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Publié par Mak

Drame d'Eseka au Cameroun: lettre ouverte au président Paul Biya

Lettre ouverte au président de la République

         Monsieur

Comme plus d’un camerounais, je suis extrêmement  choqué  par votre attitude face à l’accident ferroviaire qui a endeuillé mon pays vendredi dernier.  Je pense que pour un Président de la République, cette attitude est irresponsable, condescendante et insultante. Ce n’est pas la première fois que vous faites montre d’une telle indifférence aux problèmes qui foudroient les camerounais.  Je pense qu’à chaque fois le mutisme des uns et des autres vous a donné des ailes. Ainsi aimerai-je vous parler avec la franchise qu’on doit à un homme qui a bénéficié de plus de ¾ des suffrages du peuple et qui continuellement ne cesse d’afficher un mépris total envers ceux qui, pendant plus de trois décennies, lui ont fait confiance.

       Monsieur

       L’élection présidentielle vous a donné des droits, mais pas tous les droits, elle vous a surtout donné des devoirs. Je voudrais loyalement vous demander : après 34 ans de pouvoir, arrivez-vous à être sincère avec votre conscience, lorsque vous regardez votre miroir en vous rasant le matin, alors que vous savez en âme et conscience que vous êtes le premier responsable de la putréfaction avancée qu’a atteint le Cameroun à ce jour ? Je ne saurais répondre à votre place, car vous et vous seul connaissez la réponse mais, je pense qu’elle est  non, et je l’ai compris dimanche dernier, lorsque rentré de ‘’votre Suisse adoptive’’ au lieu de vous rendre à Eseka, vous vous êtes terré comme un sanglier dans votre gite et avez choisi  au prorata quelques journalistes  à qui vous avez parlé. Lors de cet entretien, J’ai vu un président de la république qui avait la conscience lourde ; j’ai vu un président de la république contrit ; j’ai vu un président de la république éhonté et essoufflé qui avait peur de regarder la camera ; j’ai vu un président de la république dont le juge intérieur n’arrêtait d’incriminer.  Vous, qui êtes sensé veiller au respect des lois et assurer le fonctionnement régulier des pouvoirs publics (Art 5), avez en toute goguenardise transgressé ses deux dispositions de notre loi fondamentale, devenant ainsi un dictateur, un manipulateur, un je-m’en-foutiste, et un impénitent de surcroît. Alors dites-nous monsieur le Président, de quel droit ?

De quel droit violez-vous de façon permanente notre  constitution ?

De quel droit banalisez-vous notre suffrage universel direct ?

De quel droit imposez-vous la souffrance au peuple camerounais ?

De quel droit restez-vous hors du Cameroun pendant près de 1/3 du temps chaque année ?

De quel droit maintenez-vous arbitrairement certains camerounais en prison ?

De quel droit sacrifiez-vous les enfants d’autrui dans une guerre à laquelle vous-même ne prenez pas part ? 

De quel droit bradez- vous le Cameroun aux multinationales de mauvais aloi  qui arrivent et font ce qu’elles veulent ?

De quel droit privez-vous la majorité des camerounais de la jouissance des richesses de leur pays ?

De quel droit réduisez-vous le Cameroun en un pays de rien du tout ?

De quel droit réduisez-vous les camerounais en mendiant de l’univers ?

De quel droit détournez-vous notre argent pour vous taper des villégiatures en Suisse ?

De quel droit abusez-vous des pouvoirs qui vous sont conférés en plaçant à tous les postes stratégiques vos amis et vos proches ?

De quel droit livrez-vous le Cameroun aux sectes et loges de tout acabit ?

De quel droit mettez-vous notre économie en danger(en endettant ostentatoirement le pays et en signant les Ape)

De quel droit vous servez- vous des victoires de notre armée et de nos lions indomptables pour redorer votre image fâcheuse ?

De quel droit empêchez-vous au peuple de s’exprimer ?

De quel droit volez-vous notre démocratie ?

       Monsieur le président, le Cameroun vous a tout donné,  en retour vous l’avez trahi. Vous avez héritez d’un Cameroun uni, riche et prospère. Vous l’avez transformé en un funeste capharnaüm  pauvre et très endetté où riches et pauvres se regardent en chien de faïence. Un monde sans foi ni loi où certains peuvent piller de plein droit. Un Cameroun où le tribalisme est la crème, avec le fameux cache sexe rudimentaire de l’équilibre régional. Chaque imbécile à  qui vous vouliez donner une promotion administrative, vous avez apparenté cette fumeuse identité   d’équilibre régional. Malgré cet  échec éloquent, on peut quand même entendre une classe <<d’intellectuels cochons>> vous reconnaitre  plusieurs mérites. C’est ce que vous avez voulu, faire de tous les camerounais, des esclaves masqués qui, attendant en retour de bénéficier de certains avantages, vous lèchent les talons.

