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Flash Info: Le président tchadien dans la tourmente, acculé de partout// Suspension des vols du PAM à Amdjarass- Agacée par de nombreux vols à destination d'Amdjarass, ville natale d'Idriss Deby, la représentante au Tchad du Programme Alimentaire Mondiale (PAM), a ordonné la suspension des vols humanitaires en direction de cette contrée, devenue, la Gbatolite tchadienne // l'ADAC dans le collimateur de l'IGE- Epinglée par l'Inspection Générale d'Etat) pour des malversations financières, l'ADAC détourne l'attention de l'opinion et accuse une compagnie aérienne privée inoccente //

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Publié par Mak

Tchad: AUTOPSIE D’UN DISCOURS QUI EN DIT LONG  SUR CEUX QUI NOUS DIRIGENT.

AUTOPSIE D’UN DISCOURS QUI EN DIT LONG

SUR CEUX QUI NOUS DIRIGENT,

MAIS JUSTIFIE AUSSI L’AMPLIFICATION DES LUTTES EN COURS

 POUR FAIRE  PLIER LEUR DICTATURE !

Le 26 décembre dernier, Idriss Déby Itno a organisé avec les responsables de son parti, le MPS,  et ceux des organisations alliées à ce dernier une sorte d’entretien à bâtons rompus, à huis clos, dont, il convient de le souligner, on ne trouve nulle part les traces dans la presse publique et privée locales : il semblerait, en effet, que des directives avaient été données par le pouvoir afin que cet entretien ne soit pas rendu public, quoiqu’il ait été couvert par la télévision nationale. Ce sont des sites internet et des médias à l’étranger qui en ont fait une large diffusion sonore suite à une fuite.

 Cette rencontre avait pour but, semble-t-il, de permettre à Idriss Déby Itno d’éclairer ses partisans sur ce qu’il pense de la situation actuelle marquée par les luttes des travailleurs contre les mesures imposées par son gouvernement. Mais, le moins que l’on puisse dire est que, finalement, elle a pris les allures d’une sorte de mini meeting au cours duquel, parlant seul devant un public acquis et dévoué, Idriss Déby Itno s’est mis en scène puis lâché pour tenir un langage par bien d’aspects mensonger, cynique, méprisant envers les petites gens, au point d’en être troublant ! Toute son intervention s’est réduite à un long chapelet de déclarations approximatives, erronées, afin, d’une part, de justifier les mesures gouvernementales contestées par les travailleurs en grève, mais aussi, d’autre part, d’annoncer d’autres sacrifices à imposer aux couches populaires, le tout émaillé d’accusations gratuites et de menaces contre les syndicats !.

Pour l’essentiel, la plupart des questions abordées par l’ancien chef d’état-major d’Hissein Habré étaient toutes relatives au contexte actuel marqué notamment par le bras de fer entre le gouvernement et la plate-forme syndicale. Entre autres, il y avait, par exemple, l’origine des difficultés de trésorerie que connaît le pouvoir au point d’être incapable d’assurer le payement régulier des salaires. Par rapport à ce point, Idriss Déby Itno n’a rien dit de particulier qui ne soit déjà connu : comme tous les membres de son gouvernement, il a, lui aussi, utilisé le disque rayé de la crise de l’économie capitaliste mondiale marquée par la chute des matières premières et la situation d’insécurité dans laquelle s’enfonce la sous-région, qui entraverait le commerce avec les pays voisins, celui du bétail notamment, - vieille antienne, on le sait, que tous les dirigeants du MPS ne cessent d’entonner à satiété depuis qu’ils ont décidé d’imposer brutalement de drastiques mesures d’austérité.

Cependant, alors qu’on s’attendrait à ce que, logiquement, Idriss Déby Itno s’appesantisse sur ces deux causes liées essentiellement au caractère irrationnel de l’économie capitaliste, - dont le but principal est la recherche du profit et non la satisfaction des besoins collectifs des gens -,  et aux conséquences qui en découlent, en ce sens que c’est sur le terreau de la misère produite par l’économie du marché que poussent toutes les violences dont bon nombres de pays africains sont le théâtre, et, par voie de conséquence, s’en prenne aux trusts et aux multinationales, comme Exon, Shell, Elf-Total et autres, à l’origine de cette situation, de façon paradoxale, ce sont les fonctionnaires qu’il a doigtés et accusés d’être les principaux responsables des difficultés économiques que traverse le pays.

