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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

Hamid Chriet, éditorialiste-Géopolitologue

Hamid Chriet, éditorialiste-Géopolitologue

Le scrutin présidentiel a été marqué par de fortes tensions entre le pouvoir, l’opposition et la société civile. Plus de deux mois après l’élection présidentielle au Tchad , la situation politique du pays traverse une crise profonde de l'intérieur. Candidat à sa propre succession, le Président Tchadien qui est au pouvoir depuis plus de 25 ans , va donc rempiler pour un cinquième mandat. Face au trucage électoral l'oppostion avait décidé de réagir en formant un gouvernement de salut public ,sous l'implusion du chef de file de l'opposition Saleh Kebzabo président de l'Union nationale pour le développement et le renouveau( UNDR).

Cette élection a suscité entre Paris et Ndjemena plusieurs inquiétudes. La première fut la disparition des militaires Tchadiens . La France avait exprimé à ce sujet sa vif inquiétude par la voie du Porte Parole du ministère des Affaires étrangères, Romain Nadal déclarant le 12 Mai 2016 que Paris « s’inquiète, comme ses partenaires de la communauté internationale, des disparitions signalées par les organisations de défense des droits de l’homme, de militaires tchadiens ».

Alors que la France avait appelé, les autorités tchadiennes à faire toute la lumière sur la disparition de militaire , le pouvoir de Ndjamena semble fait la sourde d'oreille, les familles de victimes , quant à elles n’ont toujours pas eu de nouvelles malgré l'ouverture d'une enquête par le ministre de l'intérieur Tchadien.

Pus récemment l'opposant Mahamat Ahmat Lazina avait dû quitter le Tchad pour le Cameroun le 29 avril, avec l’aide de la représentation de l’Union européenne (UE) à N’Djamena. Cette fuite en avant fut à cause de son engagement politique contre le pouvoir. La France l'avait exfiltré en lui accordant un visa depuis le Benin. Une autre tâche entre Ndjaména et Paris , se dessine , celle du viol collectif de Zouhoura par des hauts dignitaires du régime. La vive polémique sur l'impunité des familles conduit le Président Déby à sortir de sa réserve jusqu' a là, assurant " qu'il condamne fermement cet acte et rassure toutes les filles, toutes les mères, tous les jeunes, bref tous les Tchadiens que justice sera rendue et que plus jamais cela ne se répétera ". Poutant jusqu'à là rien n'est fait, pire encore les coupables du viol auraient, semble t'il échappé à la geôle de l'armée tchadienne, une chose pour le moins rocambolesque.

Cette situation d'agacement et préoccupante, face aux inégalités et aux injustices que ressentent les populations, doivent nous conduire à être vigilants quant à la stabilité du Tchad et de sa sécurité.

En effet, de plus en plus de jeunes tchadiens sans repère, sans espoir, face au changement que l'on leur avait promis lors des élections n’a pas eu lieu. Bien au contraire ce fut une mascarade électorale sans surprise, déclarant vainqueur pour un cinquième mandat le Président Idriss Déby au pouvoir depuis plus de 25 ans.

Ce climat, a favorisé l'émergence d'une radicalisation au sein de la population qui ne voit le salut que par les armes. En effet les politico militaires sont d'ores dèja aux côtés du nord et de l’est du pays, par des groupes armés qui se mobilisent aux frontières tchado-libyennes et tchado-soudanaises.

Le risque de contagion semble se dessiner dans la sous-région. Il faut impérativement négocier avec le Président Debby sur un éventuel asile en France, ou dans un autre pays, permettant à celui-ci d'avoir des gages pour sa propre sécurité.

D'autre part, il faut créer un gouvernement d'Union Nationale avec les différentes composantes ethniques du Tchad à fin de rédiger une nouvelle constitution qui proposera un système de quota ethnique garantissant la pluralité. Enfin Il faudra ouvrir le secteur économique avec les partenaires historiques du Tchad pour que le pays retrouve une pleine croissance, des investissements, des grands projets d'infrastructure, routes, autoroutes, ports, aéroports, qui encourageront le tourisme. Plus récemment le HCR a révélé que parmi les les 10 pays accueillant le plus de réfugiés, la moitié sont des pays africains dont l’Éthiopie est le 5è pays d’accueil, suivi du Kenya (6è), de l’Ouganda (8è), de la RD Congo (9è), et le Tchad qui arrive en (10è position.

 

Hamid Chriet

Editorialiste et Géopolitologue