchad, semblent bien éloignés.

 

Et maintenant que fera cette jeunesse africaine étouffée par les dictatures ?

Bien sûr, la petite partie de celle qui est instruite peut être en phase avec celle arrivée aujourd’hui au pouvoir en France. Mais, faudrait-il, qu’elle soit libre de réfléchir et concevoir une stratégie pour prendre le pouvoir et instaurer la démocratie, seule possibilité de vaincre la misère de masse et développer le continent.

 

Faudrait-il que les présidents au pouvoir, à perpétuité, puissent être dégagés avant qu’ils ne transmettent le flambeau du pouvoir à leurs rejetons ou épouses ?

 

Faudrait-il que la jeune génération africaine soit insoumise et se convertisse au «dégagisme »? Faudrait-il qu’elle fasse sa révolution générationnelle elle aussi ?

Le vrai problème de la jeunesse africaine aujourd’hui est de répondre à : « To be or not to be, that is the question » [1]

 

En fait, même si la jeunesse africaine du Web, de la mondialisation, des réseaux sociaux, de la culture numérique et des start up, jubile parce que le jeune Président E. Macron et son équipe leur ressemble, il va falloir qu’elle se dépêche de prendre son destin en mains car, l'Afrique n’est plus la priorité pour la France d’aujourd’hui et la construction d’une relation avec l’Afrique n’est pas inscrite à la première page de l’agenda du nouveau « jeune President ». Sa priorité est la lutte contre le terrorisme, la remobilisation et le renforcement de l’ Europe pour qu’elle soit plus solidaire et plus forte pour aller conquérir le monde.

Génération de « République En Marche » est aussi la Génération ERASMUS[2]

 

Il faut savoir que cette génération française tout comme celle des jeunes européens qui arrivent au pouvoir partout en Europe, sont la génération de ERASMUS. La libre circulation des hommes et des biens à l’intérieur des frontières européennes a créée entre ces jeunes hommes et jeunes femmes un désir de construire un espace européen plus grand, plus solidaire afin de le rendre puissant pour affronter le reste du monde.

 

Génération Macron : France-Afrique ? Connaît pas !

 

La politique prédatrice, injuste et égoïste de la France-Afrique, beaucoup d’entre eux ignorent son existence. Beaucoup d’entre eux ne savent même pas que des pratiques d’un monde révolu continue d’exister entre la France et ses anciennes colonies.

 

Certains, j’en suis sure, ignorent que les images des peuples africains affamés dont on les abreuve à la télévision sont en grande partie les conséquences de cette relation toxique instaurée entre des chefs d’États africains mafieux. Ils ignorent que ces chefs d’état détournent tout à leur propre profit sur les conseils de leurs amis français, conseillers et hommes d’affaires en tout genre, qui s’enrichissent eux aussi au passage.

 

Ces jeunes, nouvellement entrés en politique, doivent savoir que la persistance de la pauvreté de masse et le mal développement de l'Afrique ne sont pas seulement les conséquences du changement climatique mais celles de la politique de la France officielle et celle officieuse appelée “France-Afrique”.

 

Ainsi l'arrivée au pouvoir de cette nouvelle race de politicien, en basket, costume bleu nuit et barbe taillé, peut être une chance qui permettra à nos jeunes africains d’oser se battre dans leurs propres pays au lieu de venir mourir dans le sable chaud libyen ou en mer méditerranée et la transformer en cimetière dans l'indifférence cynique des dirigeants africains vendus et corrompus et celui du reste du monde.

 

Aujourd’hui, si la jeunesse africaine, elle aussi mondialisée, ne prend pas l'initiative de bousculer tout, elle sera en dehors de cette nouvelle histoire générationnelle mondiale qui est en train de s’écrire. Alors, elle ne sera plus dans le jeu ni économique, ni politique ni historique. Car, l’Afrique ne sera même plus porteuse d’une économie dite « périphérique » comme disait naguère Samir Amine. Elle sera phagocytée par les autres tout simplement. Elle sera en dehors du jeu qui se joue entre les continents d'une part et les nations d'autre part.