En effet, pour Idriss Déby Itno, si on en est là, si les caisses de l’Etat sont vides, ce serait essentiellement à cause des fonctionnaires qui, depuis l’exploitation du pétrole, auraient, des années durant, fait « des pressions », revendiqué de « réviser les grilles salariales », exigé « des statuts particuliers, « des primes et des indemnités ». Longuement, il s’est étendu sur cette question, allant jusqu’à s’offrir le beau rôle de l’homme prévoyant en prétendant qu’il avait mis les syndicalistes en garde contre leur tendance à demander plus : « Attention le pétrole ne sera pas éternel », leur aurait-il dit. Pour étayer sa thèse, il a aligné des chiffres, sur lesquels il s’est appuyé comme des preuves irréfutables de ce qu’il disait : en 2002, la masse salariale était, selon lui, de « 8 milliards », alors qu’elle serait de « 50 milliards » aujourd’hui, a-t-il martelé.

Par ailleurs, toujours dans le même registre, il a affirmé de façon péremptoire que cette pression syndicale serait non seulement responsable de la faillite actuelle des régies financières de l’Etat, mais aussi… de la cherté de la vie ! Sans aucun scrupule ni aucune preuve, il a, en effet, établi artificiellement un rapport organique entre les légitimes revendications des travailleurs pour leur droit à une vie meilleure et la soif traditionnelle, antique, insatiable, des commerçants et autres margoulins ayant la mainmise sur les circuits de distributions des produits de premières nécessités, ces gens en quête du moindre profit, qui sont capables de tout pour dépouiller les populations du peu dont elles disposent, y compris leurs propres coreligionnaires, qu’ils n’hésitent pas à étrangler avec des prix exorbitants pour s’enrichir à leurs dépens, lors des fêtes religieuses notamment. Ce serait donc, selon Idriss Déby Itno, l’évolution de la masse salariale, de 8 à 50 milliards, qui serait à l’origine de la cherté de la vie, en ce sens que les prix des produits auraient augmenté proportionnellement en même temps que les salaires : « Les commerçants ne sont pas bêtes. Quand vous augmentez le salaire de 10%, eux, ils augmentent les prix des produits de 20%. », a-t-il conclu, pour renforcer sa thèse.

Ces accusations, qui relevaient plus de la calomnie qu’autre chose, à cause du fait qu’elles n’étaient fondées sur aucun fait irréfutable, n’étaient pas fortuites, cependant : dans le discours d’Idriss Déby Itno au cours de cet entretien avec les siens, elles jouaient, en réalité, le rôle d’amorces, dont il se servait pour préparer le terrain à ce qui allait se révéler comme l’objectif essentiel de l’organisation de cet entretien et qui explique en même temps pourquoi le pouvoir n’a pas souhaité que le contenu en soit rendu public.

En effet, après avoir accusé les fonctionnaires d’être responsables des difficultés financières actuelles de l’Etat, tirant les conséquence de cela, Idriss Déby Itno a non seulement justifié les seize mesures initialement prises par le gouvernement, mais il a aussi affirmé qu’elles « ne suffisent plus » : il a plus ajouté qu’il faudrait aller plus loin dans le sens de l’austérité. Ainsi, contre toute attente, il a proposé une réduction drastique des salaires, notamment du smig, de 60 OOO francs cfa à 30 000, voire 25 000. Pour justifier cette nouvelle attaque contre le monde du travail, qui, vu que d’un salaire dépendent généralement plusieurs bouches à nourrir, aura immanquablement des conséquences désastreuses sur la vie des masses opprimées, il a d’abord déclaré que ce serait la meilleure façon de lutter contre la cherté de la vie parce que, selon sa logique et sa théorie, qui établissent toutes les deux un lien organique entre l’augmentation des salaires et la flambées des prix, moins il y aurait de l’argent en circulation, plus les prix des produits baisseraient. Ensuite, il a révélé que la baisse drastiques des salaires fait partie d’un nouvel arsenal de mesures préconisées lors de la dernière réunion des pays de la CEMAC, à Yaoundé, et décidées par les différents chefs d’Etat de la sous-région en vue d’équilibrer leurs finances publiques. Parc conséquent, dans cette perspective, il a appelé les responsables de la coalition politique qui le soutient à ne pas perdre du temps en discussions inutiles avec les organisations syndicales, mais de « faire bloc, de soutenir publiquement l’action du gouvernement » en vue d’imposer cette politique d’austérité, coûte que coûte, par n’importe quel moyen, y compris en passant par la dissolution des syndicats, si ces derniers s’y opposent : « Vous n’avez pas de partenaires sociaux, vous avez des militants politiques », a-t-il dit aux siens, avant d’accuser les responsables des organisations syndicales de s’enrichir au détriment de leurs camarades, grâce aux cotisations de ces derniers et même « de vivre très bien, mieux que les chefs des partis ».

