Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

Géo-localisation

Publié par Mak

Un trop long règne au Tchad

La société civile demande le départ du président Idriss Déby.

Le vieux lion s’accroche au pouvoir. Idriss Déby se présente pour un cinquième mandat à l’élection présidentielle prévue le 10 avril au Tchad. Homme fort du pays depuis 1990, il règne depuis lors en combinant répression et cooptation de ses principaux opposants.

Sauvé à plusieurs reprises par la France de tentatives de putsch, il s’est constitué une armée qui lui permet de jouer les gendarmes de l’Afrique subsaharienne. Allié indispensable dans la lutte contre les djihadistes du Sahara, acteur décisif dans la lutte contre Boko Haram au Nigeria, il semble ainsi devenu intouchable, méprisant les critiques sur sa gestion autoritaire du pouvoir.

Sous sa coupe, toutefois, le peuple tchadien souffre. Chef militaire aguerri, Idriss Déby n’est ni un gestionnaire, ni un démocrate. Il n’a pas su, et pas voulu, assurer le développement de son pays. Celui-ci est en faillite alors que l’essentiel de la dette multilatérale a été effacé en récompense de ses services antiterroristes.

La manne pétrolière a été principalement utilisée pour l’achat d’armements lourds et de moyens de transport militaires. Les services publics de base – eau, électricité, communications, éducation… – restent dans un état de déliquescence, alors que la population devrait doubler d’ici à 2050.

Dans ce contexte, les soubresauts qui agitent le Tchad depuis quelques jours ne peuvent surprendre. Une journée ville morte, le 24 février, à N’Djamena, a été fortement suivie par les habitants. Le scandale d’une jeune fille violée par des fils de dignitaires a bouleversé la population.

La France doit manifester son émotion et montrer sa compréhension envers une société qui aspire au changement. Il faut aider le Tchad à préparer son avenir, qui ne saurait ne dépendre que de la volonté de son chef actuel.

Jean-Christophe Ploquin

SOURCE : http://www.la-croix.com/Debats/Editos/Un-trop-long-regne-Tchad-2016-02-24-1200742335