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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

LE POTENTIEL SUBVERSIF DU DISCOURS DU NOUVEAU PRÉSIDENT DE L’UNION AFRICAINE !

« Nous devons, par la diplomatie ou par la force, selon la nature et l’ampleur de la crise, mettre un terme à ces tragédies d’un autre âge ». Idriss Deby Itno.

 

Sitôt désigné à la tête de l'Union Africaine (UA), le renard du désert du Tchad propose à l'Afrique une vision binaire de résolution des conflits : la diplomatie ou la force !

Commençons par le poignard de la force et observons d’abord les faits sur le continent africain : Soudan du Sud, Libye, Somalie, Burundi, Sahel, bassin du Lac Tchad, Mali, Centrafrique, Somalie, etc.

Avant de se transformer en conflits armés couteux en vies humaines et dangereux pour la stabilité générale de l’Afrique, les crises étaient originellement des dissensions politiques, des antagonismes ayant mijoté dans le chaudron de tous les exclus de la redistribution des richesses, de tous les dominés privés de droits et de libertés, des violentés et des insatisfaits de chacun de ces espaces. Il s'agit donc de politiques et de l'homme au départ des crises et pendant.

Pourquoi proposer des palliatifs de type militaire alors que les solutions politiques sont attendues ? Au nom de quoi voudrait-on employer la force des armes pour corriger les faiblesses politiques et résoudre des conflits substantiellement politiques ?

Toute utilisation de la force au cœur de la société civile qui ne vise pas à favoriser et renforcer les politiques sociales ne peut pas résoudre des crises d’origine sociale.

La force au service de la politique pour soutenir, matérialiser et crédibiliser les accords politiques, c’est concevable. Des politiques tardives pour couvrir les dérives de la force employée hâtivement et de manière peu réfléchie, comme ce fut le cas en Libye, ce n'est pas une voie M. le président.

Agir n'autorise pas d'animer des pensées confuses et des visions approximatives. L'Union Africaine ne doit pas aller en Lybie en reprenant les approximations des forces qui l'ont précédée; elle ne doit pas transposer au Burundi par exemple les déficiences dans la lutte contre Boko Haram dans le bassin du Lac-Tchad.

L’exemple de Boko Haram reste encore dans les têtes : le président tchadien a déplacé hâtivement des milliers de soldats au Nigeria avec pour seul palliatif de combattre les forces de Boko Haram. Il a perdu de vue les causes premières des conflits et s’est tenu aux lectures et interprétations des cases secondaires pour réagir. Le résultat est connu : Boko haram continue ses attentats. Malheureusement !

Le généralissime président tchadien n’avait simplement pas de solutions pour combattre les stratégies de Boko Haram; il s'est contenté de se battre contre les forces de Boko haram, pour ensuite rentrer au Tchad suivi par le terrorisme.

Même si la force est préférable à la faiblesse, le cerveau et les bras doivent demeurer en équilibre parce que la santé de l’esprit en dépend. La gâchette facile gâche facilement. La main ne doit jamais dépasser le cerveau !

Le moyen envisagé (la force) par le nouveau président de l’Union Africaine n’a jamais résolu les crises originellement politiques. C'est ce que révèle le premier élément du binaire.

Quant à l'autre élément du binaire à savoir la diplomatie, elle acquiert pour l’essentiel sa lettre de noblesse à l’étranger. Elle a toujours été un outil au service de la politique, un rituel de la politique extérieure. Sa fonction étant de tranquilliser les relations en ritualisant les politiques entre les nations ou des groupes d'intérêts.

Pour se rappeler que la diplomatie n’est pas la politique, il suffit d’observer les centres de pouvoir qui imposent, par le moyen de la diplomatie, des politiques spoliatrices, injustes et inéquitables pour se rendre compte que le moyen de communiquer n'est pas le communiqué. La communication atteint un grand, mais le communiqué est compris d'un petit nombre.

La diplomatie n’est donc pas la politique même si parfois il y a enchevêtrement. Par conséquent, une réponse diplomatique à une crise n’en est pas une réponse politique. Or, les crises que nous évoquions sont toutes d’origine politique et attendent des réponses politiques. Comme quoi, le nouveau président de l’UA a frappé certes près de la cible, mais pas sur la cible. C'est encore raté.

Dans les foyers africains où les crises sévissent au sein des populations, ce n’est ni la diplomatie ni la force qui sont attendues. Les Africains veulent que les politiques socialement hérétiques changent partout; que les errances politiques cèdent à la lucidité et la raison; que ceux qui s'accrochent des décennies au pouvoir bougent; que des pratiques mafieuses issues des profondeurs de l’égoïsme cèdent à la droiture et à l’inclusion.

Il ne s'agit pas de la force ou de souffler diplomatiquement à un Africain qui souffre de supporter ses souffrances. Il s'agit plutôt de corriger les faiblesses politiques, de penser politiques, de répondre politiques et ensuite seulement implémenter, par la force si nécessaire, les politiques d'utilité sociale.

La formule inhabile du nouveau président de l’Union Africaine pour résoudre les crises en Afrique est un contresens, une inversion, un renversement de l’ordre donc une subversion !Ne permettons pas aux va-t-en-guerre et aux pulsions guerrières de devancer les politiques.

Je conclus simplement en postulant que les crises issues des hommes, se déroulant parmi les hommes et ayant des conséquences sur les hommes doivent avoir des réponses politiques éclairées centrées sur l'Homme.

Les bras doivent attendre avant de commettre des méfaits. Je préfère des réponses politiques éclairées et inclusives aux formules boiteuses du genre la force ou toute autre pensée confuse.

 

Joe Al Kongarena

Email: joe.alerte@gmail.com

http://www.facebook.com/joealkongarena/

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