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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

Le crépuscule des roitelets africains ( Mahamat- Nour A. IBEDOU)

Comme le peuple burkinabé qui avait indiqué à toute l’Afrique le chemin à suivre en prenant à bras le corps son propre destin, le peuple congolais est en train de nous démontrer que les inéluctables relais de l’héroïsme burkinabé se sont irrésistiblement mis en marche dans notre continent.

Le push ignoble survenu récemment au « pays des hommes intègres » conçu, planifié de l’extérieur par d’obscurs nostalgiques des époques du mercenaire « Bob Denard » aurait pu réussir il y’avait de cela quelques dizaine d’années ; mais là, les forces de l’obscurantisme se sont lourdement trompées d’époque ; elles se sont aperçues médusées que l’armada sophistiquée dont elles disposaient ne leurs était d’aucune utilité ; elles se sont donc rendues à l’évidence : le pouvoir en Afrique appartient et appartiendra désormais à la rue ; l’Afrique n’est plus la même et il est illusoire de croire que ce courant irréversible s’arrêtera .

En Afrique Centrale précisément, ces bouleversements sont suivis avec inquiétude par nos pseudos démocrates de chefs d’état encore au pouvoir qui voient leurs marges de manœuvre pour infléchir le cours des événements se réduire comme peau de chagrin.

hier au Burkina, demain au Congo, après demain au Burundi, au Congo démocratique, au Tchad …, ce « tsunami » emportera inéluctablement les Sassou Ngessou , les Idriss Deby, les Kabila et autres Kurinziza ; ils ne doivent eux-mêmes plus se faire d’illusion sur leur sort à venir et sont conscients au regard de leurs passifs respectif que leur future point de chute sera, au meilleurs des cas, dans « la poubelle de l’histoire » et au pire à la Cour Pénale Internationale (C.P.I) .

Si des similitudes certaines existent entre les différents pouvoirs de nos pseudo-démocrates Africains encore aux affaires, des facteurs endogènes propres à chaque pays peuvent amener à nuancer le degré de mal gouvernance pratiquée d’un pays à un autre :

Une analyse approfondie de la gestion d’Idriss Deby comparée à celle de ses pairs précités, nous amène à apprécier à sa juste valeur une déclaration qui nous avait été faite en 2014 dans un café à Paris par un célèbre activiste Ouest Africain ; il disait « Au Tchad, vous avez mille fois plus de raisons que nous de descendre dans la rue et de dégager cette ordure de Deby…. » .

Cette phrase prend tout son sens quand on sait que le Tchad occupe l’une des têtes du peloton des états les plus mal gouvernés et cela au niveau mondial.

Sans vouloir chercher à décerner un satisfecit à des régimes dictatoriaux habillés en démocratie, nous pouvons affirmer sans risque de nous tromper que le règne de Deby comparé à celui de ses pairs est le pire qui puisse exister dans le continent Africain.

Il faut avouer que les crises dans les pays précités sont souvent plus institutionnelles que sociales; ce n’est pas parce qu’ils manquent d’eau ou de nourriture que les Burkinabé ont renversée Blaise Compaoré mais c’est plutôt parce que celui-ci avait voulu modifier la Constitution pour continuer à rester au pouvoir ; mais le Burkina est quand même l’un des pays africains qui possède les meilleurs statistiques en Afrique en matière d’accès à l’eau potable, de lutte contre la pauvreté et contre la corruption.

A l’inverse, le Tchad est la lanterne rouge en Afrique en matière d’accès à l’eau potable pour les populations urbaines et rurales et la misère et la corruption dans notre pays sont connues de tous.

