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Flash Info: Idriss Deby piégé par sa générosité, monte la pression sur les pays occidentaux et menace de quitter la zone fcfa //

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Publié par Mak

« Pompiers pyromanes », telle est la stratégie des dictateurs africains !

En délicatesse avec l’actuel locataire de l’Elysée à l’aube de son mandat en avril 2012, les dictateurs africains de l’espace francophone ont fini par damer le pion au président François Hollande…et comment ?

De la Seleka (Centrafrique) à Boko Haram (Lac Tchad)

  • Le bourbier centrafricain

Architecte et parrain de plusieurs mouvements armés aux fins de déstabilisation de son voisinage, le président tchadien Idriss Deby Itno arriva à ses fins en Centrafrique, avec l’accession au pouvoir en août 2013 à Bangui de Michel Djotodia, patron du tristement célèbre groupe armé Seleka, qu’il démissionna en janvier 2014 à Ndjamena, sous la pression de la France.

Devenir incontournable pour s’attirer les bonnes grâces, et les faveurs de la France, pour s’éterniser au pouvoir dans un pays de sa zone d’influence, n’a pas été la démarche du seul Tchadien Idriss Deby Itno, car Dénis Sassou-NGuesso l’a faite sienne aussi. Le Congolais s’est immiscé dans le conflit de ce pays enclavé, qu’est la Centrafrique, en parrainant plusieurs dirigeants politiques et leurs nébuleuses.

La guerre civile fratricide dans l’un des pays les plus pauvres d’Afrique centrale, présentée à tort comme une guerre confessionnelle, a toujours pour parrains, Idriss Deby Itno et Dénis Sassou-NGuesso.

La salutaire opération française Sangaris, déclenchée le 5 décembre 2013, et en phase d’achèvement à partir d’avril 2016, a jugulé le conflit à Bangui, mais la Seleka, créature d’Idriss Déby contrôle tout le Nord du pays qui échappe au nouveau président Faustin Touadera. En revanche, les Anti Balaka ont pour base arrière le nord de la république du Congo-Brazzaville, où réside l’un des plus grands criminels centrafricains, Abdoulaye Miskine.

Les rêves de grandeur des dictateurs africains n’ayant d’égale que leur félonie impériale au détriment du développement de leur pays, la seule façon de s’illustrer, et de devenir incontournables, est de jouer les bons offices dans les conflits sous-régionaux.

Garder un levier important à réactiver selon leurs intérêts à court et moyen terme, telle est la stratégie des principaux protagonistes du bourbier centrafricain, que l’Elysée, impuissant, adule et refuse de voir ou de contrer !

  • Boko Haram a-t-il échappé à ses géniteurs ?

La question que tout esprit lucide se pose est de savoir, comment la mouvance militaro-religieuse Boko Haram peut-elle narguer l’armée nigériane, la plus puissante armée africaine qui mit fin aux guerres civiles en Sierra-Leone et au Liberia, mais surtout les puissances occidentales y compris les USA ? A qui profite le crime ?

Selon plusieurs sources, la secte terroriste Boko Haram a prospéré dans l’Etat du Borno au Nigéria, sous les deux mandats (2003-2011) du gouverneur et milliardaire, le Sénateur Ali Sherrif dit SAS. Il serait pour beaucoup d’observateurs l’architecte et le principal financier de cette nébuleuse à des fins politiques.

En 2008, le président nigérian Umaru Yar’Adua mis en évidence des preuves accablantes du financement de Boko Haram par Abbas Tolli (neveu d’Idriss Deby) prochain gouverneur de la Banque des Etats de l’Afrique Centrale en janvier 2017, à l’époque ministre des finances de son Etat, par le biais de son ami le gouverneur Ali Sherrif. L’oncle Idriss révoqua du gouvernement son neveu et fusible Abbas, pour ne pas s’attirer les foudres de son puissant voisin nigérian, qui mena une expédition militaire et punitive dans la région du Lac Tchad ; peuplée de l’ethnie Boudouma, majoritairement hostile au pouvoir d’Idriss Deby, dont la jeunesse par dépit rejoint en masse la secte d’Abubakar Shekau.

A la faveur de l’élection de son ami, le président Buhari au Nigéria, Ali Sherrif le partenaire d’Idriss Deby dans l’exploration pétrolière dans le bassin des Erdis (Tchad), est rentré de son exil tchadien. Ce précieux allié du président tchadien dans la lutte contre Boko Haram est un argument supplémentaire qui milite en sa faveur auprès de François Hollande, bien qu’il incarne la pire des tyrannies de la françafrique avec Denis Sassou-NGuesso. Tous deux, ils ont en commun d’être contestés par leur peuple.

Cette instabilité dans la bande sahélo-saharienne et en Afrique centrale, entretenue par des pompiers pyromanes, a fini par piéger la France dans cette alliance folle avec des dictateurs africains sanguinaires, dont les survies dépendent du chaos et de criminels sans foi ni loi.

Les dicta-tueurs africains chez eux à l’Elysée

Bien qu’officiellement le communiqué de l’Elysée sur la réunion de travail entre François Hollande et Idriss Déby du samedi 20 aout 2016 évoque la lutte contre Boko Haram, pour le président tchadien en séjour privé en France, l’objectif est de montrer qu’il a le soutien total de François Hollande, après la contestation de son élection et son intronisation le 8 aout 2016 en tant que président du Tchad, sanctuaire de l’opération Barkhane.

Quant au dictateur Denis Sassou-NGuesso, ses proches affirment qu’une rencontre avec François Hollande est prévue dans le courant du mois de septembre à l’Elysée…

Exit les droits de l’homme…comme le dit Robert Badinter : « la France est le pays de la déclaration des droits de l’homme, et non le pays des droits de l’homme ! »

Mingwa BIANGO

Diffusé le 21 aout 2016, par www.congo-liberty.com