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Publié par Mak

LA DECLARATION UNIVERSELLE DES DROITS DE L’HOMME,   UN IDEAL BAFOUE AU TCHAD

On peut noter dans les préambules des différentes déclarations des droits de l’homme que :

 « …l’ignorance, l’oubli ou le mépris des droits de l’Homme sont les seules causes des malheurs publics et de la corruption des Gouvernements » Préambule. Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789.

« …la reconnaissance de la dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine et de leurs droits égaux et inaliénables constitue le fondement de la liberté, de la justice et de la paix dans le monde ».  Première phrase de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948.

C’est le 10 décembre 1948 que le texte de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, fortement inspirée de celle de 1789, a été adopté par l’Assemblée Générale des Nations Unies au palais de Chaillot à Paris sous la résolution 217 A (III).

Ainsi, le 10 décembre de chaque année est déclarée journée des Droits de l’Homme partout dans le monde.

En ce jour, ma pensée s’envole vers le Tchad, pays de nos ancêtres, les SAO.

Ce Pays aurait pu offrir du lait et du miel à tous ses enfants. Mais hélas, il est aujourd’hui, un enfer pour la majorité bien que pour une certaine minorité il est érigé en un paradis sur terre.

Le Tchad, participe chaque année, à l’Assemblée Générale des Nations Unies. Il est un des États membres de cette organisation. Chaque année son président se rend à la tribune de l’Assemblée Générale et fait une déclaration. Rien que pour cela, il doit être tenu par la communauté internationale d’appliquer et de respecter les différents textes et décisions qu’elle a prises.

En effet, comme État membre, le Tchad est signataire des textes qui engagent les nations à assurer le respect universel et effectif des droits de l’homme ainsi que les libertés fondamentales proclamées comme étant un idéal commun à atteindre par tous les peuples et toutes les nations.

I- Que dit le préambule de cette déclaration ?

Nous n’en citons que quelques points. Elle dit que :

  • La dignité et les droits égaux constituent le fondement de la liberté, de la justice et de la paix.
  • La méconnaissance et le mépris des droits de l’homme ont conduit à des actes de barbarie.
  • L’avènement d’un monde où les êtres humains seront libres de parler et de croire, libérés de la terreur et de la misère a été proclamé comme la plus haute aspiration de l’Homme.
  • Il est essentiel que les droits de l’homme soient protégés par un régime de droit pour que l’Homme ne soit pas contraint, en suprême recours, à la révolte contre la tyrannie et l’oppression……

Cette déclaration est traduite en 500 langues différentes. Elle comprend trente articles. Nous vous invitons tous à en faire votre bréviaire.

II-  Le contexte Tchadien aujourd’hui

Au Tchad, la dignité et les droits élémentaires des enfants, des femmes, et des hommes ne sont pas respectés.

En réalité, le pouvoir en place depuis 26 ans ne fait rien de sérieux et pérenne en terme socio-économique, malgré l’opportunité donnée par l’énorme volume d’argent dû à l’exploitation du pétrole.

Cette ressource financière sensée développer le pays, améliorer les conditions de vie de la population et réduire les risques de conflits liés à la pauvreté est détournée à d’autres fins ou thésaurisées au Tchad ou et à l’étranger.

A - Constats sur les droits des citoyens

Au Tchad tous les citoyens ne bénéficient pas du même droit.

En matière judiciaire, tous les citoyens tchadiens ne sont pas des justiciables égaux devant la loi selon qu’ils appartiennent au clan du président ou pas.

Ils n’ont pas une protection minimale assurée par la loi au regard des articles 3, 5,7,8 et 9 de ladite Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.

         Au Tchad il n’y a pas un appareil judiciaire impartial et libre au Tchad.

En matière des libertés fondamentales, le droit de se réunir et de manifester pacifiquement (cf. les articles 19, 20 -1-2 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948) est quasiment impossible à mettre en œuvre au Tchad sauf pour le parti au pouvoir.

Concernant l’accès à l’emploi (cf. les articles 21, 23 de la Déclaration universelle des droits de l’homme de1948), qu’il soit public ou privé, par voie de concours ou par recrutement direct, il est quasiment impossible aujourd’hui d’être recruté à un poste si l’on n’est pas du clan ou l’enfant d’un membre inféodé au pouvoir.