       Vous qui n’avez jamais connu la souffrance ; vous qui n’avez jamais perdu un proche en guerre ; vous dont la mère n’est jamais morte lors d’une catastrophe qu’on n’aurait pu éviter ; vous qui n’avez jamais connu le chômage ; vous qui n’avez jamais goutez le brouet amer  de faire et de refaire un concours alors que ceux qui le réussissent sont intellectuellement moins disant que vous ; vous dont le nom n’a jamais disparu sur une liste définitive d’un concours parce qu’il a été remplacé par celui du fils d’un tel ou d’un tel autre ; vous dont les enfants n’ont jamais eu faim ; vous qui n’avez connu ni coupure d’eau, ni coupure d’électricité, ne pouvez que parler avec ironie  de résilience( Discours 31 décembre 2015) et conseiller aux autres d’attendre. Mais si un jour on vous avait appelé pour vous annoncer que, Junior, âgé de 22ans parti en guerre, qui se plaignait déjà ne pas recevoir ses primes est tombé; Quand,  a ses obsèques, vous n’avez pas vu celui qui a déclaré cette guerre ;  si un jour, alors que le chômage vous lancine, n’ayant pas d’argent, vous avez manqué de voix pour répondre à votre petit enfant de deux ans qui vous  crie sous pieds ‘’papa j’ai faim’’, pourtant autour de vous ,votre voisin moins méritant se la coule douce ; Si enfin de compte vous constatez l’indifférence totale de celui qui met de l’eau au moulin de ses souffrances,  alors comme plusieurs camerounais aujourd’hui, vous aurez envie de  frapper comme la serre d’un lépreux.

       Monsieur

      Le temps des politi-cons qui promettaient tout et ne faisaient rien est révolu. Arrêtez de berner les camerounais ; arrêtez d’engager clandestinement l’avenir de tout un peuple ; arrêtez de rêver que seul le Rdpc a voix au chapitre dans ce Cameroun multidimensionnel. Les camerounais ne sont pas des éternels enfants à qui vous devez servir tout et n’importe quoi. Le Cameroun est un peuple fier et travailleur qui s’est juste mépris en confiant plus de trente années de son histoire à un hypocrite et inapte infatué. Que la patience observée jusqu’à présent vous  rende moins triomphaliste, car le peuple camerounais est comparable à une femme qui sait aimer de tout son cœur et qui sait détester au superlatif absolu. Croyez-moi Monsieur, la dose de souffrance imposée au camerounais ne vous pardonnera jamais!  Le pouvoir peut encore faire de vous à ce jour l’homme le plus puissant, en arme et en richesse, mais gare a l’humiliation et surtout  à la colère des camerounais!

       Monsieur,

      Cette lettre n’a pas pour but de faire votre procès, elle entend seulement vous rappeler l’échec cuisant de votre politique trentenaire, en vous proposant les solutions pour ne pas sortir du pouvoir éhonté, la tête enfouie dans le cul-de-sac de notre histoire. Ainsi donc pour qu’aucune bombe ne fasse tressaillir le  Cameroun avant  et ou après votre départ, vous devez avant 2018 :

-Justifier avec vos collaborateurs, vos biens et remettre à l’Etat tout ce qui n’aura pas été justifié ;

-Limiter le mandat a présidentiel  à 5ans renouvelable une fois ;

-Créer les conditions d’une élection libre et transparente (réorganiser Elecam,  faire une refonte des listes électorales, créer un code électoral consensuel, mettre sur pied une élection à 2 tours, avec bulletin unique) ;

-Organiser la transition au sein du Rdpc ;

- Libérez les  prisonniers politiques ;

-Demander pardon au peuple camerounais et ne retirer officiellement votre candidature ;

- Appelez tous les camerounais à un dialogue national ;

-Organiser fin 2017 une élection anticipée et l’annoncer un an à l’avance pour ne surprendre personne ;

Il y va non seulement  d’une alternance pacifique, mais aussi de la sécurité de votre famille et de vos proches.

C’est peut être naïf de ma part de vous faire de telles propositions, mais sachez que les camerounais vous ont beaucoup aimé, ils vous ont tout donné, vous les avez déçu et votre petite personne ne les intéresse plus.

       Croyez monsieur le Président, l’expression de mon profond respect

mebougben@yahoo.fr