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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

Déclaration du candidat Kebzabo à la presse au Tchad
Déclaration du candidat Kebzabo à la presse au Tchad
Déclaration du candidat Kebzabo à la presse au Tchad

Election présidentielle du 10 avril 2016

Conférence de presse

du Candidat Saleh Kebzabo

DECLARATION LIMINAIRE

 

Mesdames et Messieurs les journalistes,

Messieurs les chefs de partis politiques,

Chers amis candidats présidentiables,

Le 10 avril 2016, les Tchadiens se sont massivement mobilisés pour choisir parmi les 13 candidats en lice, celui qui présidera à leur destinée pour les cinq prochaines années. Pendant que nous demeurons impatiemment dans l’attente des résultats, j’aimerais revenir sur des faits qui nous font profondément douter des chiffres qui seront publiés par la CENI dont l’indépendance est visiblement mise à mal par le parti pris qu’affichent clairement certains membres de cet organe, de même que par les immixtions du pouvoir dans son fonctionnement. Je le dis parce que le scrutin du 10 avril était tout sauf des élections crédibles, transparentes et démocratiques comme nous le souhaitions tous car plusieurs cas flagrants de violation des règles électorales ont été portés à la connaissance de l’opinion. Je ne reviendrai pas en détail sur ces faits éhontés dont plusieurs se sont déroulés en public et donc vécus directement par les électeurs. Cependant, je me permettrai d’insister sur quelques exemples qui choquent la morale et jettent un discrédit total sur le processus électoral pour lequel un consensus difficile a été obtenu :

  1. Le vote des forces de défense et de sécurité : il est totalement décrédibilisé car en l’absence d’isoloir, le scrutin était public, avec obligation pour les électeurs de voter Idriss Déby. Ceux qui n’ont pas suivi ces consignes de leur hiérarchie ont été jetés en prison à l’exemple de Didéo Honoré, Moktar Mbaitolngar, Akoudoua Elkana pour n’en citer que quelques-uns. Il faut ajouter les cas de Allahramadji Fidèle porté disparu et Mbairari Ngaba, Batchéré Diguéthingué Acyl, Ndjédanoum Béosso et Béasnan Ngartidjé dont les corps ont été retrouvés. En ce qui nous concerne, je crois qu’il est légitime de constituer une commission d’enquête indépendante sur le vote des militaires le 9 avril 2016.

A ce jour, on signale plus de 60 personnes portées disparues. C’est à travers ce sinistre décompte que j’ai été scandalisé d’apprendre l’existence d’une prison au sein même de la Présidence de notre République. Ce que nos compatriotes taxés d’avoir voté l’opposition y subissent est insupportable, inacceptable, inhumain et révoltant.

Il est utile de signaler que ces mêmes types de harcèlement ont été subis par nos militants à Faya, Biltine et dans le Ouddai. De ce fait, trois de nos camarades sont actuellement emprisonnés à Faya alors que ceux de Biltine et d’Abéché ont du quitter pour se refugier ailleurs, notamment au Soudan.

  1. Dans les ambassades où le scrutin est prévu pour 2 jours, les urnes ont été retirées aux membres des bureaux de vote et gardés par le personnel qui en a fait ce qu’il voulait. C’est particulièrement le cas à l’Ambassade du Tchad à Yaoundé où la police camerounaise a été appelée à intervenir pour subtiliser les urnes alors que nos compatriotes s’étaient proposés volontaires pour les sécuriser. D’ailleurs, au vu des procès-verbaux raturés, un membre de la CENI en mission à Yaoundé a même émis des doutes sur la sincérité des résultats. Nous attendons patiemment de savoir quel traitement sera donné à ces chiffres mais devant tant de doutes, nous pensons que ces résultats doivent être rejetés.

Pour n’en revenir qu’au scrutin du 10 avril :

  1. Des procurations vierges ont été signées par les autorités administratives, ce qui a permis des votes multiples (à Massénya le Sultan aurait voté à lui seul 13 fois). Or la loi prévoit que le vote par procuration ne peut avoir lieu que si le mandant et le mandataire sont tous inscrits dans le même bureau de vote et le mandataire ne peut voter qu’une seule fois par procuration.
  2. Les bulletins de vote ont été envoyés en nombre insuffisant dans les zones supposées favorables à l’opposition, interrompant le processus dès 11h dans plusieurs bureaux de vote, privant ainsi le citoyen de l’expression de son droit civique (l’exemple de Boutal Bagara).
  3. Dans plusieurs bureaux de vote, les PV n’étaient pas disponibles pour rendre compte des résultats. Ceux-ci ont été transcrits sur des feuilles volantes non valables aux yeux de la loi électorale, ce qui prive les candidats de tout moyen de contestation légale des résultats que les sous-CENI auront traficotés.
  4. De nombreuses urnes ne sont pas scellées ou alors le sont au scotch (voir photos). Point n’est besoin de commenter les résultats issus de tels bureaux de vote.
  5. Les chiffres publiés par la CENI ont été révisés. Je ne citerai que l’exemple de Lai et du 9èmeoù des écarts de plus de 10.000 voix au détriment du candidat de l’UNDR ont été observés.

