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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

Tchad: la coalition "Trop c'est Trop" dit révoquer la gestion patrimoniale du MPS

 

CONFERENCE DE PRESSE

Mesdames et messieurs, les journalistes des divers medias, chers membres de la coalition bonjour. Nous sommes à la veille des consultations électorales : présidentielle, législative et communale mais nous nous rendons compte que les contours de ces futures consultations sont entachés d’irrégularités pouvant remettre en cause la crédibilité de cet acte fondateur de la démocratie qu’est « l’expression de la volonté du peuple ».

 

En effet, plusieurs textes de loi régissent à des degrés divers l’organisation des élections au Tchad. Outre la constitution du 31 mars 1996 révisée par la loi constitutionnelle n°008/PR/2005, les principaux textes pertinents sont constitués par la loi n°003//PR/2009 portant code électoral et ses modifications subséquents, la loi n°20/PR/2010 portant création de la CENI, la loi n°019/PR/2009 portant charte des partis politiques, la loi n°020/PR/2009.

 

En plus de ces textes nationaux, il faut noter que le Tchad a ratifié les principaux instruments juridiques internationaux et régionaux en matière d’organisation d’élections démocratiques. Parmi ces instruments nous pouvons citer : la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948, le Pacte International relatif aux droits civils et politiques de 1966, la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination contre les femmes de 1979 ; la Charte Africaine des droits de l’Homme et des peuples de 1981 et la charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance de 2007.

 

Nous nous rappelons encore des tergiversations qu’il ya eu autour de ses futures élections quant à l’enregistrement biométrique avec les kits. Les acteurs politiques ont enfin convenu de la biométrie pour l’enregistrement des électeurs mais sans kit. Un opérateur chargé de la biométrie à savoir l’Entreprise Française SAFRAN Morpho a été recruté, recrutement dénoncé par une partie de la classe politique et la Société Civile parce que les procédures de sélection des offres n’ont pas été respectées. Malgré ces protestations, le marché a été attribué à l’entreprise précitée. C’est ainsi que, pour lancer les opérations proprement dites, des superviseurs, des agents recenseurs et des accompagnateurs ont été recrutés par la CENI. Ceux-ci ont ensuite été formés à l’utilisation des outils d’enregistrement.

 

Bien que leur recrutement a été dénoncé par les partis politiques de l’opposition parce qu’il ne s’est pas déroulé conformément aux procédures transparentes de recrutement, les agents après leur formation, ont été déployés dans les régions pour procéder au démarrage effectif des opérations d’enrôlement des électeurs déclenchées le 26 octobre 2015 pour une durée de 45 jours conformément au chronogramme arrêté par la CENI. Il faut signaler que l’enrôlement des tchadiens de l’intérieur a été précédé de ceux de l’étranger. La coalition TROP C’EST TROP s’interroge : Quelles explications pourrions-nous donner pour le reste de la population qui ne s’est pas fait enrôler ?

 

Au même moment où le déploiement des agents recenseurs se faisait, des campagnes de sensibilisation des populations en âge de voter ont été enclenchées à travers des micros programmes, les affiches. Les partis politiques de la majorité, de l’opposition, le gouvernement ainsi que certaines organisations de la société civile ont battu campagnes à cet effet. Tous les membres du gouvernement ont été déployés avec les moyens de l’Etat chacun dans sa région pour sensibiliser les populations. Quel intérêt cherche les membres du gouvernement en menant cette campagne de sensibilisation chacun dans sa région ?

 

Une paralysie de l’administration publique est observée compte tenu de l’absence des agents de l’Etat occupés à sensibiliser la population pour le recensement.

 

Les irrégularités observées tout le long de ces opérations de l’enrôlement qui sont dénoncées par les parties politiques de l’opposition et la société civile restent des failles qui contribuent efficacement aux suspicions entre les acteurs politiques lors du déroulement du processus électoral en cours.

 

C’est pourquoi, la coalition exige au gouvernement d’assurer sa neutralité et de ne pas utiliser les moyens de l’Etat de manière abusive en faveur du MPS à travers leurs sorties médiatiques sur l’ensemble du territoire National. Ce qui est illégale du fait qu’elle n’a pas encore été mentionnée dans les lois de la République. La CENI quant à elle, doit rendre public les textes régissant le processus électoral en toilettant et garantissant son impartialité pour la suite du processus en vue de rendre crédible les élections en cours.

La coalition rappelle au gouvernement qu’une élection libre et transparente est un gage de stabilité, d’union de ces filles et fils. C’est pourquoi, le gouvernement doit envisager des actions qui favorisent la cohésion sociale afin d’éviter des insurrections qu’ont connues certains pays ces derniers jours.

En effet, l’Etat tchadien qui a la compétence d’assurer la sécurité de l’ensemble des citoyens se trouve en difficulté de lutter contre la nébuleuse boko haram sur son territoire pendant que les soldats tchadiens sont déployés en masse dans la sous région pour lutter contre ce mal qu’est le terrorisme. La zone du Lac Tchad se voit octroyer une somme colossale pour s’engager des activités de développement pour semble t-il éradiquer le phénomène. Lorsqu’il revient à l’armée Nationale, garant de la sécurité et du bien vivre des tchadiens, de protéger la population vivant sur son territoire selon L’ARTICLE 193 de la constitution. Nous déplorons une fois de plus cette politique qui consiste à injecter de fonds dans les régions sans un mécanisme de contrôle efficace. Ce qui constituera une porte ouverte pour les prédateurs de deniers publics.

La crise sociale ne trouve toujours pas de remèdes. Le chômage des jeunes n’est pas à sa fin. De nombreux diplômés sillonnent les services de l’Etat sans réponse et attendent davantage les jours avenir. En réponse à toutes ses doléances de la jeunesse, l’Etat tchadien, l’employeur principal a décidé de la suspension de l’intégration en 2016 d’une manière unilatérale au lieu de s’attaquer à ceux qui détournent et dilapident des biens publics. Ce n’est pas l’argent qui en manque dans ce pays pour permettre à nos dirigeants d’envisager une politique d’apaisement du climat social qui se dégrade du jour au lendemain, mais se complaisent à des discours folkloriques et du culte de personnalité. Face à cette crise « nos élus » brillent par leur mutisme.

Entre temps, les fonctionnaires déjà intégrés se voient obliger d’aller à chaque fin de mois en grève pour obtenir ce qui leur revient de droit : le salaire. De nombreuses familles connaissent la faim parce qu’il n’ya pas de quoi s’alimenter et la peur du fait qu’ils ne peuvent plus compter sur les forces de défense et de sécurité pour assurer leur protection et l’on se demande si le Tchad est un Etat de droit ?

La coalition TROP C’EST TROP, révoque cette gestion patrimoniale du régime MPS mise en place pour asservir le peuple tchadien déjà agonisé par la cherté de la vie, conflit agriculteurs/éleveurs, abus des forces de la défense et de la sécurité sur la population, l’impunité et l’injustice sociale pour ne citer que ceux là !

Tout en vous souhaitant bonne fête de noël et fin d’année 2015. Que l’année 2016 soit pour tous, une année de persévérance, d’engagement, d’espérance et de force en vue de parvenir à une alternance pacifique.

Je vous remercie.

 

Fait à N’Djaména, le 24 Décembre 2015

 

La porte parole

 

Mme NARMADJI Céline