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Publié par Mak

Appel à la jeunesse au boycott de  l"Assemblée Nationale Tchadienne
A la Jeunesse du Tchad,
Aux Jeunes gens de ma génération,
Dites non à la prorogation du mandat des députés 
Je commencerais par emprunter et paraphraser les mots puissants et lourds de sens d’Albert Camus, prononcés le 10  septembre 1957, alors qu’il recevait le Prix Nobel de Littérature : Je dirais que la génération passée, celle de nos pères et de nos grands-pères, avec ses défauts et ses qualités, s’était évertuée et battue pour façonner le Tchad. Pour notre génération, il faut bien l’avouer, il est trop tard de refaire le Tchad, mais notre mission est peut-être plus noble, plus grande : celle d’empêcher que ce pays, notre pays, notre Tchad, ne se divise et ne s’écroule sous le poids de la tyrannie et de l’injustice. C’est une mission exaltante mais existentielle. 
Pouvons-nous demain nous observer dans le miroir de l’Histoire du Tchad et regarder nos enfants dans les yeux et dire : « Nous n’avons rien pu faire», « Nous étions jeunes», «Nous étions étudiants », «Nous avions peurs», « Nous n’avions pas le temps à ça »? Non, non et non. 
Si notre génération ne peut changer le passé et réécrire l’Histoire, elle peut et doit aujourd’hui prendre son destin en main, dans l’UNITE, et façonner un avenir meilleur ; un avenir radieux, l’avenir d’un pays libre, souverain, démocratique, juste et où règnent la paix et l’espoir. 
Le Tchad d’aujourd’hui est loin du pays de nos espérances, nos rêves. C’est même un euphémisme, la situation est dramatique et frôle la crise humanitaire. Triste destin pour un pays si riche et jadis promis à un grand avenir! Les échos qui nous parviennent de la patrie sont plus qu’alarmantes : des prisonniers ligotés et entre les mains de « l’Etat » se font massacrer par des individus sans foi ni loi ; des jeunes filles se font enlever et violer au sortir des écoles ; les braves fonctionnaires accusent des arriérés de salaire chroniques, des étudiants à qui on enlève le droit de bourse de façon brutale et sans mesures d’accompagnement et, le plus dramatique certainement, des enfants, l’innocence incarnée, l’âme et l’avenir de ce pays, meurent de... faim à N’djamena dans des hôpitaux en grève et sous-équipés. Le simple fait d’imaginer l’ampleur du drame en province fait froid au dos. 
Pour ma génération, celle née sous la « liberté », grandit au début du deuxième millénaire et gavée par le grand espoir des années pétrole, la désillusion est immense et à la hauteur de la tragédie que vit  le peuple Tchadien en cette triste année 2017. Chateaubriand disait qu’on est homme de son pays qu’en étant un homme de son temps. La jeunesse Tchadienne du XXIeme siècle est celle de son époque, avec bien sûr, ses défauts et ses contradictions, mais surtout avec d'immenses talents et une vision du Tchad et de son avenir. Ces braves jeunes gens de mon pays ne se sont jamais posés la question de savoir ce qu’elle a bien pu faire pour mériter de vivre dans un tel pays, mais ils se disent toujours : « que pouvons-nous faire pour que nos enfants vivent dans un autre Tchad ? Pour que nous vivons dans un autre Tchad? »
Que faire ? Oui que faire pour arriver à un autre Tchad? Quand les élections sont truquées ? Quand les manifestants pacifiques sont assassinés? Quand la Constitution est violée? Le choix dans ces situations peut sembler se résumer à la résignation, à l’émigration et à la guerre. Mais ma génération ne veut pas se taire. Elle ne veut pas émigrer loin de ses terres, mais elle ne veut pas la guerre non plus: elle garde espoir, elle veut se battre et vivre dans un pays libre. ET CELA EST POSSIBLE! 
