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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

Quel avenir pour le Tchad après l'élection présidentielle Avril 16 ?

Permettez-moi avant de commencer mes liminaires propos de rendre hommage à la Fondation gabriel péri pour le souci accordé au bien être de l’humanité et les idéaux combien de fois nobles, qu’elle défend inlassablement.

Le questionnement en titre est pertinent : Quel avenir pour le Tchad après l'élection présidentielle ?

Quand on évoque élection, nous pensons au suffrage universel. Cela, va sans dire que le point d’orgue est, la démocratie.

Il nous revient avant toute approche, d’ausculter la patrie qui adoube la dite démocratie. Quels sont les maux qui minent le Tchad ?

 

  • Un pays cloisonné par l’emprunte tribale renforcée par les tumultes des guerres civiles, couronnées de dictature aveugle huit ans, durant.
  • Un boom pétrolier dont la richesse, est très mal repartie
  • Une mal gouvernance vécue au quotidien,
  • Un rêve qui s’estompe aucune alternative nationale salutaire,

Le Tchad revient de très loin dit-on ! Certainement, il a du chemin encore à faire. Prendre comme ligne de démarcation la dernière élection d’Avril 2016, comme départ, est pratiquement se lancer sur le chapeau de roues pour donner une réponse hâtive au questionnement.

L’avenir d’un pays, comme un jeu d’ensemble, il nécessite la contribution des tous. Il se prépare mais ne s’improvise pas.

Bref !

Il y a autant de défis à relever que d’adversaires avec qui, négocier.

Il convient certes, de résumer le débat pour gagner du temps. Comme nous l’avons malheureusement constaté, l’opposition tchadienne a subtilement perdu cette première bataille électorale. Elle se défend pour trouver gain de cause.

Faudrait-il encore s’interroger sur la conduite à tenir ?

Si oui, que faire ?

Sinon qu’attend-elle ?

C’est le dilemme qui paralyse les initiatives collectives.

Les Tchadiens, dans leur grand ensemble, assistent médusés, devant les roches qui cachent l’anguille. Si comme l’ensemble des roches est le conseil constitutionnel.

 

  • Il y a d’un côté, ceux qui détiennent le pouvoir, qui ne sont, pas, prêts à lâcher prise.

Néanmoins, désemparés, ne savent naguère le conserver comme par le passé contre le gré de ceux qui le revendiquent.

  • Le nadir, est une opposition politique qui prétend, que le pouvoir chuta comme un fruit mûr, mais subtilisé avant de tomber entre ses mains prêtes à l’accueillir. Celle-ci souffre d’injustice mais n’a aucun moyen sûr, pour le moment de le récupérer. Elle mordille ses lèvres en quête d’alliance pour reconquérir le pouvoir au point de s’allier avec le diable.
  • Un troisième larron, qui s’échauffe à la frontière, éhonté, fait le justicier admirable, bien qu’indésirable, il est préférable au diable. Cette opposition armée, aura-telle l’audace d’un ultime coup de force à essayer?
  • Au pays de Toumaï le système mit en marche les batteries juridiques qui sifflèrent la fin de la partie, rien ne va plus ; pas de recours possible.
  • L’Union Africaine (UA) est un ultime recours à la hauteur de l’enjeu électoral, mais là où le bât blesse, les plaignants vont se confronter au juge, qui est partie prenante.

La grande inquiétude est l’obstination de chaque camp, qui tient mordicus à sa position à tort ou à raison.

Admettons que tout le monde a raison ! (le pouvoir et l’opposition politique)

Dans ce cas, qui a tort ?

Si tel est notre départ, l’arrivée n’est guère loin du départ cela veut dire qu’on est figé .aucun consensus envisageable. Il ne persiste aucun doute l’avenir est en déperdition.

 

Vous avez insinué expressément avenir pour parler de perspectives ou espoir. Inévitablement, avenir rime parfaitement avec à venir.