 

Or, les dirigeants actuels des États africains installés, pour la majorité d’entre eux, par le jeu des combines malsaines que sont les élections truquées et téléguidées par la France-Afrique, ratent toujours les occasions de faire progresser leurs pays et leurs peuples.

 

Ils ne mesurent, d'ailleurs, pas que le monde bouge, ils ne se projettent pas, ils ne sont pas « posés » là où ils sont pour agir pour le bien collectif. Ils sont là pour s’enrichirent, eux, leurs propres familles et ceux qui les ont installés. Comme des pantins, les marionnettistes les tirent par les ficelles et leurs membres bougent dans tous les sens pour frapper, embastiller et tuer leurs peuples mais, ils assistent muets à des réunions où le sort de leur pays est scellé à leur détriment.

 

Les dirigeants africains n’ont pas la compétence et ne font pas confiance à ceux de leurs pays qui ont des compétences. Par contre, ils ont une confiance sans limite aux marionnettistes de la France-Afrique qu’ils considèrent comme des « frères, amis ou même pères ». et vice versa.

 

Or, ces personnes qui appartiennent à cette secte nébuleuse qu’est la « France-Afrique » elles, œuvrent pour leurs pays d’abord même si, de ces relations toxiques ils en tirent aussi de bénéfices personnels substantielles.

 

Enfin, les dirigeants africains actuels n’ont pas compris le sens de cette célèbre phrase du Général De Gaulle : «Les États n’ont pas d’amis. Ils n’ont que des intérêts ». En clair, quel que soit le président qui sera aux commandes en France, il pensera d’abord aux intérêts globaux de la France. Les valeurs morales et l’intérêt des africains viendront en seconde position ou même ne viendront pas.

 

Mais cela ne doit pas nous empêcher d’espérer que le plus jeune président élu de la République française va peut-être, un tant soit peu, décrasser la vielle politique franco africaine, politique souvent teintée de mépris à l’égard des peuples de ce continent noir, peuples qui ont tant et tant donné à l’occident et particulièrement à la France.

 

Ces peuples d’Afrique, et aussi des autres colonies, ont souffert pour que l’Occident soit ce qu’il est aujourd’hui. Pour que l’Occident soit, ils ont versé leur sueur et sang pendant des siècles de la traite négrière. Ils ont continué à verser sueur et sang après l’abolition de la traite et pendant des décennies des travaux forcés des administrations coloniales. Pendant les deux guerres mondiales, beaucoup ont donné leur vie. Enfin, encore aujourd’hui, ils sont maintenus dans une misère de masse par des échanges financiers et économiques déséquilibrés.

 

Peut-on avoir un espoir fou, que le Jeune Président Emmanuel Macron, malgré le fait d'avoir nommé au poste de ministre des affaires étrangères l’ancien ministre de la défense, connu pour être le grand ami des chefs d’État de la France-Afrique, va initier une nouvelle ère dans sa relation avec l'Afrique ?

Va-t-il faire sienne cette phrase du Général «Les États n’ont pas d’amis. Ils n’ont que des intérêts» et refuser l'amitié malsaine de ces hommes au pouvoir bien avant sa naissance ? Ces dirigeants-là ne peuvent, en aucun cas, être ses amis.

L'intérêt de son pays doit l'orienter vers une relation transparente avec une génération d’hommes politiques africains nouveaux qui, comme lui, se projettent dans le futur pour construire un présent juste, solidaire, désirable pour et par tous.

 

Marguerite-Odile Kabatchang

Président E. Macron/Quelle relation avec Afrique ?

Juin 2017

 

[1]« Être ou ne pas être, telle est la question »

Shakespeare, Hamlet, acte III, scène 1, le monologue d'Hamlet

[2]Erasmus (European Region Action Scheme for the Mobility of University Students) est un programme d’échange d’étudiants et d’enseignants entre les universités, les grandes écoles européennes et des établissements d’enseignement à travers le monde entier.