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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

Tchad : au service d’Idriss Déby Itno

Essai : la Françafrique de Hollande, par Christophe Boisbouvier

Alors que Delors renonce finalement à se présenter à l’Élysée, que Rocard s’est éloigné de la politique et que Fabius est gravement mis en cause dans l’affaire du sang contaminé, Jospin revient dans la course et s’impose très vite comme le meilleur candidat du PS à la prochaine présidentielle. En avril 1995, pour se démarquer du président sortant, Jospin dit souhaiter un « droit d’inventaire » sur les deux septennats Mitterrand.

Le mois suivant, Chirac et lui s’affrontent au second tour de la présidentielle dans un combat courtois où la politique étrangère tient très peu de place. Jacques Chirac l’emporte et nomme Alain Juppé à Matignon. Pour François Hollande, la traversée du désert continue. Mais, tout à coup, la carrière du conseiller à la Cour des comptes prend un tour nouveau. En octobre 1995, Jospin, qui vient de retrouver son poste de premier secrétaire du PS, le désigne comme son porte-parole. À quarante et un ans, Hollande prend enfin la lumière.

Comme cette fonction est très exposée politiquement, la nouvelle voix du PS se met en disponibilité à la Cour des comptes, s’inscrit au barreau de Paris et entre au cabinet de son ami avocat Jean-Pierre Mignard. Et le hasard fait que François Hollande retombe sur le Tchad. En effet, en cette année 1996, le cabinet Mignard est chargé par le nouveau président tchadien Idriss Déby – qui a renversé Hissène Habré en décembre 1990 – de l’aider à renégocier la convention que N’Djamena a signée en décembre 1988 avec Exxon-Shell-Elf, le consortium pétrolier qui explore le sous-sol tchadien.

« Dans le cabinet Mignard, c’est Hollande qui a examiné le volet fiscal de la convention de 1988 et qui nous a permis, en mars 1997, de signer un avenant avantageux pour le Tchad, avec plus de rentrées fiscales », se souvient aujourd’hui Tom Erdimi, qui est l’un des neveux d’Idriss Déby.

Deux fois, le Tchadien est allé dîner avec Mignard chez Royal – en l’absence de son compagnon, Hollande

 

À cette époque, Tom Erdimi est l’un des deux « messieurs pétrole » du Tchad – avec le défunt Abderamane Dadi. En cette année 1996, il fréquente beaucoup à Paris l’avocat Mignard, qui vient de défendre avec succès le dossier du Tchad dans son contentieux frontalier avec la Libye sur la bande d’Aouzou. Via Mignard, Erdimi a sympathisé aussi avec la députée Ségolène Royal.

Deux fois, le Tchadien est allé dîner avec Mignard chez Royal – en l’absence de son compagnon, Hollande. En 2005, Tom Erdimi et son frère Timan entreront en rébellion contre leur oncle. En février 2008, ils seront à deux doigts de prendre le pouvoir. Aujourd’hui, Erdimi, qui vit en exil, est toujours en relation avec Mignard. Et avec Hollande ? « Non, dit-il. Nous nous sommes croisés une fois en 1996 au cabinet de Mignard. On s’est dit bonjour, c’est tout. Mais Mignard s’intéresse toujours à ce que je fais… »