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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

Tchad : Les responsables Arabes ont-ils été à la hauteur des attentes de leur communauté ? Suite …

Suite du précédent article.

Avant de commencer la deuxième partie de notre article sur les responsables arabes, nous tenons à remercier tous ceux qui nous ont écrit pour nous apporter leur encouragement et aussi leur satisfaction en lisant la première partie et sont dans l'attente de la seconde.

Nous profitons de l'occasion pour rappeler aux uns et autres que nous n'avions aucune revanche ni rancune avec ces responsables que nous avons jugé utiles de dénoncer à travers nos écrits mais seulement il est de notre devoir de rappeler à la nouvelle génération et à l'ensemble du peuple tchadien tout le mal que ces gens ont fait depuis de décennies et encourageons également les autres à faire de même.

Si nous demandons aux uns et autres de suivre notre exemple c'est parce que, comme dans la communauté arabe, il en existe les mêmes dans les autres communautés aussi et les dénoncer c'est rendre service au Tchad et aux tchadiens dans leur ensemble pour que le Tchad de demain, celui que nous voulons léguer à nos enfants et à nos petits enfants ne sera plus le même et nous en sommes convaincus qu'un autre Tchad est possible, un meilleur.

A titre de rappel, nous avons décidé également d’insérer les noms d’Abdarahmane Moussa, Ousmane Djidda, Ali Mahamat Zéne Fadil, Assaid Gamar et bien d'autres qui ne sont pas des saints non plus.

 

3- Mahamat Saleh Ahmat Tibeg:

 

Cet administrateur de formation a très tôt rejoint Habré après les accords de Khartoum appelés Charte Fondamentale d'août 1978. Après ces accords, Habré fut nommé Premier Ministre et Mahamat Saleh Ahmat Tibeg devient Ministre de l'Economie et des Finances. Il est en même temps devenu le bras droit d’Hissein Habré et son homme de confiance.

Rappelons qu'à cette époque, Habré lorgnait déjà le pouvoir et n'a pas encore montré sa vraie face au peuple tchadien et avait fait l'unanimité de tous les nordistes autour de sa personne en préparant les événements du 12 février 1979.

 

Mahamat Saleh Ahmat Tibeg abandonna ses parents et restera toujours aux côtés d’Habré jusqu'à la chute de ce dernier le 15 décembre 1980 car durant les combats de 9 mois, il était toujours son homme de confiance. A la chute de N’Djamena, Habré se replia à l'Est du Tchad et son bras droit rallia le Conseil Démocratique Révolutionnaire (CDR) que le défunt Açyl Ahmat Aghbach le ramena dans ses valises et ce, malgré l'opposition de plusieurs cadres dudit mouvement.

A la mort de Açyl Ahmat Aghbach, le 19 juillet 1982 à Laï suite à un accident d'avion mis que d'autres attribuent à un complot libyen, c'est Acheikh Ibn Oumar qui le remplaça mais ce dernier conduisit le CDR à l'abîme (nous y reviendrons sur son cas un peu plus tard).

 

Mahamat Saleh Ahmat Tibeg que d'aucuns présentent comme un Bornou et non un véritable arabe n'a pas rendu service à cette communauté et avait toujours cherché à jouer en solo et à chaque décision il était minoritaire au sein du CDR. Il joua un grand rôle dans la nouvelle structure du CDR et fut même nommé Secrétaire aux Relations Extérieures lors du congrès de Ouagadougou (Burkina-Faso) en octobre 1987, poste qu'il refusa parce qu'il le jugea trop petit pour lui.

En 1986 quand Acheikh et quelques responsables du CDR croupissaient dans les grottes du Tibesti, Mahamat Saleh Ahmat devrait effectuer une mission à Maiduguri (Nigeria) pour aller réconforter les militants du mouvement mais à la frontière bénino-nigeriane, il a simulé un vol et est revenu à Cotonou pour dire que tout l'argent a été volé par le conducteur de la voiture qu'il avait loué parce que le conducteur a plastronné une panne et aurait demandé à M. Tibeg de descendre et ce dernier en descendant avait oublié sa mallette et le conducteur avait pris la fuite avec la somme dont on n'a jamais connu le montant exact.

Il voulait être Secrétaire Général 1er Adjoint ou 2ème Adjoint à la place de Ousmane Djidda ou Mahmat Saleh Annadif. Mis en minorité, il claqua la porte au CDR et fidèle à ses habitudes, il a fait cavalier seul, s'est réfugié en France et par la suite il avait rejoint le mouvement du 1er avril 1989, devenu par la suite Mouvement Patriotique du Salut (MPS).

Très tôt, il avait noué des contacts avec Deby à Amsterdam, mais aussi à Paris pour se positionner et préparer ses arrières comme d'habitude. A l'arrivée du MPS au pouvoir, il fut nommé Ministre de la Communication dans le premier Gouvernement dit conseil d’Etat du parti-État et c'est cette optique qu'il défendit bec et ongles le MPS et son chef à la Conférence Nationale Souveraine (CNS) qui s'est tenue au palais du 15 janvier.

