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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

Tchad: ma lettre au Président Deby

 


Excellence Monsieur le président, je me permets aujourd’hui de vous adresser ces quelques mots pas pour vous chanter des éloges comme beaucoup le font car j’ai beaucoup trop d’honneur pour m’abaisser au ras du sol. J’écris ces mots pour vous transmettre le cri de la jeunesse agonisante dont j’en fais partie.


J’attire votre attention à travers mes écrits sur les attentes réelles de la jeunesse dont vous et votre entourage de la classe régnante qui faites partis de la génération passée ne comprenez pas. A travers les cris de cette jeunesse durant surtout cette année, vous aurez remarqué que cette jeunesse n’est pas comme celles des siècles passés. Cette jeunesse qui ose et qui a de l’audace, demande à être écoutée et prise au sérieux en sa qualité de fer de lance de la société.
Cette jeunesse ne revendique pas le pouvoir politique mais loin de là, elle revendique ses droits qui sont entre autres: une éducation de qualité, un emploi pour tous, une justice équitable, une égalité de chance, le mérite (celui ou celle qu’il faut à la place qu’il faut) dans l’administration publique, une bonne gestion de la chose publique, des soins de qualité, un climat d’affaire ouvert à tous, des conditions de vie descentes etc.


Vous disiez dans votre discours d’investiture: «jeunesse tchadienne je mesure pleinement l’ampleur de vos attentes, je comprends les angoisses et les incertitudes qui vous habitent et j’ai conscience de vos espoirs déçus». Ce discours est très beau pour être vrai dirait ma jeunesse. Ce pessimisme n’est autre que le fruit de milliers d’autres discours de ce genre que vous avez prononcés dans les années passées et ces promesses ne furent que des illusions pour la jeunesse qui attend toujours des actes concrets de votre part.


Par mon stylo, je voulais vous transmettre les attentes de la jeunesse dont la liste suivante n’est pas complète :


La jeunesse demande une lutte sans merci contre l’injustice dont la plus grande partie se passe sous votre nez mais vous dédaignez de sentir un semblant de son odeur
La jeunesse demande l’arrêt de la corruption généralisée devenue l’hymne nationale dont les principaux acteurs qui furent les initiateurs étaient les personnes à qui vous avez confiées la gestion du pays.


La jeunesse demande une lutte acharnée contre le détournement des deniers publics dont les voleurs sont ceux de votre entourage vu que les actes des marchés publics portent tous votre signature.


La jeunesse demande une lutte contre le clientélisme que vous avez mis en place ces dernières années et permit la promotion des médiocres qui ne pensent qu’à leur ventre et vous chanter des belles éloges, à la place des hommes et femmes dignes qui ont les épaules et l’éloquence de parler pas pour eux mais pour le Tchad.


La jeunesse demande une amélioration du climat d’affaire en réduisant ces taxes exorbitantes et ces tracasseries qui empêchent la jeunesse de mettre ses idées d’entreprenariats en exécution. Aujourd’hui, au Tchad, pour enregistrer ton entreprise, il te faudra mouiller la barbe à toutes les personnes qui seront devant toi et ce processus prendra des mois et voire même des années, ce qui prend sous d’autre cieux quelques heures, au plus quelques jours.


La jeunesse demande un développement des ressources énergétiques qui sont les conditions sine qua none pour l’industrialisation, en un mot un décollage économique du Tchad. Tant que le pays n’arrive pas à transformer sa production sur place, nous serons éternellement dépendants des autres et notre vie continuera à être encore plus chère.


La jeunesse demande un développement des infrastructures de toute gabarie. Elle est fatiguée de nager dans l’eau débordant des caniveaux à chaque goutte de pluie tombée dans la capitale que vous voulez rendre la vitrine d’Afrique.


Vous avez eu l’opportunité de visiter le pays de milles et une colline (le Rwanda) cette année et vous avez remarqué combien s’est développé ce pays qui vient de loin dans la cours de l’histoire. Nous ne sommes pas aussi différents qu’eux vu que nous avons traversé presque les mêmes misères. Vous devez prendre l’exemple de votre homologue qui met la main dans la boue pour inciter son peuple au travail.


Il ne sert à rien de faire des beaux discours dans des salles clos ou sur des tribunes apprêtées pour l’occasion. Réveillez-vous et sortez de votre palais pour prendre vos responsabilités pas seulement de Chef mais aussi celles de Guide de la Nation en donnant vous-même l’exemple à suivre. Vous serez complètement éblouit combien le peuple tchadien est souciant de son pays et sa jeunesse est une jeunesse qui ose et qui a de l’audace.


Les cris de la jeunesse ne peuvent être étouffés par la force car cette jeunesse n’est pas celle des siècles passés. Un proverbe Beri dit : « à force d’être frappé, l’âne n’aura plus peur du bâton ». En voulant taire les cris de la jeunesse par la force, elle sera immunisée contre celle-ci et n’aura plus peur. Un moment, elle sera prête à mourir pour ses convictions et à ce moment-là, vous vous rendrez compte que vous avez atteint le point de non-retour et ça sera trop tard pour revenir en arrière. Si vous continuez à confier la gestion des cris de la jeunesse à vos hommes de main dépourvus de cerveau qui ne connaissent que l’usage de la force brute, vous allez confirmer cet autre proverbe Beri qui dit : « quand le règne d’un roi veut arriver à son terme, l’un de ses signes indicateurs sera l’acharnement de ce dernier sur son peuple par la force brute ».
Pour anticiper une telle chute, je vous suggère ce qu’aucun de vos conseillers, qui se courbent en quatre pour vous faire plaisir au lieu de vous conseiller sur les décisions que vous devez prendre pour satisfaire le peuple qui vous a élu à la magistrature suprême, ne vous dira. N’envoyez pas vos chiens pour mater la jeunesse à chaque fois qu’elle grognera mais sortez en personne et écoutez ce que cette jeunesse a à vous dire.


Excellence Monsieur le Président, sachez que la jeunesse n’arrêtera jamais de crier haut et fort les maux dans lesquels elle vit au quotidien. Vous êtes investi pour les cinq ans à venir et ces cinq ans seront les plus durs que vous aurez eus à vivre durant toute votre vie de Président. Ces années seront les années d’aucun repos pour vous. Tachez de bien profiter pour concrétiser pour une dernière fois vos promesses faites au peuple, en particulier à la jeunesse et à la femme.

 

Signé Bichara Gardia Moursal