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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

Crédit/photo: Alwihda

Crédit/photo: Alwihda

A tel point que parfois, on est tenté de se poser la question de savoir qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu pour nous punir de la sorte ?


Tout a commencé avec le premier président, François Tombalbaye, lorsqu’il a interdit les autres partis politiques sauf le PPT-RDA ; et il aurait dû tirer les leçons des violences de N’Djaména en 1963 suite à sa décision impopulaire interdisant les autres de s’exprimer. Désormais tous ceux qui avaient d’autres points de vue ou d’autres analyses de la situation politique du pays étaient perçus comme des ennemis à abattre.
Malgré tout, Mr Tombalbaye devenu Ngarta à la suite de sa révolution culturelle qui était, en réalité, l’expression d’un pouvoir à bout de souffle parce qu’il n’avait plus de recettes à proposer. Cependant, il faudrait toutefois nuancer les choses, du fait que Tombalbaye voulait coûte que coûte faire exploiter le pétrole de Doba contre l’avis de la France cela a brouillé les relations entre les deux pays. Il fallait que Tombalbaye, en prenant une telle décision soit lucide et avoir le soutien de la population. Or, il s’est mélangé les pédales avec sa révolution culturelle, en s’en prenant aux hommes de Dieu et plus tard à l’armée régulière qu’il considérait comme une menace pour son pouvoir. La suite on la connait. Mr Tombalbaye ne voyait que son pouvoir et comment le garder. Malheureusement, il le perdra dans un bain de sang un certain 13 avril 1975.
Les militaires arrivés au pouvoir, avec à leur tête le Général Félix Maloum, avaient au début le soutien de tout le monde comme le MPS le 1er décembre 1990 mais très vite, la population a déchanté : la coalition au pouvoir n’avait aucune vision, ni aucune analyse politique. Et feu Général Kamougué l’a reconnu en privé. Avec un peu de recul, tout le monde savait que Hissène Habré préparait le renversement du pouvoir, mais personne, au sein du CSM, n’a vu ou n’a pas voulu voir venir les choses. Eclate alors la guerre civile de 1975. Mr Kamougué a eu le mérite d’éviter le massacre des populations du Sud à N’Djaména en organisant leur évacuation de N’Djaména mais politiquement, si le pays était bien géré, on aurait pu éviter les événements de 1979 qui avait fait reculé le Tchad de 20 ans en arrière. Simplement à cause de la cécité politique de ses dirigeants.
Hissène Habré a donc pris le pouvoir en juin 1982. Il avait atteint enfin son objectif : le pouvoir à tout prix. Et pour y arriver tous les moyens ont été utilisés. Il a notamment joué sur les fibres ethnique, régionale et religieuse. On disait par exemple que « Habré était l’œil des Nordistes ». Même s’il avait un sens de l’Etat, Habré était incontestablement un assoiffé de pouvoir et son procès actuel à Dakar l’a chaque montré. Le contexte international, avec les deux blocs Est-Ouest lui était favorable avec l’opposition des Etats Unis étaient contre le pouvoir de Khadafi, soutenu lui, par l’Union Soviétique à l’époque. Habré avait bénéficié des moyens financiers et militaires énorme mais aussi de renseignements de la part des Occidentaux pour asseoir son pouvoir qu’il ne pensait, à aucun moment, le perdre de sitôt. Mais il l’a quand-même perdu le 1er décembre 1990 lorsqu’il a défié l’un de ses soutiens occidentaux au moment où il y avait une détente avec la disparition du blog soviétique. Le développement du pays et le bien-être de la population était l’un des derniers soucis du pouvoir Habré. Toute l’énergie de son pouvoir était centrée sur l’appareil sécuritaire visant à protéger à tout prix ce pouvoir. Des milliers de morts et des disparus sont le reflet de ses 8 ans de règne répressif.
Idriss Deby était arrivé, comme un messie, le 1er décembre 1990. C’était un soulagement général. Tout le monde était MPS, coalition de trois mouvements (Mouvement du 1er avril, les Forces Armées Tchadiennes et le Monsanat) qui a pris le pouvoir avec l’aide de la Libye, du Soudan et de la France. Deby a bénéficié d’un contexte particulièrement favorable pour stabiliser et développer le pays par une gouvernance basée sur la justice sociale et la cohésion nationale. Malheureusement, Deby a été pire que ses prédécesseurs. Au fil des années, Deby a recentré son pourvoir autour de sa famille, belle-famille et de ses courtisans à qui tout est donné et tout est permis. Finalement, du jour au lendemain, on se retrouve avec un pouvoir où, une petite minorité au sein d’une ethnie minoritaire au niveau national contrôle tout : pouvoir politique, économique, financière et militaire. Axé sur la corruption et l’impunité, le pouvoir de Deby est le reflet d’un égoïsme sans limite. On a envie de vomir lorsqu’on écoute son discours sur la lutte contre la corruption d’Amtiman récemment et des années antérieures et son comportement vis-à-vis de ses parents dans ce domaine. La situation est telle que pour survivre, les intellectuels, qui sont être la lumière du peuple, arrêtent de réfléchir et se mettent résolument au service du pouvoir. On les balance dans des postes de responsabilité sans réel pouvoir mais ils travaillent surtout comme de sous-marins pour éviter au régime des pièges et assurer sa pérennité. Ce n’est pas Mr Nagoum et Mr Mangaral, entre autres, qui me démentiront .


Beaucoup des étrangers estiment que le Tchad a fait de grands progrès ces dernières, ce qui est vrai parce que le contexte a été favorable avec l’exploitation du pétrole mais objectivement, ce qu’on voit représente à peine 10% de ce qui aurait dû être réalisé pour un homme d’état digne de ce nom dans un contexte similaire sous d’autres cieux.


Le Tchad détient malheureusement les dernières positions dans tous les classements mondiaux actuellement. Ceci est, incontestablement, la résultante de la mauvaise gouvernance qui a caractérisé tous les régimes successifs de Tombalbaye à Deby. C’est parce que ce pays n’a généré que de piètres dirigeants depuis son indépendance le 11 août 1960. Le Tchad attend toujours son Sankara, son Mandela, son Jerry Rowlings… Bref, le Tchad attend un président qui mettra l’intérêt de la population au-dessus de toute autre considération pour que le retrouve la vraie paix qui n’est possible sans la justice.

 


Senior Mbary