Friand des moyens matériels et des postes ministériels, ce bournouan devenu arabe par la force des choses n'a pas lésiné sur les moyens pour dévier la CNS de ses nobles objectifs pour défendre l'indéfendable et accepter l'inacceptable parce que c'était lui et toujours lui qui dirigeait la délégation du parti au pouvoir si nos souvenirs sont exacts.

D'après des sources bien introduites chez lui, un jour, l'un des cadres qui avait demandé à Deby de ne pas instaurer une véritable démocratie au Tchad et ce dernier avait accepté leurs vœux qui étaient d'ailleurs le sien.

A la sortie de la CNS, il gravit les échelons sans aucune difficulté en passant par le Ministère de l'Agriculture et bien d'autres postes de responsabilité jusqu'à sa nomination comme ambassadeur du Tchad aux USA. Il a été rappelé par Deby pour le nommer Premier Ministre, c'était son dernier rêve mais c'est sans connaître la clique à Timan qui a tout chamboulé parce qu'à cette époque, cette bande d'illuminés faisait la pluie et le beau temps. Il leur arrivait même de changer des noms des responsables nommés à tel ou tel poste après que le décret soit signé par Deby himself. Cette pratique n'est-elle pas condamnable ?

Cette pratique n'est que du « hooliganisme administratif » et ces gens qui faisaient et défaisaient à leur glorieuse époque aspirent aujourd'hui à la magistrature suprême.

Nous y reviendrons sur leur cas et leur consacrons un chapitre à eux seuls. Fermons cette parenthèse et revenons à notre bornouan arabisé.

Ayant perdu la Primature, Mahamat Saleh Ahmat Tibeg échoua au Secrétariat Général du MPS comme 1er Secrétaire mais il n'a pas pu supporter l'échec de la Primature et tomba malade et fut évacué à Paris car à force d'avaler les couleuvres ce qui devrait arriver arriva. Aujourd'hui malade, il se soigne au Caire et occupe une superbe villa dans un quartier huppé périphérique du Caire, achetée par son fils Aziz qui, y a seulement une semaine était Ministre dans le gouvernement Klazeubé. Cette Villa avait été acquise par l'argent du peuple quand Aziz était à la Direction de la Dette interne et c'est là où il avait détourné plus de huit cent millions (800,000,000) FCFA. Si ce n'est toi c'est donc ton fils disait la Fable.

Pauvres de nous arabes, si ce ne sont plus eux qui sont au devant de la scène ce sont leurs enfants et bientôt leurs petits enfants si ce système perdure ou si un autre en fait de même.

De toute sa vie et durant toute sa carrière, Mahamat Saleh Ahmat Tibeg n'a aidé personne à part sa famille nucléaire alors que lorsqu'il avait marié Mariam Djamouss, il avait commis l’irréparable selon les Zak, parce que d'abord Mariam c'est une Zak et de surcroît veuve de Hassan Djamouss. N'eût été la mobilisation des arabes qui campaient matin, midi et soir chez lui, il aurait rencontré tous les problèmes du monde voire perdre sa vie car son seul péché mignon c'est d'avoir marié Mariam Djamouss qui, à cette époque même son chef (Deby) lorgnait cette dernière.

 

Pour la sous-préfecture d’Assinet, depuis plus de 15 ans, les deux députés émanent de ces barons du MPS de Deby, si ce n’est Rakhis Mannany qui plaça son colporteur de Mahamat Tahir Akhil (comme l’histoire est têtue, le député Mahamat Tahir Akhil échappa par la suite au contrôle de Rakhis) au lieu du feu Adoum Mannany qui paraît pour lui un écran géant ou le feu Oumar Hamou, c’est à Mahamat Ahmat Tibeg le tour de placer son neveu, le fils de Tahir Ahmat Tibeg, dit Ahmat Ben-Bella, comme si les autres ressortissants de la sous-préfecture ne sont que des sujets. Plus jamais ça !

 

Voilà chers amis lecteurs, la face cachée de cette personne, elle aussi nommée Mahamat Saleh comme la précédente et comble de malheur, elles ne respectent ni le nom ni le prénom qu'elles portent. Dans ce nom composé, il y a MAHAMAT et il y a SALEH ça veut dire ce que ça veut dire. A vous de traduire.

 

4- Acheikh Ibn Oumar :

 

Nous avons beaucoup réfléchi avant d'insérer le nom d'Acheikh dans la longue liste, c'est pour un seul objectif celui de faire l'inventaire et quant il s'agit de faire l'inventaire que ça soit du Tchad d'une manière générale et du CDR en particulier, Acheikh Ibn Oumar (AIO) a y figure.

Il est bien vrai que AIO n'a pas volé et il n'est pas aussi méchant comme ces frères qu'on vient de citer ou qu'on citera à une lourde responsabilité disons un passif et son crime c'est d'avoir dilapidé tout l'actif du CDR. En parlant du passif, pour ceux qui se rappellent du débat télévisé de l'élection présidentielle française de 1981 entre Mitterand et Giscard. Au cours de ce débat, Giscard disait de Mitterand je cite « M. Mitterand, vous êtes l'homme du passé» et Mitterand de répondre je cite « Et vous M. Giscard, vous êtes l'homme du passé». C'est pour vous dire que AIO cumule les deux c'est-à-dire l'homme du passif et du passé.