 

Depuis belles lurettes les tchadiens, sont stressés pour leur avenir. Ils consultent les marabouts, les voyants, « le khât », la cartomancie ou le féticheur du coin, pour avoir une idée de ce que leur cache le ciel.

 

Cette incertitude communicative, assombrit l’avenir dit : à venir.

Trouver sa place au soleil c’est jouir de son droit à la vie, de posséder des biens matériels et moraux indéniables, comme prêcher la paix et aspirer à une vie paisible.

Au fait, qu’est ce qui rend douteux l’avenir ?

C’est bien l’absence de paix.

La paix est un patrimoine précieux qui ne se gratifie pas. Il faut le chercher et le partager dans une philosophie républicaine.

 

Pour la paix, il faut se battre sans relâche. Comme, nobles sont les raisons pour lesquelles nous sommes engagés, alors il ne faut pas perdre celles-ci de vue pour aucune raison au monde. Lutter pour acquérir la paix pour soi-même, pour les autres qui observent et même pour celui, contre qui, on se bat.

 

Un pronostic sombre de notre avenir

L’à venir qui chancelle à travers les nuages du désespoir peine de nous rassurer.

Quels sont les indicateurs qui nous laissent présager l’impasse ?

-les obstacles envisageables sont de taille.

Qui est ce qui empêche la roue de l’avenir de tourner rond et de bon sens?

 

Partant des élections du 09 au 10 Avril 2016, qui ne sont qu’une unité de mesures parmi tant d’autres. Toutefois, elles sont le déclic qui ne trompe pas.

Les ingrédients susceptibles de baliser nos arguments sont nombreux, en occurrence, nous devons nous limiter dans le temps.

  • Une société civile courageuse et forte, qui est au-devant de la scène,
  • Une crise politique postélectorale, qui frise la méfiance,
  • Affaire de la jeune Zouhoura suivie d’un pied de nez médiatique, par réseaux sociaux interposés ont montré les limites du silence,
  • Une crise financière qui couve une crise sociale,
  • Une instabilité régionale avec des graves conflits armés qui menacent nos frontières,
  • Les réserves des générations futures épuisées avant le délai, ce qui fait perdre la crédibilité bancaire,
  • Un trésor essoufflé ne remplit son rôle régalien,
  • Le malaise de la ruée vers l’or au Batha réprimée dans le sang, un rêve qui s’estompe.
  • Une élection présidentielle aux résultats contestés par une opposition qui s’organise.
  • Un tollé des militaires présumés disparus défraie les chroniques.
  • Une crise financière due à la baisse du baril de pétrole, qui peut se dégénérer en émeute de semoule. comme ce fut le cas « de la Tunisie le 29 décembre 1983 le déclenchement des émeutes du pain ».
  • Une population qui puise sur ses réserves d’emblée limités, risque de vouloir changer son devenir,

Avons-nous peur devoir droit devant nous ?

 

Cette peur bleue est-elle justifiée ?

 

Oui ! La peur étant une émotion évocatrice de danger réel ou fictif, elle oriente vers une prise de position d’abord défensive. Il n’est point un secret pour personne, que cet état général pernicieux qui demeure la coqueluche des habitants de la cité débouchera sur quelque chose en de parcours.

 

Comme, souvent danger alterne avec risque, alors la chance de paix durable est amoindrie par les points énumérés comme catalyseur de colère sociale.

Comment peut-on en définitive orienter notre diagnostic vers un embrasement ou paix durable?

En dépit des éléments que nous avons jugés constitutifs de possible embrasement, il convient de retenir aussi leur support.

 

Les principaux acteurs déterminants de l’avenir qui entrent en jeu sont :

Le Peuple, la paix, le pouvoir, la pauvreté et la peur.

Cette alchimie entre les causes et leurs supports, restent sous surveillance. Ces cinq, comme les doigts d’une main, qui commencent tous par P, sont les roches tel un point fermé qui dissimulent le spectre de l’avenir du Tchad.

