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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

Normands du monde au Tchad avec Christelle, originaire de Saint-Etienne-du-Rouvray

«C’est en découvrant l’étranger qu’on se découvre soi-même. » Christelle Perraud, 23 ans, a fait de ce dicton son mode de vie. Depuis quelques années, la Normande originaire de Saint-Etienne-du-Rouvray voyage dès qu’elle le peut. Depuis février 2015, elle réside au Tchad pour une mission humanitaire avec l’ONG française ACTED. Aujourd’hui, elle nous livre ses impressions sur sa nouvelle vie en Afrique.

Attirée par le monde humanitaire depuis longtemps, Christelle a profité de son stage de fin d’études pour partir en mission à l’étranger. Pour le pays, elle n’avait pas de préférence particulière. « J’ai pour philosophie de me dire que chaque expérience, qu’elle soit voulue ou totalement imprévue, est bonne à prendre. Et c’est comme ça que je me suis lancée dans cette aventure tchadienne, tête baissée, avec surtout l’envie d’apprendre et de faire une première entrée dans le domaine de l’humanitaire. »

UN SIMPLE BONJOUR NE SUFFIT PAS

Si le dépaysement est total, sur place, toutes les conditions sont réunies pour accueillir au mieux les travailleurs expatriés. Christelle explique qu’il est tout de même très difficile de s’intégrer à la population. « Il y a une certaine distance qui se crée naturellement avec les Tchadiens, la plupart du temps du fait de notre origine. Je suppose que dans les esprits, les Occidentaux qui viennent au Tchad viennent uniquement pour le business ou le travail, et sont donc naturellement considérés comme faisant partie de la haute société. » Depuis son arrivée, la Normande a malgré tout eu, dans le travail mais aussi dans sa vie personnelle, la chance de rencontrer des personnes avec qui elle échange beaucoup et qui rendent réellement cette expérience authentique.

Quelques conseils pour communiquer ? On dira « Salam » pour saluer, « Kev » pour demander si ça va, « Afé » pour dire que ça va bien ! « Les salutations sont très importantes ici, et très longues. Comment ça va ? La famille ça va ? Le travail ça va ? La chaleur ça va ? Tout y passe ! Et c’est avec tout le monde, même ceux que l’on ne connaît pas. » On est loin de la petite bise française !

Lorsqu’on part vivre en Afrique on se prépare à oublier son confort occidental. Pour la Stéphanaise, Tchad rimait avec puissance militaire et conditions spartiates. Une fois arrivée sur place, les clichés sont tombés : « La première journée, je suis allée dans deux restaurants différents, et suis allée voir un film en 3D. Un film en 3D ! En réalité, les ONG sont présentes depuis tellement longtemps sur place qu’il y a une petite communauté d’expatriés, et que tout un business s’est créé autour d’eux : bars, restaurants, hôtels, supermarchés, etc. » Son seul regret est donc de ne pas plus s’imprégner du mode de vie tchadien. Avec la menace de Boko Haram, les règles de sécurité que doivent respecter Christelle et les autres expatriés sont très strictes. Deux attentats ont déjà eu lieu en 2015 à Ndjamena, la capitale, notamment au Marché central. La nuit, certains quartiers où la criminalité est élevée sont déconseillés. Il faut vraiment éviter tous les lieux publics avec concentration de masse, ainsi que les lieux de culte.

Dans la région du lac Tchad, il y a également eu de nombreux attentats. La zone est actuellement en état d’urgence. «Ici on le ressent surtout car les militaires dans la ville sont beaucoup plus présents et tendus et du coup il faut faire deux fois plus attention. » En respectant les règles imposées, un séjour peut néanmoins très bien se passer. Pour s’adapter, Christelle a tout de même deux conseils primordiaux pour quiconque séjournera au Tchad : « ne venez pas si vous ne supportez pas les grosses chaleurs, et apportez votre anti moustique. C’est une question de survie ! » Pour un safari, l’expatriée recommande le Parc Naturel de Zakouma (dans le centre du pays). « La végétation n’est pas aussi luxuriante qu’au Kenya ou en Tanzanie (ça reste le Sahel), mais l’accueil est super. En plus, comme le Tchad est peu touristique, vous pouvez être les seuls dans tout le parc naturel, ce qui est beaucoup plus authentique que dans les parcs qui font des visites à la chaîne et où la seule chose que l’on peut apercevoir, ce sont les Jeep des autres visiteurs. » Attention par contre aux hyènes si vous souhaitez passer la nuit à la belle étoile ! Petite anecdote, « le Tchad est le pays de Toumaï, l’un des premiers hommes dont les ossements ont pu être retrouvés. On se sent réellement là où tout a commencé. »

Pour le plus grand plaisir de sa famille et ses amis, Christelle revient de mission (normalement) début février avant de repartir vers de nouvelles aventures !

ÉMILIE LESUR

Quelques conseils...

n Pour boire un verre. « Le quartier Moursal est le meilleur endroit à Ndjamena. C’est un endroit où beaucoup de Tchadiens sortent, et où on peut s’asseoir et boire une bière en écoutant de la musique live. »

n Se faire coudre un vêtement. « On peut se faire procurer des tissus et les faire coudre selon le modèle que l’on souhaite. Il faut d’abord penser le modèle et acheter le tissu, puis le confier à un tailleur, puis il y a des retouches à faire. »

n À goûter (ou pas) : « Le gombo et la boule sont sans conteste les plats typiques ici, mais je trouve ça atroce ! C’est filamenteux et visqueux. »

n À savoir : « La langue majoritairement parlée est l’arabe tchadien, même si beaucoup de gens parlent aussi le français, et le patois spécifique de leur région ou ethnie ».