C’est dans cet esprit, et au nom de cette jeunesse et de ce peuple martyr que j’en appelle aux députés de l’assemblée nationale, ceux et celles qui se disent de l’opposition mais aussi ceux du parti au pouvoir de boycotter sans délais cette structure illégale et illégitime. Chers députés, votre seule présence dans cet hémicycle est une insulte au peuple Tchadien et à sa jeunesse qui se bat nuit et jour par d’énormes sacrifices à changer le cours de l’histoire. Le 21 juin, vous aurez rendez-vous avec l’Histoire: le choix est entre la dignité et la trahison. 
Vous avez le devoir moral de faire ce geste historique en vous retirant dignement et en demandant dans la foulée la tenue d’élections qui puissent conduire à une nouvelle législature. Cette nouvelle législature est pour nous les jeunes, un nouvel espoir: l’espoir de rééquilibrage des pouvoirs, afin que les lois de la République soient juste, afin que le contrôle de l’action gouvernementale conduise à une meilleure gouvernance, pour que l’on n’hypothèque pas l’avenir, notre avenir, par des emprunts qui ne génèrent pas un poids insupportable de dette. En vous retirant dignement vous donnez raison à tous les martyrs du Tchad, à tous ceux qui, des années des indépendances à aujourd’hui en passant par les Baministes, ont cru apporter l’espoir, un mieux-être au prix du sacrifice suprême.
Cependant, la jeunesse tchadienne n’est pas dupe et naïve. Nous retenons les leçons de l’Histoire. Des grandes forces organisées, nationales et internationales se mettront au travers du chemin du peuple Tchadien pour la démocratie et la justice, mais comme le dit Victor Hugo, rien n’est plus puissant qu’une idée. Mais le temps est venu, et le temps du changement au Tchad se pointent à l’horizon. Si, si malgré tous les efforts du peuple et de la jeunesse, malgré tous les efforts des hommes et femmes de bonne volonté de ce pays, et Dieu sait qu’il en existe, les choix et les aspirations du peuple Tchadien ne sont pas respectés, alors la tyrannie se verra mis devant  ses contradictions; la jeunesse et le peuple se verront user de ses moyens pour inverser le cours de l’Histoire, en retenant au passage les leçons de l’Histoire : Unité, unité et unité, parce que user des moyens de la dictature pour la renverser sans unité c’est permettre le retour de la dictature. Et cela, en ligne avec l’esprit et les lettres de la Constitution de 1993 qui stipule clairement le droit du peuple à s’opposer par tous les moyens à la confiscation du pouvoir par un individu ou un groupe d’individus.
Jeunes Tchadiens, Je vous appelle à la force de vos convictions; je vous appelle à la force de vos espérances. Je vous sais courageux. Je vous appelle simplement à exprimer votre raz-le-bol à ces députés dont le mandat est achevé: demandez-les de démissionner, de ne pas accepter une autre prorogation de leurs mandats. Assumez-vous: dites-leur en toute occasion et en tout lieu: 
DEPUTE, TON MANDAT EST TERMINE, TU ES DEPUTE, N’ACCEPTE PAS D’ETRE DECRETE
Utilisez tous les moyens de communication qui sont à votre disposition: dites le leur de vive voix, chez eux, devant chez eux. Dites-le à leurs épouses, à leurs enfants, dites-le leurs sur leurs murs. Dites-le leurs quand ils sont en train de se coiffer, dites-le leur quand ils sont en train de faire du sport. Allez vers eux partout où vous pourrez les rencontrer ou rencontrer leurs proches.
JEUNE, PARLE, NE TE TAIS PLUS
JEUNESSE TCHADIENNE NE VOUS TAISEZ PLUS PARCE QU’IL S’AGIT DE VOTRE AVENIR
TENEZ VOUS PRÊTS À RÉPONDRE AUX APPELS DES ORGANISATIONS CONSTITUÉES. 
Kally Mahamat, Votre cousin national qui est toujours là avec vous.