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Publié par Mak

TCHAD : DE LA POLÉMIQUE SUR LA PARTICIPATION DE L'OPPOSITION À LA PRÉSIDENTIELLE 2016

Contrairement à ce que certaines postures laissent entendre, la participation de l'opposition politique à la présidentielle de 2016 n'est pas une erreur.

Le problème constant de départ est la confiscation du pouvoir ! C'est le repère à considérer pour ne tomber dans les simplifications ou surfer sur des analyses courtes.

Si, en toute objectivité, la confiscation du pouvoir est l'obstacle qui bloque, est-ce que la non-participation de l'opposition à la présidentielle aurait résolu le problème ? La réponse est non !

Il est aussi vrai d'affirmer que la participation à la présidentielle n'a pas résolu non plus l'équation. C'est dire que la solution d'aucune partie ne pouvait résoudre le problème de départ. L'opposition politique et la société civile réunies n'ont jusqu'ici pas les moyens matériels, diplomatiques, financiers et d'intérêt stratégiques pour résoudre la question de la confiscation du pouvoir par un homme. Les conditions pour l'alternance sont en construction et vont bon train, mais elles ne sont pas encore toutes réunies pour se battre à armes égales.

Par ailleurs, la solution du tout-de-suite n'est possible que par les armes ! Or, les armes, le sang, les victimes humaines, les schémas du type février 2008 ou la guerre tout court, c’est pas nous !

Nous préférons la solution de la force responsable qui libère, rend la dignité, rétablit le droit et construit. Une force qui s'aligne avec les aspirations du peuple et qui ne trahit pas les engagements de départ !

Les solutions exclusives, de ceux qui croient avoir l'avantage de détenir les armes, conçues à partir des considérations tribales ou des logiques adjacentes, ne passeront pas parce qu'elles ne sont centrées pas sur le peuple tchadien et de surcroit sont sans garanties fiables et vérifiables.

Outre le fait que la participation à la présidentielle ne soit pas une erreur, l'acte participatif de l'opposition n'a pas légitimé le candidat du MPS. Ni dans les faits ni dans les perceptions des tchadiens.

Le gagnant selon la CENI ne peut pas dire : « je suis légitime parce que l'opposition a participé à la présidentielle que j'ai gagnée ». Parce qu'il se respecte et ne se peut une telle plaisanterie. Je l'espère.

La stratégie de candidatures multiples a démontré que le vainqueur de la CENI et de la Cour Constitutionnelle du Tchad n'a pas gagné l'expression du peuple, mais il a gagné la préférence des instances politiques qui lui sont soumises. Une non-participation à la présidentielle n'aurait pas établi une telle preuve matérielle et chiffrée !

L'OPPOSITION POLITIQUE AURAIT-ELLE PU FAIRE MIEUX ?

Oui, elle aurait pu faire mieux si elle avait dans ses tiroirs une stratégie postélectorale élaborée et peaufinée bien avant les résultats, un plan d'action clair à mettre en branle immédiatement après la proclamation des résultats par la CENI. Nous sommes nombreux à relever les hésitations et tâtonnements. Trois exemples parmi les visibles :

  1. Le long silence après la proclamation des résultats et plusieurs jours pour ne produire qu'un communiqué;
  2. L'appel aux villes mortes, insuffisamment préparé ou coordonné avec d'autres forces vives, n'a pas bien réussi, un insuccès malheureusement perçu par une partie de l'opinion comme un désaveu;
  3. Les forces vives civiles qui attendent toujours des mots d'ordre et des directives de conduite pour se lancer dans les actions pacifiques de défiance civile;

Plus loin, nous entendons des formules du genre c'est au peuple de prendre ses responsabilités. Le peuple doit-il s'autodicter des mots d'ordre et s'autodiriger dans la situation actuelle ou devrait-on minimalement l'instruire? Quelles sont les responsabilités des leaders considérées comme légitimes?

La détermination dans la position, c'est bien. La détermination dans l'action et l'initiative, c'est encore mieux. Les opposants doivent rehausser le niveau des actes de défiance de l'arbitraire pour se mettre au diapason des dynamismes en marche vers l'alternance politique.

Néanmoins, il faut reconnaitre que de l'histoire politique du Tchad, jamais l'opposition n'a montré lors d'une présidentielle la détermination que nous avons vue jusqu'ici. Il faut donc soutenir cette opposition pour qu'ensemble nous relancions la machine de l'espoir pour l'alternance démocratique. Il n'est jamais trop tard et puisque le problème demeure, la lutte doit continuer.

Parce que le peuple veut cette alternance et répond aux injonctions des politiques. Parce que la jeunesse est prête, assume ses parts de devoirs citoyens et répond aux directives de lutte pacifique. Parce que les échecs du système au pouvoir, sa longévité exaspérante, ses arrogances, errances et ses hérésies en termes de politiques sociales ont détruit ce qui reste des liens avec les tchadiens.

Soutenons l'opposition politique tant qu'elle se tient du côté du peuple. Parce que c'est le seul bâton légitime entre nos mains pour le moment, le seul espace légitime entre nous et les forces adversaires. Parce que l'opposition politique utile n'a pas commis une erreur en participant à la présidentielle de 2016. La participation massive des électeurs aux votes prouve encore une fois que la majorité a approuvé la stratégie participative de l'opposition. Parce que l'opposition civile n'a pas non plus trahi l'espoir placé en elle et demeure déterminée au côté du peuple.

 

Joe Al KONGARENA

joe.alerte@gmail.com

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