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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

Crise financière et mendicité au Tchad, une honte pour le régime MPS – Par Senior Mbary
 
La crise financière que connait actuellement le Tchad, avec ses corollaires de crises sociales, a donné lieu à une avalanche de mendicité à travers le monde qui n’honore ni la république, moins encore ses dirigeants. C’est un échec personnel de Deby qui devra avoir honte et demander pardon au peuple tchadien.
 
Le Tchad n’est pas le seul pays producteur de pétrole à recevoir ce choc lié à la baisse des cours mondiaux, mais pourquoi les ménages en subissent particulièrement les effets, avec les retards  de versement de salaires et d’abattement des indemnités des fonctionnaires ? Ne dit-on pas que gouverner c’est prévoir ? On nous dira que c’est parce que le Tchad est engagé sur plusieurs théâtres des opérations militaires. C’est faux. Les dépenses engagées sont régulièrement remboursées par les vrais commanditaires de ces interventions mais qui ne sont pas reversées au Trésor public. En plus, la baisse du cours de pétrole est censée être compensée par l’entrée en production de nouveaux puits. En clair, il faut chercher les causes ailleurs.
Et pour résorber cette crise financière, c’est la mendicité à grande échelle qui est enclenchée auprès des pays amis et des institutions que le pays méprisait il n’y pas si longtemps.
Des analyses plus pointues l’ont déjà évoqué avant moi, la principale cause de ce désastre financier est encore et encore liée la MAUVAISE GOUVERNANCE du pays.
Cette mauvaise gouvernance est d’ailleurs de plus en plus mise en évidence avec des révélations des scandales de détournements des fonds publics ces derniers temps, qui se suivent et se ressemblent, impliquant tous les proches parents ou alliés du président de la République. Ces révélations ne sont, en fait, que la face visible de l’iceberg. Ce qui choque et révolte le plus, c’est l’impunité qui enveloppe ces détournements prouvés dès lors que les auteurs sont du clan ou alliés du dictateur.  
Des individus et des organisations de la société civile ont rendu un grand service au gouvernement en lui proposant une série de contre-mesures simples et crédibles de sortie de crise, mais celles-ci resteront sans issue parce que, lorsqu’elles sont appliquées, toucheront forcément aux intérêts de la famille de Deby.
Cette situation rappelle étrangement celle du Comité permanent de Kamougué lorsque la population a replié au Sud après la guerre civile de 1979 à N’Djaména. Un budget de moins de 6 milliards de FCFA avait été établi pour faire fonctionner l’administration. Et tenez-vous bien, d’après les estimations des financiers de l’époque, rien que les recettes de la Douane de Moundou pouvaient financer l’intégralité de ce budget. Mais la gourmandise et la mauvaise gestion du Comité permanent étaient telles que même les militaires qui étaient au front n’étaient pas alimentés. Conséquences : ces mêmes militaires, déçus et frustrés, ont fini par jeter l’éponge et pactiser avec le régime de Habré. La suite on la connaît, c’est la chute de la zone méridionale aux mains des FANN, suivie des massacres des innocents, plus connus sous le nom de « Septembre Noir ».
Si une enquête devrait être menée sur les vrais causes de « Septembre Noir », je suis persuadé que la responsabilité première allait être imputée aux dirigeants du Comité permanent pour n’avoir pas su bien gérer la zone méridionale, laissant ainsi la porte ouverte aux rebelles de N’Djaména. Mais en fait, ce n’est pas l’objet de cet article. Le moment venu, les historiens s’y pencheront.
La ressemblance à laquelle je fais allusion est que lorsque les gens sont saturés comme c’est le cas actuellement, ils sont capables de tout et ne reculent devant rien, parce qu’ils n’ont rien à perdre. Ceux qui ont des choses à perdre, ce sont ces nouveaux riches, riches non pas par leur travail mais par des détournements des biens publics, donc poursuivables. Et ils le seront tôt ou tard. Ils doivent se rappeler que même les criminels des deux guerres mondiales de 1918 et 1945 continuent d’être traqués.
Le hold up des élections présidentielles d’avril 2016 n’a fait qu’accentuer le rejet de cette bande de criminels et de pilleurs venus de l’Est. Conscients de cela, Deby et sa famille sont prêts à tout pour conserver le pouvoir et le dictateur lui-même semble jouer sur cela pour mobiliser ses parents et alliés autour de lui. Mais les gens l’ont dit aussi avant moi, il y a un temps pour tout et ce n’est pas Deby, himself, proche de Kadhafi qui nous le démentira.
Un seul message à Deby : Avec votre famille et vos parents, continuez à saigner le Tchad dans l’impunité total et à mépriser le peuple qui s’échine à produire pour vous. Mais sachez que la justice divine sera sans appel, ne l’oubliez surtout pas.
 
Senior Mbary