De même, Les révoltes contre Sassou Nguessou sont causées plus par sa volonté de perdurer au pouvoir en cherchant à initier un referendum qu’autre chose ; même si le népotisme et la dilapidation des ressources publiques sont légion dans ce pays, il existe quand même une administration normale et le Congolais ne manque de rien surtout pour ce qui concerne l’accès aux soins et bénéficie d’une couverture sociale décente ; non seulement l’accès aux soins aux plus démunis dans notre pays est pratiquement inexistant mais la qualité des soins elle-même est catastrophique à cause de la qualité du personnel copté depuis l’ école de santé par un mécanisme de réseaux mafieux de corruption bien connu qui gangrène toute notre administration transformant du coup nos hôpitaux et centres de santé en de véritables mouroirs ;

En Guinée Equatoriale, si la plus grande partie des deniers publics sont accaparés par la famille présidentielle, La couverture sociales des Équato-guinéens reste l’une des meilleures en Afrique et les revalorisations salariales sont régulières ; la misère a presque disparue et tous les Équato-guinéens mangent au moins à leur faim ; au Tchad, ce besoin élémentaire manque à la majorité des habitants de Ndjamena et dans les campagnes des tchadiens partent creuser des fourmilières pour nourrir leurs enfants ;

De même, les frondes régulières de l’opposition et de la société civile gabonaise sont plus le fait d’une contestation au niveau de l’éligibilité d’Omar Bongo au plan constitutionnel que de sa gestion elle-même ; bien que le passif de Bongo père au niveau de la gestion ait été désastreux, au Gabon donc ,( quelques économistes l’admettent) , les prémices d’un décollage économique certain sont apparents ; dans notre pays au contraire, il est superflu de parler même d’économie et les limites de ces navigations à vue et de ce qu’on appelle « renaissance » viennent de s’étaler au grand jour avec la crise économique et financière sans précédant que nous connaissons actuellement.

Si le Cameroun de Paul Biya est comme les autres pays sujet à l’insécurité par exemple, cette insécurité est le fait du grand banditisme qui est souvent sévèrement réprimé par les autorités ; le pays est quand même bien administré ; il n’ya évidemment rien de comparable avec le Tchad où l’insécurité est aggravée par une impunité d’autant plus patente que les chefs des grands réseaux de banditisme sont les premiers responsables eux-mêmes, surtout ceux haut placés dans la hiérarchie de l’administration surtout sécuritaire.

Bref, cette mauvaise gouvernance primaire que nous fait subir Deby est la pire qui puisse exister en Afrique ; les autres chefs d’état pseudo démocrates dont tout le monde décrie les volontés de s’accrocher au pouvoir, les Sassou, les Obiang Nguema, les Nkourunziza, les Compaoré contrairement à Deby avaient au moins donné le minimum à leurs peuples.

Le peuple tchadien en dépit des énormes ressources pétrolières engrangées depuis 2003 s’est enfoncé d’avantage dans la misère ; le prétexte avancé pour justifier l’actuelle faillite économique et financière du Tchad à savoir la chute du prix du baril de pétrole ne résiste pas une seconde à un petit examen de la situation : Pourquoi les autres pays africains producteurs de pétrole ne connaissent ils pas les mêmes difficultés que le Tchad ? C’est tout simplement parce qu’Idriss Deby a dilapidé sans vergogne et avec une voracité sans pareille, la quasi-totalité des recettes pétrolières privant les tchadiens de leurs droits économiques et utilisant ces ressources pour son unique bien-être et celui de ses parents. Faisant du Tchad un des pays aux monde ou les inégalités sociales sont les plus criardes ; une minorité immensément riche contre une grande majorité croupissant dans la misère.

Dans un tout autre chapitre, Idriss Deby s’était assuré une présidence à vie après avoir supprimé très tôt (2005) la disposition constitutionnelle qui limitait le mandat présidentiel par un « referendum » dont les conditions d’organisation et les résultats sont connus de tous et cela en travestissant une constitution qui avait été élaborée par la Conférence Nationale Souveraine dans le cadre d’un consensus national.

Fort de cette « légalité » obtenue par la fraude, Deby commence ces derniers temps à prendre conscience malgré tout de la précarité de sa situation actuelle ; ce qui le pousse à renforcer les outils de répression (renforcement des capacités de la police anti émeute, formations des agents pour lutter contre d‘éventuelles révoltes, achat massif de matériel et véhicules citernes anti émeutes etc.) ; la fébrilité du système instauré par Deby est également perceptible dans la vaste campagne d’achat des consciences organisée pour neutraliser certains chefs des partis politiques d’opposition et surtout les leaders de la société civile dont il redoute les actions ; il vit ainsi dans la hantise de voir un jour le peuple sortir dans la rue à l’appel de celle-ci, ce qui au rythme actuel ou vont les choses est plus que vraisemblable.

