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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

Pour garder le pouvoir, les stratégies des dictateurs africains se ressemblent

Si les hommes politiques et les populations dans de nombreux pays africains sont assez amorphes ou se réveillent souvent tardivement face à un pouvoir qui les terrorise,  en revanche, les dictateurs, eux, ne dorment pas. Ils sont féconds en matière d’initiatives ou d’idées nouvelles lorsqu’il s’agit de conserver et de protéger leur pouvoir.  Mais quand il s’agit de l’intérêt de leur peuple, dans leur grande majorité, ils ne sont jamais pressés.


Comme une des preuves récentes de leur initiative pour protéger leur pouvoir et en rapport avec le viol de l’élève, Melle Zouhoura Mahamat Brahim, le sinistre Ministre de la Sécurité publique du Tchad, Mr Ahmat Mahamat Bachir, a cherché à étouffer l’affaire dans l’œuf, n’eut été la révélation faite par les réseaux sociaux et même après cela, le perroquet national a demandé à la victime de démentir le viol dont elle a été victime à la TéléTchad, cette chaîne au service du couple présidentiel et de leur parti, le MPS. Tout ceci pour chercher à blanchir non pas les violeurs mais bien le régime parce que cet acte ignoble, perpétré par les délinquants-fils des pontes du pouvoir MPS, risque de ternir l’image du régime par l’indignation et la mobilisation générale que cela a soulevée, contre toute attente au Tchad, preuve que les choses sont en train de changer malgré l’intimidation de la population par des meurtres et assassinats au quotidien  ainsi que par des disparitions forcées. Véritablement, le peuple tchadien est arrivé à la saturation. Arrivée à ce niveau de saturation, même un esclave se révolte contre son maître. S’il ne se révolte pas, il ne faut pas s’apitoyer sur son sort, comme l’a dit aussi l’ex-président burkinabè, Thomas Sankara.
Pour revenir à notre sujet, c’est souvent à la fin de leur troisième ou quatrième mandat que ces dictateurs surprennent par l’originalité de leurs propositions comme s’ils étaient aveugles à leur premier ou second mandat.
Trois cas retiennent notre attention dans cet article :
Au Congo-Brazzaville : c’est lorsqu’il a senti qu’il ne pouvait plus se représenter aux prochaines élections présidentielles, parce que les dispositions constitutionnelles ne lui autorisaient plus que le dinosaure, Mr Denis Sassou Nguesso,  a trouvé de nouvelles ressources pour justifier son coup de force. La suite, on la connaît, le compteur a été remis à zéro avec la nouvelle constitution dont les résultats étaient totalement inversés. Ainsi, il peut encore briguer deux mandats, ce qui signifie qu’il peut rester au pouvoir jusqu’à l’âge 82 ans, sauf si la nature en décide autrement ou si un sursaut national vient remettre en cause ce plan machiavélique comme c’était le cas au Burkina. 
Au Tchad : Toujours tristement en avance sur les autres, Mr Idriss Deby Itno était parmi les premiers dictateurs africains à faire changer la constitution de son pays en faisant sauter le verrou de la limitation de mandat de 5 ans renouvelable une seule fois. Il a fallu attendre 11 ans plus tard à Deby pour qu’il se rende compte de son « erreur ».  Et comme l’a si bien analysé le Journal en ligne, Tchadactuel, dans sa rublique Les Brèves de N’Djaména de ce  15 février 2016, Deby Itno n’a plus rien à proposer aux Tchadiens. En lieu et place de ce vide et avec l’appui des conseillers nocifs et puants pour le peuple tchadien, il a proposé d’introduire dans la constitution la limitation des mandats et le fédéralisme. Tout le monde sait que ce sont des mesures cosmétiques mais qu’au fond, il ne cédera rien de son pouvoir s’il est réélu aux élections présidentielles d’avril 2016. Bien au contraire, les esprits non avertis vont commencer à s’agiter pouvant conduire à des déchirements des Régions au tour du concept de la Fédération qui sera vidé de sa substance d’une part, et d’autre part, le régime attisera lui-même  le feu de la division. Et, sous prétexte de ramener de l’ordre, Deby, sa milice et son parti  reviendront en force et occuperont le pays pour l’asservir davantage. Le dernier élément en date est la suspension des réseaux sociaux au Tchad décidé hier et mis en exécution aujourd’hui. Officiellement, c’est pour la « sûreté de l’Etat » en empêchant les manifestations publiques non autorisées mais tout le monde sait que c’est par peur que ces petits soulèvements mis bout-à-bout puissent emporter le régime. C’est une décision visant à protéger ni plus ni moins le pouvoir MPS. Finalement, le seul salut pour le Tchad et son avenir  reste indubitablement l’exclusion de Deby des futures échéances électorales.


Le Rwanda : quoi qu’il ait fait sorti son pays de la pauvreté par une gestion saine et une vision claire en le tirant vers le haut, ce qui est reconnu par tous, Mr Paul Kagamé reste pas moins un dictateur pour son pays. Cette perception de vouloir garder un dirigeant longtemps au pouvoir parce qu’il gère bien le pays est une vraie fausse idée parce qu’en restant ainsi longtemps au pouvoir, il accule des erreurs qui feront naitre les germes de rancœurs, de frustration, d’injustice, d’impunité,  entre autres, qui finissent par éclater en conflits politiques ou armés, sources de déstabilisation et d’instabilité d’un pays. Un regard sur les pays aujourd’hui instables ou qui ont connu des guerres civiles confirme cette analyse.


Mr Kagamé aurait pu quitter le pouvoir après ses deux mandats, quitte à ce qu’il revienne bien plus tard. Non seulement, il a fait modifier la constitution pour se maintenir au pouvoir jusqu’en 2034, mais en plus, il a interdit les autres partis de l’opposition en emprisonnant ou en assassinant leurs dirigeants sous prétexte que le pays est fragile après le génocide. Ce qui est sûr, sa longévité au pouvoir n’est pas synonyme de gage de stabilité à long terme parce que, après lui ce sera le chaos à coup sûr et tout ce qu’il aura construit volera en éclat d’une manière ou d’une autre. On peut parier maintenant si Mr Kagame le veut bien. Dans ces conditions, à qui sera la faute ?
Chers dicteurs, une fois de plus, retenez que nul n’est indispensable sur cette terre. Comme l’a dit un chateur congolais, la vie est une scène de théâtre dans lequel, on joue sa partition et on disparaît. Si vous voulez rendre service à votre pays et à votre peuple, respectez la constitution de votre pays dont vous en êtes le garant. Si vous voulez que l’on garde de bons souvenirs de vous et non vous effacer immédiatement des mémoires aussitôt disparus ou que la seule évocation de votre nom suscite dégoût et rejet, si vous ne voulez pas que vos enfants soient indexés après vous comme fils ou filles d’un criminel, respectez votre signature sur les lois fondamentales de votre pays. Ceci est un conseil gratuit mais qui a tout son sens.

 

Par  Senior Mbary