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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

Interview réalisée par le journal le citoyen le 31 Janvier 2016

 

Journal le Citoyen : Depuis ces dernières années, on note une nette régression dans la lutte contre les violations des droits de l’homme au Tchad ; est ce à dire que les droits de l’Homme avancent bien au Tchad ?

Mahamat.Nour .IBEDOU : Il est vrai que la baisse du nombre de dénonciations des violations des droits de l’homme dans un pays peut être un critère d’appréciation positive de l’état des droits de l’homme dans ce pays

Cette hypothèse hélas n’est pas valable au Tchad où les violations des droits Fondamentaux des citoyens sont quotidiennes et se sont même amplifiées ces dernières années ; ces actes il est vrai auraient du provoquer des réactions soutenues de la part des Organisations de Défense des Droits de l’Homme ; s’il nous avait été donné de constater une régression certaine dans la lutte contre ces violations, c’est du à un certain relâchement et une certaine faiblesse structurelles de certaines de ces Organisations ; ces faiblesses sont en train d’être corrigées par des mécanismes de regroupements et de synergies d’action dans la perspectives des graves violations qui surviendront surement en cette année 2016 .

Pour ce qui concerne les violations des droits des citoyen au quotidien, les exemples sont tellement nombreux que nous ne nous hasarderons pas à essayer de les énumérer tous ici ; nous retiendrons toutefois qu’au regard des dispositions de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, de la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des peuples, et de notre Constitution, des violations graves des Droits Humains avaient été commises par le pouvoir et avaient émaillées ces dernières années. Nous citerons de mémoire, donc les événements les plus marquants :

Au nom de la lutte contre Boko Haram, les militaires se sont mis à commettre des exactions graves dans la région du lac, allant des regroupements forcés des populations à l’incendie de leurs habitations en passant par des atteintes graves à leurs intégrités physiques ; nos dénonciations répétées avaient permit le départ du premier responsable de la région et son remplacement par un ressortissant de la région qui a heureusement rétablie la situation. Jusqu’aujourd’hui, sous le couvert de la lutte contre boko haram, des policiers se permettent de maintenir d’arrêter et de racketter des innocents à qui ils n’hésitent pas à applique les dispositions de la loi anti terroriste s’ils ne payent pas de très grosses sommes d’argent ; ils sont aidés en cela par cette justice corrompue.

Les actes inacceptables de la GMIP sur des adolescents qui a terni l’image de notre pays dans le monde entier, avec cette vidéo mettant en évidence cette répression sauvage et ces tortures d’un autre âge indigne d’un pays qui se dit démocratique.

La série de répressions et d’assassinats d’agriculteurs dans les conflits éleveurs - agriculteurs artificiellement crées par des autorités locales propriétaires d’importantes têtes de bétails.

Les touts récents massacres des orpailleurs du Batha(des dizaines de morts) par la garde Présidentielle (DGSIE) et la confiscation de leur matériels et moyens de locomotion ; l’utilisation de ce matériel par les militaires, les membres de la famille présidentielle et des étrangers pour leur propre compte alors que les ressortissants de la régions sont tenus à l’écart s’ils ne sont pas massacrés, battus et leur or confisqué par des militaires agissant au nom de l’état mais en réalité pour leur compte personnel.

Si on ajoute à cela, les répressions successives des manifestations justifiées des élèves et étudiants ; les brutalités barbares exercées sur les handicapés lors de leur marche pacifique, le maintien en détention sans jugement de plusieurs personnalités pour leurs opinions, les assassinats de tchadiens dans des prisons occultes etc., il est très difficile de parler du Tchad comme d’un état de Droit.

Journal le Citoyen : Nous sommes entrés de plein pied dans le processus électoral. Comment appréciez-vous cela en tant que leader d’opinion et Secrétaire Général de la Convention Tchadienne pour la Défense des Droits de l’Homme (C.T.D.D.H) ?

MNI : Le pays connaitra en 2016, une année électorale ; ces élections dont les règles du jeu avaient déjà par avance été définies unilatéralement par IDRISS Deby, serons, comme tout le monde le sait, une vaste comédie.

Nous savons que le diapositif de fraude déjà installé par les acolytes du président est de par sa structure, indéboulonnable parce qu’il est composé de plusieurs compartiments et échelles : il commence par le choix de cet operateur escroc de la biométrie (MORPHO) jusqu’au Conseil Constitutionnel chargé de la validation des résultats des fraudes électorales en passant par le recensement massif des mineurs et étrangers et une CENI corrompue et complètement aux ordres ; tout est fin prêt pour un autre sacre d’Idriss Deby et cela pour cinq ans encore.

