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Flash Info: Médiation dans la crise libyenne -la France tente sa partition pour trouver une issue politque. Elle accueille une rencontre entre Fayez al-Sarraj, président du conseil libyen et Khalifa Haftar, commandant de l'armée libyenne//Emeutes à Moundou pour empêcher le transfert du Maire, Laokein Médard// Moundou- l'avocat de l'ancien Maire, harcélé et activement recherché //Affaire Laokein Médard- plusieurs partis politiques appellent dans un communiqué de presse à sa libération // L'interview de l'opposant tchadien, Saleh Kebzabo sur TV5 afrique reportée à lundi //

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Publié par Mak

Réaction de Monsieur Djibrine Assali Hamdallah aux accusations portées contre lui par le Président Idris Deby Itno
 
Lors de sa déclaration du 26 décembre 2016, devant les représentants des partis politiques de la majorité présidentielle, le Président Idris Deby Itno, m’a accusé d’avoir détourné l’argent de l’Union des Syndicats du Tchad (UST) et d’avoir créé avec un « Boko Haram »au sud du pays.
 
 
L’objet de sa déclaration était de parler de la crise qui prévaut dans le pays et, l’occasion faisant le larron, le Président en a profité pour fustiger les syndicats constituant la plateforme syndicale et porter les graves accusations susmentionnées contre ma personne.
N’ayant plus la qualité de parler au nom des syndicats, qui d’ailleurs ont des dirigeants très compétents, capables de les défendre efficacement, je me limiterai d’abord, à récuser les fausses accusations portées contre moi, ensuite de relever certaines contre-vérités, et, enfin, de donner mon point sur la crise.
Le Président prétend qu’ils avaient trouvé à Kouno un registre complet des cotisations de l’UST et que j’aurai détourné l’argent de la centrale qui m’aurai ainsi servi à créer un « Boko Haram » au sud du pays.
Je lui réponds que non seulement, je n’ai jamais créé une quelconque organisation terroriste, et que je ne suis ni un musulman fanatique, ni intégriste. Un exemple, parmi tant d’autres : une des mes épouses, (Dieu aie son âme car elle est décédée), était ressortissante du sud et s’appelait Denise Bongo. Comme tout le monde sait, lorsqu’un musulman épouse une femme d’un milieu non musulman et portant un tel nom, il l’oblige à se convertir à l’islam et à adopter un nom musulman. Or, je n’ai rien fait de tel et, les trois enfants qu’elle m’a donnés ont des actes de naissance portant comme nom de mère : Denise Bongo. Actuellement ils sont majeurs, marié et j’en très fiers d’eux autant mes autres enfants dont les mères sont musulmanes. Je reconnais que Denise priait selon la tradition musulmane mais je n’ai jamais cherché à savoir si elle savait lire ne serait-ce que quelques versets du coran. A-t- on déjà vu un musulman fanatique ou intégriste se comporter de cette façon ?
A propos du registre des comptes de l’UST, je mets le Président Idris Deby au défi de le présenter à une commission composée des représentants du gouvernement, des journalistes (du secteur public et privé), des ADH et de l’UST, qui vérifiera si ce registre prouve bel et bien que j’ai détourné l’argent des cotisations à quelques fins que ce soit.
Le président doit savoir que les cotisations de l’UST ne se gèrent pas à la façon dont il gère les ressources du pays. En effet, les cotisations sont collectées, conservées et décaissées par un trésorier général élu par le congrès au même titre que le secrétaire général que j’étais. Les opérations bancaires se font avec la signature conjointe du Trésorier Général et Secrétaire Général. En outre, il y a un commissaire aux comptes élu également par le congrès qui procède régulièrement aux contrôles et vérifications et qui présente, tout comme le Trésorier Général, un rapport au congrès. Je précise en fin, que durant les trois (3) mandats que j’ai passés au Secrétariat Général de l’UST, les congrès statutaires s’étaient tenus régulièrement et aucun d’entre eux n’avait constaté une quelconque malversation de ma part.
Donc, je récuse totalement ces accusations. D’ailleurs existe-t-il réellement un Boko Haram au du Tchad, et si oui pourquoi ni presse nationale, ni la presse internationale, n’en parlent ?
Venons-en maintenant à quelques  contre-vérités du président :
1)    en affirmant que la somme de soixante mille (60000) francs n’est pas SMIG mais une prime temporaire, il ne dit pas la vérité. Nous avions bel et bien négocié  de manière paritaire le SMIG pour parvenir à fixer ce montant ;
2)    dire que le SMIG de 60000 francs n’est pas un droit acquis, ne correspond pas à la réalité. C’est bel et bien un droit acquis au regard de la loi, à moins qu’il use, comme à son habitude, de la loi du plus fort ;
3)    affirmer qu’actuellement l’unité de compte au Tchad est le milliard est aberration à moins qu’il ne parle de lui, des membres de sa famille et tous ceux et celles qu’il a placés a des postes juteux et qui détournent abusement l’argent public sans être inquiétés ;
4)    non, en ma connaissance, ou du moins à mon temps, les cotisations des fonctionnaires ne sont pas retenues à la source par les syndicats ;
5)    non plus, de mon temps il n’y avait pas des dirigeants syndicaux qui ont construit des châteaux grâce aux détournements des cotisations.
Voilà, sans être exhaustif, pour les contre-vérités.
Venons-en enfin, à ce que j’estime être les principales causes de la crise. Là également, je ne cite que quelques exemples :
1)    d’une manière la crise est due d’abord à la mauvaise gouvernance et/ou la mauvaise gestion des ressources de l’Etat ;
2)    au népotisme et/ou la nomination aux postes de responsabilité sans tenir compte des compétences des bénéficiaires :
3)    à la corruption généralisée et les détournements des deniers publics;
4)    aux dépenses excessives en matière de défense et sécurité ;
5)    à la multiplication des régions et autres unités administratives et cantonales ;
6)    à l’impunité généralisée ;
7)    etc….
Certes, la crise est profonde mais il n’est pas raisonnable d’attribuer ses causes uniquement à la baisse du baril de prix de pétrole. Sinon, comment expliquer,  toutes proportions gardées, que les régimes précédents, ceux d’avant l’ère du pétrole,  aient pu faire face à leurs obligations.
Ce n’est pas en maintenant, en durcissant, ou en augmentant le nombre des 16 mesures antisociales et impopulaires qu’on pourrait en venir à bout.
La solution ne viendrait non plus par l’imposition de la pensée unique ou des dirigeants syndicaux acquis au régime, à la place de ceux et celles démocratiquement élus par les travailleurs et travailleuses, conformément aux dispositions de leurs statuts  et règlement intérieur.
Enfin, l’instauration d’une véritable démocratie, le respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales consacrées par la constitution ainsi que le respect scrupuleux des dispositions des conventions ou autres accords librement négociés et conclus avec les partenaires sociaux sont indispensables si l’on veut réellement réussir de sortir de cette crise.