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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

A la jeunesse tchadienne - A tous les jeunes activistes tchadiens éparpillés à travers le monde

A la jeunesse tchadienne

A tous les jeunes activistes tchadiens

éparpillés à travers le monde.

 

Ils aiment le Tchad.

Ils nourrissent pour ce pays des rêves de Liberté, de Justice, de Paix, et de Progrès .

Ce pays cristallise leur peur mais aussi leur espoir.

Pour lui, ils mobilisent leurs temps, leurs énergies et, parfois, ils donnent leurs vies pour que chaque citoyen y trouve une place juste.

Je les soutiens. Je les encourage.

Je rends hommage à ces Gavroches tchadiens des temps modernes.

Je les appelle de tous les noms glorieux : Spartacus, Gladiateurs, Militants, Combattants...

 

Je leur dédie ces simples mots .

 

Écoute, entends-tu jeunesse ces sanglots au loin étouffés ?

Entends-tu les pleurs étouffés de ton peuple ?

Fait silence, chut ! Écoute. Ferme les yeux, écoute,

L’écho de ce sanglot que te ramène de N’goura les oiseaux migrateurs au printemps.

 

Écoute-les, imagine-les, ces mères en pleur creusant les termitières pour chercher des graines.

Entends-tu l’écho de ces complaintes qui survolent les fleuves, et les déserts de ton pays lointain ?

Écoute, s’il te plaît, écoute le bruissement de ces fleuves : le Chari, le Logone, la Tandjilé, le Batha, le bahr Sara, le bahr El -Ghazal, le Ba-illi, et tant d’autres qui arrosent ton pays !

C’est les pleurs de ton peuple qui monte vers toi.

 

Observe le calme trompeur du Lac Tchad, celui des lacs Léré et Tikem ….

Observe ces multiples cours d’eau entre le désert et l’océan.

Ce calme illusion de sérénité .

 

O jeunesse-espoir, vois-tu au loin ces montagnes ?

C’est l’Emi koussi, l’Abou-Telfane, le Mont Abtouyour, le Mont de Lam , la colline de korbol !

Sont-elles toujours là, et fières dans leurs robes de laves noircis ?

Imagines-tu la « Reine du Guéra » naguère si fière , aujourd’hui pleurer les larmes de sang.

Elle pleure parce qu’elle est toutes les femmes de ton pays,

Elle pleure parce qu’elle est toutes les mères éplorées dont les enfants fauchés, à fleurs de l’âge, ne diront plus jamais, « maman », « Iya », « khom ,...»

Elle pleure parce qu’elle est toutes les veuves dont les époux ne sont jamais rentrés un soir.

 

Jeunesse combattante, ferme les yeux ! Ferme -les avec tes deux mains !

Vois-tu ces larmes qui coulent ! ils inondent la terre de tes ancêtres.

Lève le bras et tends l’index compte ! Combien sont-ils ceux et celles qui pleurent ?

Compte sans t ‘arrêter, compte toujours.

Entends-tu cette voix douce qui te chuchote à l’oreille:

«Je ne suis pas seule, je suis cent, je suis mille, je suis douze millions, à l’aide, au secours…...»!

 

 

 

 

Qui suis-je donc pour que tu te sacrifies tant ?

Je suis tous ceux que tu as laissé derrière toi.

Je suis ta mère, je suis ta sœurs, je suis ton frère, je suis ton père ...

je suis d’où tu viens !

Je suis ton pays le Tchad !

je suis ton Peuple meurtri.

 

O jeunesse de mon pays, tu es mon présent et mon futur.

De mon exil lointain je te pleure, je t’implore, je t’exhorte

Lève-toi en brave, ne meurt pas, à petit feu, en lâche.

Regarde toujours d’où tu viens si le doute t’envahis.

 

Jeunesse de mon cœur tu es intelligence et bravoure

J’entends le bouillonnement de ta colère, n’écoute plus ces aînés qui te brident.

Car la peur, la résignation sont leurs quotidiens même quand tout s’écroule.

 

Tu es une force en marche qui erre encore, tu es un souffle, tu es une flamme.

Tu es une passion incandescente qui emportera au loin la misère, et l’injustice, ...

Tu es l’arbitre de cette lutte inégale entre les résignés et les oppresseurs.

Tu es le balaie qui nettoiera, l’eau pure qui lavera la souillure, le parfum frais qui embaume.

 

Oui, le peuple ne pleurera plus d’ici peu. Il connaîtra la joie, la fierté et l’honneur.

Car sa jeunesse flamboyante, et fière le relèvera, le vengera s’il le faut.

Elle sera son glorieux combattant . Son gladiateur, son Spartacus

Elle sera mille Gavroches à la barricade pour sa LIBERTE.

 

O peuple qui souffre !

Je vois ta jeunesse frémir, même dans le brouillon de son utopie et son inexpérience,

Elle lève le point, crache la rage, c’est sûr, elle enfantera ton honneur comme tu l’a enfanté.

Elle sera combattante de ton avenir, elle est déjà ton espoir radieux.

 

Marguerite-Odile Kabatchang

Le 15 septembre 2016