Tous les chefs de partis qui se sont déclarés candidats savent qu’ils ne deviendront pas président parce qu’ils connaissent l’existence du dispositif de fraude installé par Deby ; dispositif dont ils ont par leur passivité contribué à installer. A l’état actuel, se présenter aux élections contre Deby, c’est cautionner sa future réélection et endosser la responsabilité de cinq autres années de calvaire du peuple tchadien.

Notre organisation, la CTDDH a donné Samedi 23 janviers 2016 une conférence de presse au cours de laquelle nous avons demandé à Deby de ne plus se porter candidat à un cinquième mandat en 2016. Nous avions estimé qu’en 25ans de gouvernance calamiteuse, il n’a plus rien à proposer au peuple tchadien. Un forum de la société civile tenu au CEFOD, une semaine plus tard (30 janvier 2016) a également demandé à Deby de démissionner.

Qu’on ne nous fatigue pas en nous disant que la Constitution lui offre la possibilité de se représenter indéfiniment parce que nous estimons d’abords que cette éventualité est une option et qu’ il peut ne pas se représenter ; de plus, si les autres tchadiens remplissant les critères ont le droit d’être candidats, il serait légitime aux yeux des tchadiens sincères que Deby ne se représente pas à sa propre succession en 2016 parce qu’il ne s’agit pas d’un candidat ordinaire ; c’est IDRISS DEBY, un individu qui a affamé son peuple pendant 25 ans ; un homme qui a volontairement détruit le pays en organisant un désordre qui a permit l’accaparement indécent par ses parents de toutes les richesses du pays et de toutes les régies et entreprises nationales ;un chef d’état qui n’a aucune politique ni économique, ni sociale ni une politique d’emploi pour nos jeunes abandonnés à eux-mêmes ; son seul et unique programme est la création à terme d’une société tchadienne avec une minorité de maitres et une majorité de serviteurs ; un individu qui, au nom d’une recherche effrénée de notoriété n’hésite pas à vider le trésor public pour des innombrables voyages et des festivités extrêmement couteuses alors qu’il existe des tchadiens qui ne mangent pas à leur faim, qui n’ont pas accès à l’eau potable ; qui ne peuvent pas envoyer leurs enfants à l’école, qui ne peuvent ni se loger décemment ni s’habiller etc.

Pour nous, Deby est l’homme qui a utilisé sans vergogne les ressources nationales pour son propres compte et celui de ses parents abandonnant le reste des tchadiens dans la misère, il est celui qui à programmé la vie chère pour mieux asservir son peuple et le terroriser en plaçant à la tète de tous les commissariats et brigades de gendarmerie, de tout l’appareil sécuritaire tchadien, ses propres parents.

Face à ce bilan, la CTDDH avait exigé du Président de ne pas se représenter à sa propre succession ; s ‘il ne le fait pas, nous nous réservons le droit d’engager des actions citoyennes autorisées par la Constitution ; parce que nous ne sommes pas prêts à accepter un nouveau calvaire de cinq ans.

Qu’on ne nous dise pas que nous posons là un acte politique ; parce qu’on oublie trop souvent que nous somme garants du bien être de nos concitoyens et à ce titre, nous avons le droit de nous prononcer sur un problème politiques si ce problème a une incidence sur les Droits de l’homme ; le préambule de la Constitution nous autorise à nous opposer à tout régime qui gouvernerait par le clanisme, le népotisme, le tribalisme… la confiscation du pouvoir(25ans).s’opposer à Deby c’est s’opposer à une politique caractérisée par tout ce qui a été cité ci haut ; c’est surtout s’opposer à sa candidature et donc à sa réélection, seule manière d’empêcher un autre calvaire de cinq ans.a

Le citoyen : il est quand même le Président de l’UA

MNI ; ce poste de président de l’U.A n’est pas une désignation historique à mettre à l’actif de la diplomatie tchadienne comme on le claironne à longueur de journée ; ce processus de désignation avait d’abords été effectué au niveau de l’Afrique centrale, une sous région dirigée par un cénacle de pseudo démocrates dont certains ont pus d’une trentaines d’année au pouvoir ; ce sont tous de bourreaux de leurs peuples respectifs et qui ont choisi le pire d’entre eux ; les autres chefs d’états africains n’ont fait que valider la candidature de l’Afrique Centrale puisque le poste lui revenait cette année. Ce choix est regrettable parce qu’il ne sert pas le Tchad mais les intérêts de Deby seul ; il y’a même lieu de craindre qu’avec sa recherche maladive de notoriété, il ne soit tenté de vider le trésor public dans des randonnées militaires hasardeuses du genre de celles effectuée au Cameroun au détriment des intérêts du peuple tchadien qui s’enfonce d’avantage dans la misère. Nous pensons qu’avant d’aller balayer chez le voisin, il aurait mieux fait de balayer d’abords chez lui. Quoi qu’il en soit, cette désignation ne le disculpera nullement des futures actions citoyennes que nous sommes décidés à mener.