Voici, résumé à grands traits, le contenu combien surprenant de l’entretien qu’a eu, le 26 décembre dernier, Idriss Déby Itno avec ses partisans, qui confère à cette rencontre le caractère d’une réunion de conspiration contre les intérêts des organisations syndicales en luttes et le monde du travail en général ! Cependant, ce qui frappe dans cette causerie fourre-tout, sans aucune structure, aucune construction charpentée, ce n’est pas forcément le fond. Que la dictature de N’Djaména s’attaque de plus en plus aux plus pauvres de la société n’est que dans la norme des choses ! Le fait que Idriss Déby Itno et ses semblables, les dictateurs de la de la sous-région, décident d’imposer une politique d’austérité sous le fallacieux prétexte d’équilibrer les comptes de leurs Etats en vidant les bouches et les poches des plus démunis, cela aussi n’a, en effet, rien d’étonnant ! Ils ne font que copier et appliquer, de façon servile, des recettes, quoiqu’éculées, dont se servent tous les Etats bourgeois du monde, de plus riches aux plus pauvres, pour faire payer les frais de la crise économiques par les couches populaires tout en défendant les intérêts des plus fortunés.

Mais, même si au bout de vingt-six ans de règne, aucun individu normalement constitué ne pourrait s’étonner de cette orientation austère de la politique d’Idriss Déby Itno, ce qui révolte surtout, dans cet entretien, c’est la manière dont celui-ci parlait, discutait, des problèmes graves qui concernent la vie de millions de gens : il le faisait avec une légèreté, une désinvolture inouïes, doublées d’un mépris profond, d’un cynisme sans égal à l’égard des masses opprimées, en vue de couvrir certainement la démagogie à deux balles dans laquelle baignaient ses propos! Tout au long de cette rencontre, entre rires et plaisanteries, en effet, il a étalé au grand jour, sans le moindre masque, sa vision essentiellement dictatoriale des choses publiques, le caractère mensonger de son discours et surtout le peu d’intérêt qu’il accorde aux préoccupations essentielles des masses opprimées, pour montrer combien il n’en a cure ! Quand, par exemple, il a annoncé la réduction drastique du smig, de 60 000 f cfa à 25 000, il n’a pas, d’un ton joyeux, hésité à en commenter les conséquences douloureuses qui en découleraient en disant : « Ca va faire mal encore hein ! Ca va chatouiller hein ! », se moquant ainsi en avance de la dégradation des conditions de vie des masses opprimées que cela entraînera immanquablement ! Par ailleurs, afin de justifier le cours austère de sa politique et les sacrifices qu’il compte imposer aux plus déshérités, il est allé jusqu’à trouver des vertus en la crise actuelle : Pour lui, elle serait une bonne chose : « La crise, c’est une opportunité pour le Tchad. Il faut l’applaudir. », n’a-t-il pas hésité de lancer à ses obligés. Il a justifié cette vision surprenante des choses par le fait que, selon lui, tous les Tchadiens, sans distinction aucune, auraient perdu le sens de la mesure à cause du pétrole : « Les Tchadiens ont perdu la tête à cause du pétrole. On est partis de rien du tout et l’unité du compte est devenu le milliard. »,  a-t-il martelé, sans sourciller, ne reculant devant aucune forfaiture pour convaincre ses sous-fifres. Pour conclure, il a ajouté : « On est dans une situation anormale. Nous devrions revenir à une situation normale (…). Il n’y aura plus jamais la hausse des salaires qui a fait tant de mal à notre pays ». Pour lui donc, la seule solution face à la crise, serait la diminution drastique des salaires. En clair, aux yeux d’Idriss Déby Itno, - qui, tout au long de son entretien avec les siens, n’a pas dit un seul mot pour définir ce que pourrait être la part de sacrifice des trusts et de nos bourgeois, principaux bénéficiaires des retombées de l’exploitation du pétrole -, la norme, ce serait donc des bas salaires, c’est-à-dire la précarité généralisée pour les travailleurs et l’ensemble des opprimés, avec sa cohorte de difficultés multiples, à se  nourrir, à se soigner, à éduquer les enfants, à accéder à un logement décent,  alors qu’en même temps les riches, quels qu’ils soient, continueront à accumuler et s’empiffrer, crise ou pas !

