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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

Le 17 novembre 2016, les partis de l’opposition ont tenté d’organiser un rassemblement pacifique, interdit par les autorités tchadiennes. Ces dernières ont exercé un usage disproportionné de la force et ont procédé à l’arrestation d’une trentaine de militants, y compris des présidents de partis politiques.

Mardi 22 novembre, les mêmes partis de l’opposition et des associations et organisations de la société civile ont organisé une journée « ville morte » à N’Djamena, alors que de nombreux fonctionnaires se sont mis en grève pour des salaires et des arriérés de salaire non payés. Le mouvement gagne aussi les universités depuis l’annonce en septembre 2016 de la suppression des bourses pour les étudiants.

La baisse du prix du baril de pétrole est avancée par les autorités tchadiennes pour expliquer les difficultés économiques du pays. Pourtant, cette baisse – incontestable – n’est nullement la cause du malaise social que l’on constate dans le pays. A l’inverse, l’exploitation pétrolière (le Tchad est exportateur depuis 2003) a ouvert la porte au désordre économique, en contribuant à généraliser la corruption dans la gestion des affaires publiques, au point que la Banque mondiale a décidé en 2008 de se retirer de l’accord qu’elle avait conclu avec l’Etat tchadien sur la gestion efficiente des revenus pétroliers.

Les revenus pétroliers ont accentué l’écart entre les personnes liés au pouvoir et le reste de la population qui subit le renchérissement de la vie sans pour autant bénéficier des moyens offerts par ces revenus. L’accord signé avec la Banque mondiale prévoyait un fonds destiné aux générations futures. Ce fonds n’a jamais vu le jour. Les 3/4 de la population de la région pétrolière de Doba vit avec 386 Francs CFA (environ 56 centimes d’Euro) par jour.

Le budget de l’Etat tchadien était en 2004 d’environ 300 milliards de Francs CFA, il est estimé à 3000 milliards de CFA en 2015, avec des dépenses prioritairement dans les secteurs de la défense et de la sécurité, au détriment de la santé, de l’éducation et des infrastructures de transport.

Depuis sa réélection le 10 avril 2016, lors d’un scrutin dont les modalités et les résultats demeurent contestés par nombre d’observateurs et l’opposition politique, le président tchadien Idriss Déby n’a pas ouvert de dialogue qui réponde aux demandes de l’opposition politique et des forces sociales (organisations syndicales, société civile). La désespérance sociale, la crispation des autorités tchadiennes et les accès de violence des forces de sécurité fragilisent la société tchadienne dans son ensemble et alimentent le terreau qui conduit certains éléments, via de multiples trafics, à des formes de radicalisations – ethniques ou religieuses – plus dangereuses encore, pour le peuple tchadien comme pour les peuples voisins.

Le Parti socialiste condamne les pratiques des forces de l’ordre, inadaptées face à une opposition pacifique qui s’inscrit dans la vie régulière des institutions tchadiennes.

Le Parti socialiste appelle le président Idriss Déby à libérer immédiatement tous les membres de l’opposition et à engager le Tchad sur la voie de la démocratie, du dialogue politique et du respect des libertés fondamentales.