Épions donc les caractères de nos cinq acteurs interpelés, au tribunal de l’histoire.

Peuple : Ce peuple tchadien, vient de réaliser ses devoirs et ses droits de manières confiantes, avec un engouement sans précèdent. Qui est généré par une conscience populaire adulée. Malheureusement son espoir est déjoué.

Mais d’où vient cette conscience collective ?

La conscience collective a plusieurs raisons de se forger :

  • La manne pétrolière est une ressource nationale à laquelle beaucoup des tchadiens ont fondé leurs espoirs.
  • Les familles tchadiennes sont sensiblement éveillées du fait du nombre des scolarisés par famille et ont acquis une maturité relative à force d’observer leur milieu social.
  • L’accessibilité aux medias
  • Une relative compréhension du pouvoir démocratique à force de le pratiquer depuis ¼ de siècle
  • Les affronts qui, chaque jour augmentent d’un cran, qui ne laissent personne indifférent ça frustre n’est pas ?

De ce qui précèdent, le peuple est en droit de revendiquer ses droits et émet de la résistance pour briser tout obstacle qui met sa vie en péril. « L’option de résistance est envisageable »

La paix,

La paix ne se définit pas, par des mots, mais elle se vit au quotidien. Elle est un état de quiétude totale, à l’absence de l’usage de l’épée. Celui qui se coiffe par la paix, doit inévitablement se mirer au reflet du miroir de la guerre. La paix est synonyme de bien-être. Elle est en quelque sorte un sentiment individuel ou collectif soutenu par un environnement social et/ou politique stable. Elle est le domaine de dialogues et des consensus. Il ne suffit pas de la lier à l’absence de conflit mais surtout à la sureté. On dit : la paix n’a pas de prix.

Cette paix rien ne se fait sans elle. Cependant une paix acquise doit être maintenue. Elle est un patrimoine de l’humanité. Ce qui la gatte c’est l’injustice qui fait appel à la violence parce que l’injustice, elle-même est une forme de violence insidieuse.

Vous avez bien répété, violence ! Alors vous avez bien compris que la violence apostrophe la guerre. Cette dernière, peut, à son tour réveiller les vieux démons de la haine.

Nous sommes d’accord que l’injustice a pour source l’abus de pouvoir, qui est une tare qui ne laisse aucune chance à la paix. « L’élément dangereux est le pouvoir qui toise le partage avec deux poids deux mesures »

Le pouvoir

Le pouvoir est l’ensemble des entités juridiques (exécutif, judiciaire, législatif..) qui sont de manière complémentaire, ensembles ou séparés, ont les capacités de décider et/ou d’exécuter les décisions. Dans une république, les pouvoirs sus mentionnés établis comme forme de gouvernance assurent la pérennité de la paix. Il arrive souvent en Afrique par abus d’exercice de pouvoir, d’ordre pratiques ou de manipulations intempestives, le pouvoir exécutif devient hégémonique donc phagocyte les autres pouvoirs sous-jacents, ainsi, il biaise les textes fondamentaux, souvent il se fusionne en un seul exécutif dominant. Il devient par inadvertance anticonstitutionnel. C’est un pouvoir qui roule au mépris de ses sujets sélectifs, qui sont laissés en rase campagne patauger dans la pauvreté.

La pauvreté

La pauvreté est un phénomène socialement artificiel. C’est l’incapacité de posséder un bien propre ou de ne pas pouvoir subvenir à ses besoins élémentaires. Cependant elle efface l’espoir de croire à un lendemain radieux. Quand un espoir quotidien s’estompe c’est la force maléfique qui s’installe durablement, ce qui fait hanter les esprits des hommes et des femmes valides des alternatives démoniaques les poussant aux débauches à la violence au vol ou à la mendicité. Si tel est le tableau d’une population donnée, qu’adviendra-t-il ?