Voilà pour la forme, concernant cet entretien ! C’est à en vomir d’écoeurement !

Mais, c’est la même chose, le même dégoût, que l’on ressent aussi pour le fond, bâti sur de la démagogie et du mensonge ! Car, quand, de façon péremptoire, sans vergogne, Idriss Déby Itno accuse les fonctionnaires d’être les responsables de la banqueroute de l’Etat, qu’est-ce d’autre si ce n’est du mensonge ? En quoi, en effet, les fonctionnaires seraient-ils à l’origine de cette faillite ? Les difficultés financières actuelles que rencontre l’Etat découlent plutôt de l’exploitation dont le pays est victime de la part des trusts, notamment ceux du pétrole et d’autres, qui, sans tenir compte des conséquences que cela pourrait produire sur la vie des millions d’opprimés africains, augmentent ou baissent les prix des matières premières uniquement en fonction de leurs intérêts, avec l’assurance qu’ils sont gagnants dans tous les cas. C’est ainsi que, depuis son exploitation, le pétrole, qu’Idriss Déby Itno a pratiquement bradé au consortium, n’a essentiellement bénéficié qu’aux actionnaires de celui-ci. L’Etat tchadien n’en a reçu que des miettes. Par ailleurs, dans le partage de celles-ci, la plupart des fonctionnaires, ceux qui constituent le plus gros contingent de ces derniers notamment, n’en ont eu qu’une portion congrue, comme l’ensemble des masses opprimées du pays du reste. De la totalité des recettes du pétrole perçues par le pays, la plus grosse partie a servi, d’abord, à former une armée pléthorique, équipée essentiellement pour protéger la dictature, ensuite, à promouvoir et engraisser une meute de bourgeois locaux, qui ont prospéré dans le monde des affaires, dans l’administration ou  les structures militaires : il s’agit, d’une part, des opérateurs économiques, liés au MPS, devenus des milliardaires en peu de temps, grâce à la surfacturation des marchés publics, au blanchiment d’argent sous la forme de grosses réalisations qui ne correspondent pas à de réels besoins, mais aussi, d’autre part, des hauts responsables de l’Etat, à commencer par Déby lui-même, - dont nul ne connaît le salaire réel -,  les ministres, les députés, les responsables des grandes institutions étatiques, les gouverneurs, la multitude de généraux et autres chefs de l’armée, qui, tous se sont enrichis grâce à des salaires mirobolants, - Les députés ont pratiquement triplé leurs salaires, mais cela ne choque pas Déby -, et aussi à des détournements de fonds et au pillage des deniers publics. Voici les principaux responsables de la banqueroute actuelle : les trusts pétroliers et les valets locaux à leur service. Dans ce contexte, lorsque Idriss Déby Itno prétend que pour « les Tchadiens », « l’unité du compte » serait « devenu le milliard », c’est, en réalité, de ces gens-là qu’il s’agit et non de la majorité des fonctionnaires, dont un bon nombre ne vit que grâce au smig de  60 000 f cfa, obtenu de surcroît par des luttes !