Tous ces faits indiquent que le MPS est conscient que la sanction du peuple sera sans pitié si le processus électoral est bien mené. Aussi s’est-il évertué à en saper les bases dès le départ en biaisant le recensement biométrique (exclusion de centaines de milliers de compatriotes, enrôlement des mineurs, de réfugiés, d’étrangers, etc.) et en refusant le kit d’identification de l’électeur. Ce dispositif de fraude a été complété par la suite par une mauvaise distribution des cartes d’électeurs, le non affichage des listes d’électeurs devant les bureaux de vote, etc. Et comme pour tous les voleurs, la peur de perdre a poussé le MPS à commettre les vols les plus abjects dont les types et les nombres pourraient être inscrits dans les records du monde de tricherie électorale.

Pourtant, malgré cela, le peuple a massivement rejeté Déby les 9 et 10 avril. Les résultats confirment ce que nous avons observé pendant la campagne électorale où Déby a été hué et ses envoyés affublés de tous les noms.

A l’opposition, nous demeurons sereins. Notre victoire, et partant celle du peuple est certaine. Aussi, les jours qui viennent seront déterminants pour notre histoire car Déby veut encore nous voler notre victoire. Sinon,

  1. quelle explication donner à la coupure prolongée des sms sur les réseaux de téléphonie mobile ?
  2. Que dire du déploiement des forces militaires à travers tout le territoire alors que rien ne fait état d’une quelconque menace à la paix et à la sécurité intérieures ?
  3. Pourquoi refuser d’accréditer les journalistes véritablement indépendants (à l’instar de ceux de TV5) alors que les médias nationaux ne font que relayer les déclarations des observateurs dits indépendants qui, à notre étonnement commun, annoncent la bonne organisation des élections, tout en relevant comme mineurs les ratés connus de tous ?

Je profite de cette occasion pour saluer l’action de la coalition politique q ui soutient ma candidature, le FORCE, la population tchadienne et particulièrement les jeunes, les forces de défense et de sécurité qui ont bravé la faim, la soif, la fatigue, les intimidations, les arrestations pour que le résultat des urnes traduise la volonté du peuple.

Nous savons que les aventuriers du MPS envisagent un passage en force dès le 1er tour. C’est à se demander sur quelle base ? Les résultats dont nous disposons indiquent clairement qu’aucun candidat ne peut gagner dès le 1er tour. C’est pour cela qu’avec nos amis de l’opposition, nous préparons déjà le 2ème tour. Nous avons tous convenu de soutenir le candidat le mieux placé et cette fois ci, Déby sera véritablement chassé du pouvoir.

Mais contrairement à ce que nous font croire les oiseaux de mauvais augure, le départ de Déby ne signifie pas pour nous le chaos au Tchad, ni sa disparition de la carte du monde. La victoire de l’opposition ne signifie pas pour moi la victoire d’un groupe de Tchadiens sur d’autres. Elle signifie simplement un changement de cap, une autre vision du développement de notre pays. La paix ne sera pas menacée car nos forces de défense et de sécurité seront au centre de la préservation de la paix, au lieu d’être des mercenaires déployés contre leur gré et dont les soldes de leur engagement sont détournées par Déby et ses proches. Nous ferons de notre armée une armée de professionnels qui contribueront au maintien de la paix et de la sécurité intérieures et en dehors de nos frontières. Pour ce faire, en même temps que notre pays récoltera les dividendes politiques d’un engagement militaire respectueux de nos intérêts stratégiques, nos soldats seront loyalement payés sans avoir à se mutiner pour réclamer leur solde. Et dans la quiétude retrouvée après la victoire du peuple, nous nous emploierons, à construire ensemble avec tous les Tchadiens, même ceux du MPS qui constitueront l’opposition de demain, une République plus humaine et solidaire où chacun, nonobstant nos différences, aura sa place. C’est alors que le rayonnement de notre pays à l’extérieur ne sera plus lié à un homme, mortel par nature, mais à son peuple qui marquera notre humanité de valeurs inscrites dans notre devise : unité, travail, progrès.

 

Je vous remercie.