 

 

Ce récurrent phénomène d’un espoir en vain, devient désespoir. La pauvreté couve inéluctablement la colère donc les émeutes.

Dans une situation anormalement calme, dans ce cas de figure, si une absence notoire de réaction populaire est avérée : Alors, il en découle deux possibilités :

-soit cette communauté manque de chef d’orchestre, elle est incapable de lever le défi,

-soit elle est consciente mais apeurée, donc la peur de mourir qui la paralyse.

La peur

La peur est une émotion fidèle, qui nous donne les réflexes de se protéger et de rester en vie.

La peur partagée, est longtemps perçue comme le voile qui pérennise la paix. Le brise-glace de la peur est le courage. Mais le courage, n’est pas fortuit. Il est dû à une conscience collective déterminée.

Résumons

Ne tirons pas nos lauriers et croire naïvement que rien ne va se passer ou bien par panique devenir alarmistes, au point d’être paranoïaques.

En effet il convient d’être réaliste. Certes le réalisme conduit à un éventuel débat national qui va sauver notre chère patrie qui a pourtant besoin en ce moment précis.

Un débat national franc, qui nous évitera la catastrophe, qui est la guerre civile.

 

Le pivot de nos cinq( P ),(Peuple, paix, pouvoir, pauvreté et peur.) en une succincte démarche analytique :

  1. peuple

Au compte du peuple : La conscience collective ou masse laborieuse consciente réveille notre attention c’est la sonnette d’alarme.

La conscience collective, accouche la résistance ;

  1. La Paix

. Nous sommes pour une fois d’accord que l’injustice est la tare de la paix et que l’injustice est une forme de violence. Donc la violence est aux aguets. « Avec une injustice permanente, la violence est présente ce qui altère la paix »

  1. Pouvoir

Par abus, le pouvoir exécutif devient hégémonique, biaise les règles constitutionnelles, souvent il se fusionne en un seul exécutif dominant. Il devient par inadvertance anticonstitutionnel. « Prémices de la dictature, naissance des classes donc l’écart se creuse entre richissimes et pauvres »

 

 

  1. Pauvreté

. La pauvreté couve inéluctablement les émeutes. Les pauvres peuvent tout miser pour éviter une mort lente. « Il est préférable de mourir debout que couché. »

  1. peur.

Nous avons en un mot, la panoplie du cocktail Molotov. Donc la peur doit avoir peur elle-même, de perdre sa nationalité tchadienne. Donc avoir peur n’est pas Tchadien. Il ne faut pas provoquer celui qui a une seule raison à défendre celle de vivre. Quelqu’un qui ne lui reste que son souffle vital à perdre, il le mettra en jeu de toutes les façons, il est en train de le perdre. Soit par la misère ou par l’injustice.

Bref !

Un peuple conscient du danger en plus désespéré, qui scrute l’horizon qui lui augure un avenir sombre ; celui-là, qui vit encore l’injustice au quotidien, alors de facto, la paix est altérée donc compromise.

Un pouvoir qui est censé protéger le citoyen et faire respecter la constitution, hésite pour prendre des mesures coercitives est un gouvernement irresponsable donc démissionnaire.

Une pauvreté qui alterne avec la misère dans un pays pétrolier où la majorité de la population crève de faim et côtoie les nantis qui baignent dans un luxe insolent.

La paix ne sera pas possible dans le mépris.

(Conscience & injustice=résistance ;

Résistance & pouvoir= violence ;

violence & pauvreté= courage au lieu de peur ;

Courage populaire & pouvoir= guerre civile)

Ce n’est qu’une simulation possible. La réaction populaire est souvent énergique et imprévisible mais pas inévitable.

Je voudrai conclure par le néologisme « aveuglenir » qui signifie un avenir aveugle et nous nous sommes lancés à grande vitesse vers l’inconnu en navigant à vue, silence on se meurt.

 

MAHAMAT ALI HIDJAZI