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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

Affaire Mahamat Saleh Tibeg: éclairage d'un médecin au Tchad
Juin 2017 Publié par Mak Scandale à l'Hopital de la Renaissance: Le grand commis Mht-Saleh Tibek aurait succombé à une injection (réaction du Dr BETEL)) 
 
   
 
 C'est en tant que médecin urgentiste, prenant souvent en charge les urgences cardiologiques en France, que je réagis ici par rapport au supposé scandale qui aurait eu lieu à l'hôpital de la Renaissance à N'Djamena : un malade aurait succombé suite à l'injection de dopamine. L'événement a été rapporté par une certaine YOUYOURGUE Solange. Je n'ai jamais entendu parler de cette affaire, mais je devine à peu près ce qui s'est probablement passé. De quoi pourrait-il s'agir ? La dopamine fait partie des amines (adrénaline, noradrénaline, dopamine), arsenal thérapeutique de l'urgentiste ou du cardiologue dans les cas graves. Quand ces médicaments sont administrés en urgence, c'est que le cas est très sérieux : le patient est en insuffisance cardiaque aiguë avec une tension très basse (on parle de choc cardiogénique), il a un œdème pulmonaire et le pronostic est souvent sombre. L'administration d'amines (entre autres la dopamine) a pour but de corriger cette défaillance cardiovasculaire. Malheureusement, ce n'est pas toujours le cas, en cas d'infarctus massif du myocarde, par exemple. Pour le cas du patient de l'hôpital de la Renaissance, on peut être certain qu'il est mort, malgré l'administration de la dopamine, de mort naturelle suite à une défaillance cardiaque irrécupérable. Ce qui veut dire que le cardiologue a utilisé tous les moyens à sa disposition, mais que son patient est quand même décédé, ce qui arrive souvent, même en France. En gros, même si le patient est mort à la suite de l'administration de dopamine, ce n'est pas ce produit qui a précipité sa mort, on peut en être certain. Ce produit ne tue jamais dans ce cas de figure. La famille du défunt aurait tort de s'en prendre au cardiologue qui a probablement fait ce qu'il devait faire en utilisant de la dopamine dans le but de sauver son patient. Prochainement, avant de diffuser une telle information, YOUYOURGUE Solange doit prendre l'avis d'un médecin pour vérifier la véracité scientifique des faits. Dans cette affaire, il y aurait scandale, seulement si on en veut au cardiologue qui a tout fait pour sauver une vie mais qui a été dépassé. C'est l'occasion propice de rappeler qu'en médecine, on a obligation de moyens et non de résultats. Pour nous professionnels, quand on entend dire qu'un patient souffrant d'une maladie cardiaque reçoit des amines (dopamine), c'est que la mort est souvent certaine au bout. Voilà ma contribution pour éclaircir cette situation.

Dr Etienne BETEL, médecin urgentiste, France.
contact : etiennebetel@hotmail.com
 
 
 -- envoyé par BETEL Etienne (etiennebetel@hotmail.com)