Si tel n’est pas votre cas, il faut avoir en poche beaucoup d’argent sonnant et trébuchant pour se le permettre.

Même, si monnayant beaucoup d’argent un individu arrive à décrocher un emploi ou à réussir à un concours, il doit se soumettre à un système de raquette digne d’un Al Capone ou d’un Escobar Gaviria. En effet, il doit s’engager à partager son salaire pendant un temps plus ou moins long, avec celui ou celle qui lui aurait permis d’obtenir ce succès.

Cependant, il est loin d’être assuré d’obtenir le poste, car si un plus offrant se présentait, c’est ce dernier qui gagnera la partie. Quelle que soit la personne, hors mis les enfants du clan et affidés, elle doit réussir les différentes courses d’obstacles de l’intégration au poste, puis celles du « Décret » lui permettant d’obtenir son affectation et éventuellement ses émoluments.

Après tout cela, cette personne doit encore franchir les dernières barrières des plantons, secrétaires, chefs de services, directeurs X, Ministères Y auxquels il dépend. Autrement dit le parcours de l’intégration à un emploi est pire qu’un parcours de combattant.

Dans tous les cas, c’est le plus offrant qui peut obtenir un emploi qu’il ait ou pas le niveau et les compétences requises.

         Au Tchad, en plus d’acheter son poste, il faut acheter son salaire.

L’accès aux besoins fondamentaux est précisé par les articles 25 et 26 de la Déclaration Universelle qui stipule que « Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé son bien-être et ceux de sa famille ... »

Ces besoins sont :

  • Le besoin de survie : manger, boire, se vêtir, se soigner, se reproduire dans des conditions sanitaires appropriées.
  • Le besoin de sécurité : s’abriter contre les intempéries, avoir un revenu/ressources, être en sécurité physique contre les violences militaires, policières, politiques ainsi que les agressions morales et psychologiques.
  • Le besoin d’auto-accomplissement : s’instruire, étudier développer ses compétences, ses connaissances, se réaliser, entreprendre, créer, investir, mettre en valeur un potentiel personnel dans les différents domaines de la vie…

         Au Tchad, ces besoins fondamentaux sont loin, voire très loin d’être assurés.

 

B – Constat par rapport au fonctionnement du système

 

Au Tchad, le pouvoir MPS a mis en place un système de catégorisation des citoyens.

On peut distinguer 3 grandes catégories :

  • Le cercle des ayants-droit, du clan, voire des tribus proches ou lointains
  • Ensuite les alliés des autres ethnies proches
  • Enfin la catégorie regroupant les ressortissants de la zone méridionale. Eux ont surtout des devoirs. Certain-e-s ont des mini-droits selon le degré élevé de servitude.

 

Les membres du clan quels qu’ils soient, adultes, femmes, adolescents font partie de la première catégorie. Ils sont les seuls à avoir le droit de posséder des armes à feu en devers eux et chez eux.

Ils ont des droits absolus sur tout et tous y compris celui de tuer sans sommation et sans retenu. Ils peuvent détourner les biens publics à leurs seuls profits. Ils peuvent voler les biens publics. Leurs enfants, voire eux-mêmes, peuvent violer en bande ou seul, quelle que soit l‘âge et le sexe des victimes. Les femmes du groupe peuvent, séquestrer, enlever, violer elles aussi.

Leurs comportements sont dénoncés par tout le monde depuis 26 ans sans qu’il y ait un début d’amélioration.

 

Puis, il y a les serviteurs-obligés, ceux-là peuvent être nommés à des postes de responsabilités pour servir de caution technique et montrer à la communauté internationale le visage d’un État « normal ».

Enfin, la catégorie des Tchadiens privés des droits élémentaires. Ils sont fouillés, humiliés, souvent détroussés. Aujourd’hui ils vivent dans la peur et la terreur et ne peuvent même pas pleurer leurs morts si on en croit les derniers sanglants événements communautaires de Ngueli un quartier de la capitale.

L’égalité des droits est un leurre au Tchad, le progrès social une fumisterie et la valeur de la personne humaine un non-sens.

Aujourd’hui on peut affirmer sans ambages que la population tchadienne        n’est pas un peuple libre.

 

Marguerite-Odile Kabatchang

Pour la Journée des Droits de l’Homme.

10 décembre 2016