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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

Le Tchad, une patrie en danger

Depuis plus de deux décennies, les conditions sont réunies pour que le peuple tchadien puisse connaitre une unité nationale solide et un bien-être social.

Des décennies de guerre depuis l’indépendance, l’aspiration à la paix et au développement est devenue plus que légitime.

Curieusement, l’aboutissement s’avère être un paradoxe ; tous les clignotants sont au rouge : il y a d’une parte une paupérisation de la grande masse et de l’autre l’enrichissement d’une petite oligarchie para tribale ; la corruption, le gaspillage, l’injustice, les détournements de biens publics, l’impunité etc. sont les lots quotidiens d’une gestion calamiteuse de l’Etat.

Les revenus pétroliers sont engloutis dans des dépenses de prestige et l’achat d’armes et de pacotilles, avec la mercenarisation et la milicianisation et la tribalisation de l’armée.

Les interventions militaires à l’étranger sont devenues les seuls moyens que trouve le régime pour se pérenniser au pouvoir, l’alternance démocratique étant devenue une chimère ; les élections, après tripatouillage de la constitution ayant fait sauter le verrou de la limitation du nombre de mandats, sont devenues comme un jeu d’enfant.

Pour régner longtemps, le régime a également procédé aux divisions, à l’atomisation du peuple en multipliant les unités administratives à l’infini et de façon irrationnelle, en créant une kyrielle de chefferies traditionnelles anachroniques par clientélisme.

Les réalités sociologiques du pays sont désespérantes :

  • Une classe politique inefficace : le pays connait plus de cent partis politiques dont la plupart sont des coquilles vides, sans vision, sans projet de société ou sans ressources humaines ou matérielles ;
  • Les intellectuels sont devenus soit des opportunistes, soit des lâches ou des fatalistes, voire des inconscients ; des résignés.
  • La société civile est faible ; elle commence maintenant à se réveiller mais elle évolue difficilement dans un paysage politique sans Etat de droit ;
  • L’opposition extérieure est divisée, noyautée par les tentatives des régimes ;

Alors que faire ?

Il faut que les patriotes sincères, même s’ils ne sont pas nombreux, doivent se sacrifier pour tracer les chemins du futur, pas par les palabres et les querelles habituelles mais par des actions réfléchies et positives. Ils doivent exiger le changement en obligeant le régime à une rencontre générale et inclusive, pour pouvoir poser les vrais problèmes du pays et trouver les vraies solutions.

En dépit des apparences, le Tchad est maintenant un réel Etat néant. Qui veut y remédier ouvre la boîte de Pandore. Les solutions préconisées par certains ont connu l’échec ; l’entrisme essayé par d’autres a connu les mêmes résultats.

La dernière chance est à chercher dans le camp de l’opposition (intérieure, extérieure, militaire, diaspora) et de la société civile, la communauté internationale ayant déjà choisi son camp pour des raisons géopolitiques et géostratégiques propres à elle. Idriss Deby Serait indispensable à la sous-région et au Tchad (après lui, ce serait chaos).

Quelle serait la solution alors ?

Il n’y a pas de solution miracle. Il faut un sursaut national pour créer une alternative forte, crédible pour faire face au régime et le forcer à un dialogue national inclusif. Pour y parvenir, il ne suffit pas de parler et d’écrire. Il faut une vision claire, une avant-garde clairvoyante, prête à endurer les sacrifices nécessaires avec un projet de société. Pour y parvenir, il faut une première étape, la rencontre globale de la v raie opposition extérieure en vue de parvenir à une convergence.

Au préalable, il faut être vigilent car le Tchad entre irrésistiblement dans une zone de turbulence : le conflit post-électoral programmé. Il faut se préparer à la prévention, à la gestion et à la sortie d’une crise que personne ne souhaite.

 

Fait le 15 avril 2016

Mahamat Abdoulaye