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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

Mahamat Nour Ahmed Ibedou de la CTDDH

Mahamat Nour Ahmed Ibedou de la CTDDH

« Vous voulez mettre le pays à feu et à sang ! Ce pays est fragile, il revient de loin ! Il faut préserver cette paix chèrement acquise ! Vous êtes des prophètes de malheur, vous cherchez à instaurer le chao dans le pays ! Etc. ».

 

Telles sont les affirmations avec lesquelles Idriss Deby, ses parents, ses obligés ainsi que ses griots attitrés nous abreuvent à longueur de journées depuis que la mauvaise gouvernance était devenue insupportable pour le reste des tchadiens ; ces diatribes sont naturellement destinées à diaboliser la Société civile engagée et l’épouvantail de la guerre civile déjà connue est devenu depuis quelques temps, un credo commode pour ces individus qui nous gouvernent, surtout quand ils sont en panne d’argument.

Sans vouloir chercher à réfuter ces affirmations dont la grossièreté et l’absurdité sont évidentes dans la phase actuelle où se trouve le pays, nous essayerons de la représenter par une image que nous a décrite un membre du bureau de la CTDDH : nous avons estimé que cette image illustre à merveille la situation actuelle vécue par nos compatriotes au quotidien.

Vous êtes en présence d’une bagarre opposant deux hommes ; l’un d’eux est un géant armé jusqu’aux dents qui, après avoir terrassé un autre homme, petit maigre et désarmé s’est mis à le poignarder sans relâche ; toutes les personnes qui arrivent sur les lieux, au lieu de chercher à séparer les belligérants se mettent tous à demander à celui qui a été terrassé et qui, en sang continue de recevoir les coups de poignard de ne pas réagir pour « préserver la paix » ; ceci pendant que le géant assis sur lui continue à lui assener les coups de couteaux.

Cette scène décrit exactement ce qui se passe dans notre société ; c’est au plus faible qui subit l’oppression du plus fort qu’on demande de continuer à supporter cette oppression « au nom de la paix chèrement acquise ».

Il est donc exigé à la majorité des tchadiens de courber l’échine et de continuer à endure la faim, la misère, l’injustice au quotidien au nom de la « paix » ;

Peut-on demander à un père de famille dont la maison jouxte celle d’un milliardaire de 18 ans appartenant à la famille régnante, qui organise des soirées fastes au cours desquelles il n’hésite pas à balancer sur la tête des chefs d’orchestre l’équivalent d’une centaine de millions en une soirée, alors que ce chef de famille ne dispose pas de 500 F CFA pour faire bouillir la marmite ,à cet homme là, peut on lui demander de rester tranquille « pour préserver la paix ».

Peut on demander à un citoyen dont les biens ou le terrain sont arrachés de force par un intouchable appartenant au sérail et qui n’arrive pas à obtenir gain de cause parce que tous les commissariats sont dirigés par les parents du tyran ; qui ne peut pas ester en justice, parce que cette justice agit pour le compte des plus forts au pouvoir, qui est obligé de se résigner à abandonner ses biens et propriétés à son corps défendant à ce proche du pouvoir ; peut on lui demander de rester tranquille « pour ne pas troubler la paix chèrement acquise » ?.

Peut-on demander à un étudiant tchadien à l’étranger, sans bourse d’étude et dont les parents n’ayant pas perçu leurs salaire n’ont pas pu lui envoyer ses 50 000 F mensuels , de regarder son compatriote proche du pouvoir mais étudiant tchadien comme lui, vivre dans l’opulence avec une bourse de 300 000 frs octroyée par la direction des grands travaux présidentiels et qui n’hesite pas à parler devant son compatriote des milliards qu’il possède au pays. On lui demandera de se taire au nom « de la paix chèrement acquise ».

Peut-on demander aux habitants de Ndjamena dont les deux tiers n’appartenant pas au sérail sont incapables d’assurer les trois repas, petit déjeuner, déjeuner, diner de se tenir tranquille pour « préserver la paix » alors que chacun de ces concitoyens après son petit verre de thé le matin sort pour courir en vue d’assurer le repas du soir ; une fois sur deux, il rentre bredouille . A ces gens dont seuls les murs cachent le secret, il leur est demandé de ne rien faire « pour préserver la paix »

Peut on demander à un fonctionnaire honnête qui ne peut pas rentrer chez lui à la maison bredouille n’ayant pas perçu son salaire et qui craint d’assister impuissant à la faim endurée par sa femme et ses enfants et surtout son propriétaire pour le paiement du loyer. A celui là on demandera de se tenir tranquille au nom de « la paix » etc.

Nous pourrons multiplier à souhait, ces exemples qui mettent en évidence le caractère superflu de ces slogans complètements factices ; personne n’est désormais dupe et ces assertions ne tiennent plus la route ; la Société civile continuera à mener des actions citoyennes et pacifiques prévues par notre loi fondamentale ; nous ne ferons qu’exercer des droits qui nous sont dévolus par nos lois et règlements parce que nous croyons fortement que ce ne sont pas les actions légales menées en réclamation des droits fondamentaux qui menacent la paix mais c’est la mauvaise gouvernance avec son corollaire d’injustices et d’accaparement des richesses nationales qui menace la paix.

Nous pensons que tant que les citoyens ne jouissent pas des mêmes traitements, il n’ya pas de paix ;

Cette paix à la Deby, nous n’en voulons pas et nous la laissons à ceux qui veule en faire leur feuille de vigne ; ceci parce que NOUS AVONS LES MEMES DROITS ;

D’autre part, à tous les obligés et autres « juristes » de circonstance qui mangent à tous les râteliers de Deby , nous leurs demandons d’arrêter leur rengaine habituelle de dire que nous, de la société civile faisons de la politique ; nous les renvoyons à leurs cours de droit de l’homme et de droit humanitaire et surtout s’ils possèdent un tant soit peu quelques rudiments de la notion de libertés publiques , ils apprendront peut être qu’un défenseur des droits de l’homme peut se prononcer sur un problème politique quand ce problème a une incidence sur les droits de l’homme ;

A bon entendeur…

Mahamat Nour Ahmed Ibedou

 

 

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