Quand Idriss Déby Itno déclare aussi que ce serait les fonctionnaires qui seraient à l’origine de la cherté de la vie sous prétexte que ce serait l’augmentation des salaires qui provoquerait l’inflation, qu’est-ce d’autre encore si ce n’est du mensonge ? Certes, « les commerçants ne sont pas bêtes ». Mais ils ne sont surtout pas des philanthropes ! Où que ce soit, leur seul objectif, c’est de faire du profit, de s’enrichir. Aussi, contrairement à ce que dit Déby, leur politique consiste-t-elle toujours à augmenter les prix de leurs produits en ciblant les couches privilégiées qui sont à même de payer ces derniers. Par conséquent, au Tchad, en réalité, ceux qui ont, par leur train de vie, entraîné l’augmentation des produits des premières nécessités, ce sont les parasites qui, grâce à l’Etat, se sont enrichis de diverses façons, étalent  leur fortune de façon scandaleuse et gaspillent sans retenue. C’est pour satisfaire les besoins insatiables de ces nouveaux riches, qu’ils ciblent, que les commerçants augmentent constamment depuis des années les prix de leurs produits. Voilà l’origine de la cherté de la vie parce que, du coup, une frange importante de la population opprimée, comme justement les fonctionnaires qui n’ont que le smig, se trouve, faute de moyens, dans l’incapacité de satisfaire les exigences élémentaires de leur existence. Contrairement aux propos d’Idriss Déby, c’est donc le train de vie de nos bourgeois qui est à l’origine de l’augmentation des prix des produits des premières nécessités et non l’évolution vers le haut des salaires, moins encore celle de ceux qui ne gagnent que le smig. La cherté de la vie n’est qu’une conséquence du fonctionnement normal du capitalisme, un système économique fondé sur la défense et la satisfaction des intérêts des riches : les fonctionnaires, comme l’ensemble des masses opprimées, en sont donc les victimes plutôt et non les responsables!

Par ailleurs, ce que Déby n’a pas dit non plus, c’est que si la cherté de la vie est devenue le problème majeur dans le pays, une sorte de fléau dont souffre la majorité opprimée, cela ne s’est pas fait sans la complicité, ni la bienveillance du pouvoir. Depuis des années, des associations de consommateurs, des syndicats, même des hommes politiques, y compris au sein du MPS, ont alerté le pouvoir sur cette question. Celui-ci a même fait des réunions, des colloques, sur ce problème, pris des résolutions en vue de le résoudre. Mais il n’a jamais tenté de les appliquer, jamais rien fait dans ce sens ! Comment alors comprendre qu’un Etat qui prétend aller à des milliers de kilomètres, hors de ses frontières, pour combattre d’affreux terroristes, ne soit pas capable de faire respecter ses propres décisions aux margoulins qui contrôlent le commerce des principaux produits chez lui ? Cette contradiction s’explique tout simplement par le fait que les principaux gros commerçants à l’origine de la cherté de la vie sont tous des militants du MPS, le parti au pouvoir, comme, par exemple, les opérateurs économiques ayant la mainmise sur les douze marchés de N’Djaména qui, lors des dernières élections présidentielles, ont ouvertement déclaré soutenir Idriss Déby Itno. On comprend alors aisément aussi pourquoi celui-ci s’acharne contre les fonctionnaires, les accuse injustement, au lieu de s’attaquer aux vrais responsables de la cherté de la vie !

Par conséquent, face à tout cela, surtout à la  politique d’austérité, qu’Idriss Déby Itno a fini par annoncer publiquement le 31 décembre dernier, sous le fallacieux prétexte de la défense de « l’intérêt général », les travailleurs et l’ensemble des opprimés, qui vont être les principales victimes des diminutions des salaires, voire des licenciements dans la fonction publique, n’ont pas d’autre choix que de compter sur leur propre force et leurs luttes en vue de la sauvegarde de leurs intérêts et de leur droit à la vie. Il est hors de question que ce soit eux qui fassent les frais de la crise de l’économie capitaliste, provoquée par les trusts pétroliers, dont Idriss Déby Itno et ses partisans sont les serviteurs ! Ils devraient donc continuer, poursuivre la lutte qu’ils ont engagée depuis des mois contre le pouvoir afin d’obliger celui-ci à mettre fin à sa politique combien nuisible pour l’ensemble de la société. Pour ce faire, même s’ils ont fait la démonstration du fait qu’ils constituent une force colossale, même si le pouvoir est aujourd’hui aux abois, la seule perspective reste la mobilisation de toute la classe ouvrière et des larges masses populaires, sous la forme d’un mouvement collectif, de « tous ensemble ». C’est en continuant à développer les luttes, à les amplifier, à installer durablement la grève dans les secteurs essentiels de l’économie et de l’’administrattion et à entrainer aussi  avec eux l’ensemble des opprimés, que les travailleurs constitueront un rapport des forces suffisant pour faire plier la dictature, mettre fin aux perspectives criminelles qu’Idriss Déby Itno et ses partisans font planer au-dessus de la majorité opprimée de la société, tout en leur faisant avaler, au passage, leur « hougoura », leur morgue et leur fanfaronnade!

                                                                Ali Mohamed Abali Marangabi

                                                                 abali_icho@yahoo.fr