 

Par la suite, il avait rejoint le Frolinat et adhéré aux Forces Armées Populaires (FAP) de Goukouni Weddeye et n'a rejoint le CDR d'Açyl Ahmat Aghbach qu'après les événements de 1979 et fut même nommé dans le Gouvernement d'Union Nationale de Transition (GUNT) de Goukouni Weddeye, Ministre de l'Education Nationale. Au risque de nous tromper, AIO n'est pas un militant du CDR mais est arrivé dans ce mouvement par accident et aussi par la bonne volonté du défunt Açyl Ahmat Aghbach (AAA).

Le passif de AIO c'est d'avoir dilapidé tout l'actif du CDR que lui a légué AAA, à sa mort le 19 juillet 1982 comme nous l'avions signalé un peu plus haut. A la mort de AAA, le CDR n'était pas un mouvement politico-militaire mais un Etat avec un nombre impressionnait des combattants et des cadres de toutes les sensibilités du Tchad.

Et, c'est cet Etat là qui s'est retrouvé en Libye pour la reconquête du pouvoir mais toujours à la tête du GUNT en exil c'est toujours Goukouni Weddeye. Donc de 12 à 15,000 militaire combattants, AIO a rallié le régime Habré avec seulement 2000 combattants et ce, avec la complicité de Mahamat Saleh Annadif suite aux accords de Bagdad en 1988 et dont nos avions déjà fais cas en traitant le dossier ANNADIF.

Arrivé en Libye, il se fait entourer des cadres qui ne connaissent rien à la lutte, coupé de la réalité du terrain et s'est enfermé dans une bulle d'hôtel en hôtel sans penser à ses combattants dans le BET les laissant à la merci des libyens et des troupes des FAP jusqu'à son arrestation en 1986 avec lui 12 responsables du CDR par Goukouni Weddeye en complicité avec les libyens et Rakhis Mannany.

Dans les grottes du Tibesti où il a été fait prisonnier avec ses compagnons, le Général libyen Massoud Abdalhafiz, aujourd'hui décédé, vint lui demander pourquoi il ne veut pas suivre Goukouni, et AIO de répondre : je ne veux pas suivre Goukouni parce que quand j'étais aux FAP disait, Goukouni a massacré des arabes devant moi. Et Massoud de lui répondre, quand Goukouni avait massacré ces arabes, ne sais-tu pas que le prochain arabe ça sera toi. Et, pourquoi n'avoir pas démissionné des FAP depuis cet instant là poursuivit le Général Massoud.

Après son ralliement au régime Habré, il abandonna ses troupes, ses cadres, ses jeunes du mouvement et tous les militants à leur triste sort et quand les gens vont se plaindre chez lui, il leur disait tout simplement, je vous ai amené au Tchad et vous êtes chez vous. En termes plus clairs c'est le sauve-qui-peut et débrouillez-vous chacun pour soi. D'après les informations qui nous parvenues, ce sont les mêmes traitements que Soubiane avait réservés à ses compagnons du MN quand il avait rallié le régime Deby. Ceux-là, on les appelle des responsables ? Quelle honte pour cette communauté.

Un père de famille ne mange que quand il est assuré que ses enfants ont d'abord mangé. En un mot, nous sommes maudits sinon ces gens là n'ont même pas la capacité de diriger un ferrick combien de fois des mouvements.

Ce serait bien dommage qu'aujourd'hui un homme comme AIO se satisfasse d'un rôle de consultant sur France 24 pour 300 ou 400 Euros alors que la cause tchadienne est encore là.

De leader du plus grand mouvement politico-militaire et nous le disons sans l''ombre d'un doute de l'histoire du Tchad, en passant le Ministère des Affaires Etrangères, puis représentant du Tchad auprès des Nations Unies et enfin Conseiller Spécial d'un Président de la République même si c'est Deby, mon cher frère vous vous réduisez à ce rôle, un peu de décence qu'à même. A votre place, je ne le ferais pas car les veuves et les orphelins du CDR que vous avez bazardé avec Annadif vous regardent.

Ces jeunes orphelins sont aujourd'hui adultes, ont fait des études et veulent tout simplement aider leurs familles à vivre décemment mais là aussi vous et vos complices dont certains ont été cités et d'autres passeront, vous leur barrez la route et ne pas les laisser s’intégrer dans la société.

Pour nous, AIO est un traître infiltré et a réussi sa mission mais l'histoire en jugera un jour.

 

Dans notre prochaine parution, nous prendrons les cas de Ahmat Hassaballah Soubiane, Ahmat Annama et Moussa Faki.

 

C’est dans le but pur et simple de resituer l’histoire afin de tirer les enseignements du passé et contribuer à la constitution d’une nouvelle élite avertie qui mettra au devant les intérêts du peuple et non ses avantages particulieres.

 

 

Correspondant particulier

 

Mahamat Ahmat Albachar

 

Fait à N’Djamena, le 26 février 2016

 

Email : maalbachar@gmail.com