En dépit des enseignements prodigués par l’échec retentissant du coup d’état au Burkina, le Président Deby continu paradoxalement à croire à la force et dans sa stratégie d’asservissement programmé des tchadien ne fait rien pour apaiser les esprits ; c’est ainsi que dans sa croisade néfaste contre son propre peuple, il n’hésite pas à serrer la vis au plan social, amplifier l’injustice dans tout le pays et de façon concomitante empêcher les marches pacifiques en les interdisant systématiquement ,craignant un débordement qui risque d’emporter son système ; il n’a pas totalement tort de redouter ces manifestations pacifiques à la lumière d’une mauvaise gouvernance dont il a pleinement conscience ; mais ce faisant, il exacerbe en même temps les frustrations de son peuple et il sait que dans les deux cas, le résultat sera le même : son départ

 

Quoi qu’il en soit, le mouvement initié par les Burkinabé est irréversible et les quelques manœuvres du pouvoir qui s’apparentent de ce fait aux derniers soubresauts d’un être à l’agonie ne feront que retarder un peu l’échéance, mais ils ne pourront jamais l’arrêter.

Il est évident que Notre pays ne sera pas en reste et s’inscrira bel et bien dans la logique de ces changements n’en déplaise à certains « analystes et autres politologues » qui, faisant le jeu du pouvoir en vendant leurs services aux plus offrant prétendent que les tchadiens « ne vont jamais se soulever » ; ceux des compatriotes qui pensent comme eux versent de façon consciente ou inconsciente dans une résignation et un fatalisme gratuit qui les conduit à être des mauvais observateurs de notre société : en effet, point n’ai besoin d’un dessin pour constater que l’évolution sensible des mentalités de la population tchadienne vers une prise de conscience de son sort actuel est clairement perceptible : en effet, il y’avait de cela quelques années, les tchadiens prenaient soin de regarder à droite et à gauche avant d’émettre la moindre critique contre la gestion d’Idriss Deby ; aujourd’hui dans la rue, les lieux publics, les transports en commun et dans les cérémonies, les tchadiens ne se privent pas de cracher leur rancœur contre ce pouvoir dont ils vivent les nuisances au quotidien ; ceci est d’autant plus réel qu’actuellement, beaucoup de ceux qui travaillent pour le régime politique de Deby commencent eux aussi à prendre des libertés par rapport à la navigation à vue du système, aux injustices insupportables et au désordre ambiant. C’est dire que la peur a changé de camp et la marmite est en ébullition ; elle n’attend que l’élément déclencheur qui fera sauter fatalement son couvercle ; les manifestations spontanées des étudiants, élèves, retraités etc. ne sont rien d’autres que des signes annonciateurs d’un raz le bol, prélude incontestable à une explosion générale.

Pour notre part, nous disons que sur un plan général, les jours de nos pseudos démocrates sont comptés en Afrique ; le règne de la supercherie « démocratique » est en train de finir ; seules les volontés de nos populations auront droit au chapitre et les ingérences extérieures (nous l’avons vu au Burkina) n’auront désormais aucune emprise sur la destinée de nos futurs états.

Au Tchad, nous croyons à l’avènement inéluctable d’une insurrection populaire parce que ce que nous subissons dépasse le cadre de ce que peut supporter un peuple ; les signes avant coureur sont là et il suffit de se dire que nos compatriotes ne sont pas plus peureux et plus ignorants que ne l’étaient les libyens ;le régime politique Debyiste n’est pas plus policier que ne l’était celui de Ben ALI en Tunisie ; le peuple tchadien n’était pas plus divisé que le peuple Sénégalais avant le célèbre mot d’ordre « sopi » qui avait à l’époque, emporté Abdoulaye Wade etc.

Que les impatients soit rassurés ; notre peuple changera fatalement son destin ; parce que lui aussi, il a droit au bien être comme tous les peuples du monde.

 

Mahamat- Nour A. IBEDOU

Secrétaire General de la Convention Tchadienne pour la Défense des Droits de l’Homme (CTDDH).