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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

Tchad: vive la manifestation des étudiants !

 

 

VIVE LA MANIFESTATION DES ETUDIANTS !

MAIS SEULE UNE MOBILISATION DES TRAVAILLEURS

ET DE L’ENSEMBLE DES OPPRIMES PEUT FAIRE RECULER LA DICTATURE !

 

Sous le fallacieux prétexte de la crise économique mondiale et de l’engagement de ses troupes dans différents fronts, notamment ceux contre les bandes de Boko Haram, ces montres nés de la barbarie générale du capitalisme, mais surtout de la politique des dirigeants des pays du bassin du Lac Tchad, qui ont transformé toute cette région en un enfer pour les masses opprimées, la dictature de Déby, empêtrée dans une situation de banque route dont elle ne sait comment sortir, vient de prendre une série de mesures prévoyant une diminution de 80% des indemnités et des primes des fonctionnaires et la suppression pure et simple des bourses des étudiants. Ce plan d’austérité, qui ne dit pas son nom, va, sans aucun doute, aggraver les conditions de vie déjà précaires des masses populaires.

 

C’est pourquoi, dès l’annonce de la mesure les concernant, les étudiants organisés au sein de l’UNET, l’Union Nationale des Etudiants Tchadiens, l’ont, à juste titre, catégoriquement rejetée tout en demandant la démission de leur ministre de tutelle. Ensuite, pour exprimer leur colère contre cette attaque brutale de leurs intérêts qui, immanquablement, va avoir des conséquences désastreuses sur leur vie si la mesure devient effective, ils ont décidé d’organiser une marche pacifique dans les rues de N’Djaména. Mais, comme il fallait s’y attendre, celle-ci a été interdite par le ministre de l’intérieur, spécialiste des basses besognes, notamment celles qui consistent à étouffer les libertés élémentaires. C’était, cependant, sans compter avec la détermination des étudiants, qui ont décidé de braver le pouvoir : le 28 septembre dernier, conformément à leur décision de marcher pour protester contre la suppression de leurs bourses, ils sont descendus dans les rues. Il s’en est alors suivi une brutale réaction de la dictature, qui a lâché ses forces de l’ordre et ses chiens pour disperser la manifestation avec une rare violence. Ce à quoi, déterminés à se faire entendre, les étudiants ont répondu en saccageant et brûlant des véhicules des services publics. Faisant le bilan des événements à la télévision, le ministre de l’intérieur a déclaré que 37 d’entre eux avaient été arrêtés, qui, selon lui, seraient remis à la justice pour fait de dégradation des biens publics.

 

De leur côté, la plupart des syndicats des travailleurs du pays ont aussi, de façon unanime, rejeté les mesures du gouvernement. Certains accusent celui-ci d’avoir violé la loi en agissant unilatéralement, sans aucune concertation. D’autres lui reprochent d’avoir remis en cause leurs acquis. Tous considèrent ces mesures comme injustes et se préparent à défendre leurs intérêts en rendant la dictature responsable de ce qui pourra arriver.

 

Le moins que l’on puisse dire est que les étudiants et les travailleurs ont toutes les raisons du monde de ne pas accepter ces mesures-là ! Ils ont bien raison de clairement signifier au dictateur Déby et à ses larbins de ministres qu’ils ne pourraient continuer à subir sans réagir les conséquences désastreuses de leur politique sur la vie de millions d’opprimés et d’exclus du pays ! Ils ont eu mille fois raison d’exprimer à ceux qui dirigent leur refus de faire les frais de la crise du capitalisme, ce système dont ces derniers sont les serviteurs et les profiteurs !

 

Cependant, il ne suffirait évidemment pas de manifester sa colère dans la rue pour pouvoir mettre un coup d’arrêt à la politique du gouvernement qui consiste à s’attaquer toujours aux plus pauvres et à leurs enfants tout en protégeant les plus riches qui, eux, s’engraissent et se vautrent de plus en plus dans un luxe insolent. La dictature de Déby et le patronat qui la soutient ne tiendront compte des aspirations populaires que forcés et contraints. Par conséquent, la seule perspective pour imposer les libertés élémentaires, comme celles de se réunir, de manifester, de s’exprimer, mais aussi pour en finir avec la cherté de la vie, les salaires de misère, les maladies et autres privations, que le pouvoir de Déby impose aux masses opprimées, est celle de la mobilisation de tous les travailleurs, du public comme du privé, et de l’ensemble des opprimés, des organisations des droits de l’homme, des femmes, des étudiants, des retraités, des chômeurs, tous ensemble, unis dans le même combat en vue de créer un rapport des forces qui fera plier la dictature et le patronat ! Il n’y a pas d’autre issue !

 

Ali Mohamed Abali Marangabi

Abali_icho@yahoo.fr