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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

TCHAD : les acquis démocratiques, un mantra mensonger qui ne passe pas!

Lorsque vous observez attentivement la formule « acquis démocratiques », relayée inlassablement par des esprits partisans au Tchad, vous vous rendez rapidement compte qu'elle ne rencontre pas les injonctions du mot démocratie.

Le problème de cette formule, sortie d'une bouche probablement avariée, promue et défendue par des braillards et accompagnateurs, est qu’il n’existe pas ce démocrate qui génère les acquis qu'invoquent les esprits partisans. Les acquis démocratiques ne préexistent pas aux démocrates!

Ce mantra est donc un contournement sémantique qui cache insuffisamment le despotisme participatif piloté par le gars de Berdoba; un autoritarisme qui se camoufle derrière les adhésions de façades aux règles démocratiques.

Démocratiser, ce n’est pas formuler quelques belles lois ou adhérer à grande publicité aux lois formulées ailleurs. Démocratiser, c’est appliquer les lois justes dans lesquelles la démocratie reconnait ses exigences.

Il faut donc dire simplement les choses, telles qu'elles se présentent, c'est-à-dire mettre au devant les faits plutôt que les perceptions sur les faits : l'actuel pouvoir est une contrefaçon des dictatures tchadiennes qui l’ont précédé. La différence entre les anciens régimes et l'actuel est une question d’allure, de démarche, de méthode et de perception. Explication succincte en 3 points :

§ Les dictateurs d’hier attaquaient les Tchadiens de face et de manière grossière; l’autocrate actuel attaque les Tchadiens dans les angles morts et de manière sournoise, en organisant activement la contrainte et la compromission, en neutralisant toutes les règles morales qui encadrent l’exercice du pouvoir et en désaxant volontairement le pays. La différence, ici, n’est donc pas dans l’essence de l'exercice du pouvoir, mais elle est dans la perception, c'est-à-dire dans ce qu’il ya de plus superficiel et trompeur : l’apparence!

§ Comme toutes les dictatures qui l’ont devancé au Tchad, la politique de l'actuel régime s’inscrit dans une logique carcérale : contrôler, limiter, compromettre, intimider, réprimer, arrêter, condamner et abuser. Si vraiment il ya une différence avec les anciens régimes, elle est, encore une fois, dans la forme et le degré de brutalités. La forme du mal a changé, la puissance dans le mal a augmenté et a duré plus longtemps. Appréciez-en;

§ La force du despote prétendument supérieure à celle du peuple qu’il domine outrageusement est aussi une contrefaçon : toute sa force ne repose que sur des représentations auxquelles nous avons cru. Si nous cessions d’y croire, la vérité se manifestera : le peuple est le seul détenteur réel de la puissance souveraine;

Les partisans, accompagnateurs, esprits simples et serviles reconnaissent qu’en face de l'actuel Chef d'État, l’on n’envisage pas l’exercice du pouvoir en dehors d’un Deby. Or, les acquis démocratiques sont substantiellement incompatibles avec la consanguinité successorale.

Constatez donc la caricature de la formule, non pas des acquis simples, mais des « acquis démocratiques » employée au Tchad comme un label d'éloquence ou d'intelligence par des dévoués.

Maquiller les dérives grossières actives au Tchad ne se fait pas avec une formule aussi simple que vide de réalités objectives et substantiellement démocratiques.

Le natif de Berdoba a violé la constitution en donnant le sentiment que c’est le peuple qui l’a voulu. C'est-à-dire qu’il a la ruse de fabriquer de toutes pièces, en amont, le consentement à la violation de l’actuelle constitution sur laquelle il assoit sa revendication pour se représenter en 2016.

Ça, c'est rien de démocratique. Ça s'appelle un viol collectif de la mémoire et de la volonté. Si c'est cela l'acquis démocratique auquel la formule fait allusion alors le despote tient certainement son acquis. Ce n'est pas celui du peuple...mais pour combien encore ?

Quelqu’un doit dire la vérité aux Tchadiens. Vous le savez maintenant.

Joe Al Kongarena,

joe.alerte@gmail.com